1er octobre 2013 : La police poitevine, service d’ordre de l’extrême droite ?

Communiqué de SUD éducation et recherche 86
mardi 15 octobre 2013

Mardi 1er octobre à 21h avait lieu à Poitiers une nouvelle manifestation de l’extrême droite et des intégristes chrétiens, reliquat des manifs homophobes contre le mariage pour tous. Une trentaine de personnes installées sur les marches du palais de justice prient et entonnent des chants religieux. Elles sont progressivement rejointes jusqu’à former une cinquantaine de personnes. Un service d’ordre filtre l’accès aux marches du palais de justice.

Prévenus peu de temps avant par le bouche à oreille nous sommes une trentaine de personnes sur la place du palais de justice, venues refuser la haine homophobe et l’accaparement de la rue par l’extrême droite. Autour de nous une vingtaine de policiers, qui nous filment ostensiblement.

Plusieurs véhicules de police arrivent et en peu de temps la plupart des manifestants sont entourés (BAC+ bleus).

Ils demandent à contrôler toutes les identités des personnes, deux personnes qui déclarent ne pas avoir leur carte d’identité sur elles sont immédiatement mises dans le panier à salade. S’ensuit une montée de tension : l’officier présent annonce que la manifestation est illégale car non déclarée, et que toutes les personnes doivent donner leur identité. La BAC voulant isoler les gens, nous nous accrochons tant bien que mal entre nous en clamant notre droit de manifester pacifiquement et en leur rappelant qu’ils sont en train de protéger l’extrême droite.

Deux manifestants sont violemment attrapés par le cou et tirés sur plusieurs mètres, les matraques sont sorties et en quelques minutes neuf personnes sont embarquées au commissariat. Nous entendons des policiers dire entre eux « allez on en prend plusieurs ».

Un manifestant qui filme la scène se fait confisquer sa caméra par un agent sur le motif qu’il est interdit de filmer. Elle lui est rendue après d’âpres négociations (pas de motif légaux invoqués).

Au commissariat la situation est confuse : des policiers ne comprennent pas la raison de ces arrestations, d’autant plus que les personnes qui n’avaient pas leur carte d’identité ne refusent pas de décliner leur nom si on leur demande.

Alors qu’une douzaine des manifestants reste sur la place nous avons droit à des discours provocateurs de la part des policiers qui refusent notre droit à manifester, disent leur honte de nous voir.

Bilan de la soirée : l’extrême droite a le champs libre pour prier et chanter sur les marches du palais de justice. Ils se dispersent progressivement vers 23 heures. Au passage un militant identitaire traite des camarades de connasses.

Au commissariat les personnes arrêtées sont gardées 2 heures puis progressivement
relâchées après avoir été interrogées.

Il est temps de s’interroger sur l’état de nos droits dans la ville de Poitiers. Sur le rôle de la police. Et sur la montée de l’extrême droite.

Il est clair que cette démonstration de force s’inscrit dans le climat poitevin de répression policière des manifestations. La police ayant ordre d’intimider les militants de gauche, ciblant les groupes peu nombreux, et en particulier les jeunes. Le rapport de force étant en leur faveur, aucun média n’étant présent, les provocations et les violences peuvent tranquillement avoir cours.

Il est clair que ce soir là, quatre mois après la mort de Clément Méric, militant antifasciste, la place publique a été prise par l’extrême droite, sous protection des forces républicaines.

Il est clair que cela ne peut qu’encourager les partisans de la haine raciale, homophobe, fascistes et intégristes de tout poil. D’autres rassemblements de ce type auront lieu.

Comment la municipalité de Poitiers justifie t-elle que les marches du Palais de Justice soient occupées par des organisations religieuses et des identitaires qui ne cachent pas leur refus de l’égalité des droits et de la démocratie ?

Alors que le gouvernement socialiste mène une politique libérale qui aggrave les inégalités et caresse les riches dans le sens du poil, alors que monte la haine de l’autre et des minorités sous couvert d’un ministre de l’intérieur qui stigmatise les étrangers et reprend le discours de l’extrême droite : qui va nous protéger de la montée du fascisme si ce n’est nous mêmes ?

A Poitiers comme ailleurs le fascisme ne passera pas, mais ce n’est pas à vingt personnes encerclées par la police que nous l’empêcherons. Il est temps de s’unir et de s’organiser.

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