2015, année du mouton ? ou de la chèvre ?

Edito
jeudi 8 janvier 2015

On suit le troupeau ? Ou on prend le taureau par les cornes pour faire tomber les boucs émissaires ?
Pour le mouton docile, 2015 ne pose aucun problème ! Il se contentera de peu, attendant des jours meilleurs. Mais au printemps et l’automne, il se fera tondre !
Pour la chèvre, 2015 promet une année haletante. En 2015, la chèvre s’assume et s’émancipe. Vous ne croyez, ni aux signes du zodiaque, ni au calendrier chinois, pourtant, en 2015, dans l’éducation un choix s’impose.
En 2015, il faudra se mobiliser ! La contestation gronde et des centaines d’écoles et d’établissements s’opposent à ce qui se trame pour l’éducation prioritaire. Le ministère, au lieu de partir des besoins, inscrit sa réforme comme toujours dans une logique purement comptable et à moyens constants. Sud éducation soutient ces mobilisations pour une véritable politique de justice sociale dans l’éducation prioritaire et appelle à l’auto-organisation des luttes.
Autre chantier du ministère qui fera bien des dégâts : l’application de la réforme des statuts, dès la rentrée 2015. La compensation des nouvelles missions par le tout indemnitaire reste dans cette logique purement comptable. Sud éducation revendique d’autres mécanismes compensatoires : réductions de service, baisse du nombre d’élèves, dédoublements... En cas d’heures supplémentaires annuelles dans la même matière dans l’établissement, le ministère s’est engagé sur l’interdiction d’affectations multiples. Il doit tenir sa promesse. Pour le reste, il doit revoir son projet, source d’inégalités. La voie professionnelle ne doit pas être exclue de la pondération prévue pour les heures effectuées dans le cycle terminal ? Pourquoi les décisions d’attributions devraient elles être laissées aux rectorats et aux établissements ?
Dans les ESPE, la colère des stagiaires grandit. En dépit des pressions, ils se mobilisent contre les incohérences de la mise en œuvre de la masterisation et dénoncent leurs conditions de travail inacceptables. Pourquoi faudrait-il donc souffrir pour entrer dans le métier ? Leur reclassement à l’échelon 3, seul avantage de la masterisation, c’est pour quand ?
Encore dans une logique de restriction budgétaire, la carte scolaire préparée par les rectorats, dès janvier, préfigure de nouvelles tensions pour la rentrée 2015. Le renforcement de la hiérarchie ronge tous les secteurs ainsi que le développement de la précarité parmi les personnels des collectivités territoriales et de l’Éducation nationale.
Tout ce qui fait peur aux gouvernements et à l’OCDE, la mobilisation, la grève et les manifestations sont encore entre nos mains. La représentativité réelle de SUD éducation repose avant tout sur
l’activité militante de ses équipes syndicales, sur le terrain, dans la défense des personnels et dans les luttes. Sud éducation et l’Union syndicale Solidaires sont bels et bien représentatifs auprès de l’ensemble des personnels du public dépendant du Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il faudra bien que le ministère tienne compte de cet état de fait. C’est l’objet du recours déposé par Sud éducation. D’autant que ces élections ont été marquées par de nombreux dysfonctionnements, de nombreuses irrégularités et fraudes qui ajoutent à notre juste colère.