AVS en lutte contre la précarité dans l’Éducation nationale

Sud éducation Paris
jeudi 6 novembre 2014

Malgré les conditions générales de travail désastreuses et la grande précarité dans laquelle se trouvent les AVS (maintenant AESH), une mobilisation a démarré l’année dernière à Paris et dans le 92 : des RIS organisées par Sud éducation et largement suivies, une journée de grève, des rassemblements devant les rectorats et une occupation de la Direction du travail, le 18 juin, par des précaires du 92... À Paris, un collectif d’AVS s’est créé avec des listes de diffusion, un facebook et un blog (http://collectifavs75.blogspot.fr/) qui transmet les infos.

Des annonces trompeuses...

Suite aux annonces du ministère à la rentrée 2013, l’attente autour d’une titularisation des personnels AVS-AESH était très forte. En juin 2014, le décret AESH a été publié, décevant celles et ceux qui attendaient la reconnaissance de leur travail. Si les AVS sont devenu-es des AESH (Accompagnant-es d’élèves en situation de handicap), dans les faits, seul le sigle a changé. La précarité, les temps partiels imposés, les salaires de misère restent la norme et les CDI ne concernent que très peu de personnels : environ 4 % des AVS parisiennes ! Ce décret ne change rien aux problèmes de discontinuité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.
De plus, les nouveaux contrats AESH, signés en ce début d’année, sont majoritairement des contrats de 65%, à la place des contrats de 75% signés précédemment. Les nouveaux AESH accusent donc une baisse de salaire de 10% alors que leur temps de travail n’a pas été diminué pour autant. Au contraire, on leur demande de faire des formations sur le temps des vacances scolaires.
Enfin, la multiplicité des statuts et les inégalités de traitement entre les différent-es AVS sont maintenus (AVS en CAE- CUI, AESH en CDD, AESH en CDI)

Une rentrée catastrophique...

Quant à la situation à la rentrée, sur l’académie de Paris, elle est toujours aussi désastreuse ! Début octobre, au moins 200 enfants ne bénéficiaient toujours pas d’un-e AVS, de nombreux personnels n’avaient pas été payés, voire n’avaient pas encore signé leur contrat alors qu’ils étaient en poste depuis le début d’année. Nous avons donc organisé, avec le collectif AVS 75 et la CNT, un rassemble- ment devant le rectorat, le 1er octobre, pour réclamer les salaires non payés et la régularisation des collègues qui travaillent sans contrat. Lors de ce rassemblement, une délégation a été reçue par le rectorat. Ce dernier s’est engagé à résoudre le plus rapidement possible ces dysfonctionnements. Cela ne suffira évidemment pas à changer la politique de maintien délibéré des personnels dans la précarité, tou-tes payé-es en-dessous du seuil de pauvreté !
Nouveauté également : depuis cette année, l’académie de Paris « mutualise » les AVS ! Le rectorat affecte un nombre fixe d’AVS par école et tant pis si cela ne correspond pas aux notifications envoyées aux élèves par la Maison départementale des personnes handicapées (surtout dans le cas d’emménagements tardifs ou de notification MDPH en cours d’année) : c’est aux équipes de gérer la pénurie ! Cette situation est également pénalisante pour les élèves dont on ne respecte pas les besoins.

Contre l’exploitation des plus précaires

Enfin, l’académie de Paris poursuit sa politique d’exploitation des plus précaires. Les AVS en CUI travaillent 24h alors qu’elles ou ils sont payé-es 20h. Sur ce point, on observe une différence de traitement importante entre les académies. Par exemple, dans le 92, ces personnels travaillent 20h et sont payé-es 20h. Le 23 mai 2014, l’académie de la Réunion a publié une circulaire stipulant que « la durée hebdomadaire de travail d’un salarié en CUI-CAE est de 20h. Pendant les périodes de fermeture de l’établissement, le salarié est mis en congé de fait : il continue de percevoir ses salaires et n’a pas à rattraper ces heures rémunérées non travaillées ».
Ce problème des heures complémentaires travaillées non rémunérées est toujours d’actualité. Sud éducation a interpellé le rectorat pour qu’il répare cette illégalité. Un recours collectif au Conseil de prud’hommes a aussi été envisagé. Au delà des recours aux Prud’hommes, il faudra sans doute un mouvement de grève des personnels AVS, rejoint-es par les enseignant-es pour qu’enfin ce statut soit reconnu. C’est bien l’utilisation massive de la précarité par l’Éducation nationale et par les gouvernements qui est à combattre !