A nos camarades des autres organisations syndicales

Lettre ouverte de l’Union syndicale Solidaires
mardi 17 décembre 2013
mis à jour mercredi 18 décembre 2013

CFDT et CGT ont pris l’initiative de relancer une réunion de l’intersyndicale, fin novembre. Celle-ci a débouché sur un texte que l’Union syndicale Solidaires n’a pas signé. Il nous parait utile d’expliquer pourquoi nous avons fait ce choix, et comment nous considérons que recherche de l’unité syndicale, débat intersyndical, analyse de la situation présente et actions collectives doivent s’articuler. Cette contribution aux nécessaires échanges entre équipes syndicales de nos différentes organisations nous parait d’autant plus nécessaire que, suite à cette première réunion, l’Union syndicale Solidaires est écartée des rencontres intersyndicales nationales. La situation est différente à la base mais aussi dans plusieurs secteurs professionnels.

La réunion intersyndicale du 25 novembre

« Les organisations syndicales [CFDT, CFTC, CGT, FSU, UNSA] demandent aux responsables économiques et politiques, au patronat et au gouvernement, de prendre la mesure des mécontentements qui taraudent la société et d’y apporter des réponses »

CFDT et CGT ont conjointement convoqué une réunion intersyndicale, tenue le 25 novembre. FO et CGC n’y ont pas participé. L’accord s’est fait sur un texte engageant les organisations syndicales à travailler ensemble sur différents sujets (emploi, investissement, justice fiscale, pouvoir d’achat, services publics). L’Union syndicale Solidaires a dit son accord pour participer à ce travail ; mais une plate-forme revendicative n’a d’intérêt que si nous prenons les moyens de voir satisfaites ses revendications. Aussi, nous avons demandé que le débat sur les mobilisations à organiser soit posé dans l’intersyndicale

Faut-il compter sur le gouvernement et les patrons pour rompre avec le système qui nous exploite ?

Pour l’Union syndicale Solidaires, la solution ne viendra pas de celles et ceux qui organisent les injustices sociales actuelles. Pour gagner, il faut reconstruire des mouvements collectifs de résistance et revendicatifs !

Le blocage rencontré à ce propos limite considérablement l’intérêt d’une déclaration qui, finalement, laisse croire qu’il sera possible d’imposer nos revendications au gouvernement et aux patrons, sans agir collectivement, sans peser sur le rapport de forces. C’est la conception habituelle d’organisations comme la CFDT, la CFTC ou l’UNSA, mais nous ne comprenons pas que CGT et FSU aient accepté de laisser de côté le débat sur les nécessaires mobilisations. Nous ne voulons pas entretenir cette illusion ; l’Union syndicale Solidaires a refusé de signer ce texte.

Les conclusions de la réunion intersyndicale

L’intersyndicale du 25 novembre s’est conclue :
- sur la signature par toutes les organisations présentes (dont Solidaires) d’un appel contre le racisme,
- la signature par 5 organisations (pas par Solidaires) du texte qui ne parle pas de mouvement social et demande aux patrons et au gouvernement d’arranger les choses,
- l’engagement de toutes les organisations (y compris bien entendu Solidaires) de poursuivre ensemble le travail, lors de prochaines réunions, sur les sujets de fond et les revendications.

C’est une semaine plus tard que nous avons appris que nous n’étions plus invités aux réunions suivantes. Nous déplorons ce choix de nous exclure parce que nous voulons lier revendications et mobilisations. Nous redisons notre volonté de contribuer à l’unité syndicale, mais pour agir le plus efficacement possible dans l’intérêt des salarié-es, des chômeurs-ses, des retraité-es, des jeunes en formation.

Si le mouvement syndical ne prend pas d’initiatives, d’autres le font… et ce n’est pas sans danger !

Nos intérêts sont opposés à ceux des patrons et des actionnaires ; le gouvernement appuie ces derniers. L’état actuel du système capitaliste exacerbe ces oppositions, car nos droits, nos revenus, nos conditions de travail, etc., sont de plus en plus fortement attaqués pour dégager les profits confisqués par une minorité. Le sentiment d’injustice (qui est bien réelle) et de révolte grandit.

Les syndicats doivent proposer des perspectives, y compris en termes d’action collective.

- Sinon, le patronat multipliera les tentatives de récupération, faisant croire que « nous sommes tous dans le même bateau », comme si ce n’était pas lui qui licencie, lui qui réprime, lui qui fait mourir au travail, pour engranger toujours plus de bénéfices.

- Sinon, l’extrême-droite prospèrera, en jetant en pâture la partie la plus démunie de la population : chômeurs-ses, immigré-es, jeunes des cités, etc.

Lutter vraiment contre l’extrême-droite et contre les récupérations patronales, nécessite que le mouvement syndical propose des alternatives mais aussi la construction des luttes nécessaires pour rendre celles-ci possibles portante, à notre détriment. C’est ce vol, cette injustice, qu’il faut remettre en cause.

Nous produisons de plus en plus de richesse. Patrons, actionnaires et banquiers s’en accaparent une part de plus en plus im

L’unité d’action syndicale existe !

Localement, dans les entreprises et les services, l’unité syndicale existe. Imposons-là aussi au plan fédéral et interprofessionnel !

L’unité entre syndicats pour se mobiliser est possible. Le 5 décembre, les fédérations Education et Collectivités Territoriales de la CGT, de Solidaires [SUD Education et SUD Collectivités Territoriales] appelaient, avec FO et FSU, à la grève sur la question des rythmes scolaires ; le 12 décembre, les fédérations de cheminot-es CGT et Solidaires [SUD-Rail] organisent, avec l’UNSA, une grève nationale à la SNCF ; le même jour, les fédérations CGT et Solidaires [SUD PTT] de La Poste, avec l’ensemble des autres organisations, appellent à la grève dans les centres de traitement et les plateformes industrielles du Courrier ; au plan interprofessionnel aussi des initiatives sont possibles, comme le montre la campagne unitaire contre l’extrême-droite que lancent CGT, FSU et Solidaires.

Pour un syndicalisme de lutte, indépendant !

Dans une période où les forces réactionnaires sont à l’offensive pour imposer leurs visions rétrogrades, prôner les discriminations et renforcer les injustices sociales, le syndicalisme doit organiser, localement et nationalement, l’action collective des salarié-es, des chômeurs-ses, des retraité-es et des jeunes en formation.

Nous sommes nombreux et nombreuses à partager cette volonté.

Unissons-nous, débattons ensemble des revendications et des actions à mener pour les faire aboutir, faisons des propositions unitaires à discuter largement par les salarié-es !

Documents joints

A nos camarades des autres organisations (...)
A nos camarades des autres organisations (...)
Adresse de l’Union syndicale Solidaires