Adieu Monsieur le Professeur ? Comment résister ensemble à lʼinéluctable marchandisation de toute la fonction publique ?

Sud éducation Limousin
jeudi 4 septembre 2014

« Le développement de sources d’informations et de connaissances différentes va entraîner un déclin rapide du monopole des établissements scolaires dans le domaine de l’information et du savoir [...] L’individualisation plus marquée des modes d’apprentissage - qui sont flexibles et induits par la demande - [...] annonce le déclin consécutif du rôle des enseignants, dont témoigne aussi le développement de nouvelles sources d’apprentissage, notamment par le biais des TICE. » (Source : Centre de développement de l’OCDE, 1998).

« Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement à l’école ou à la suppression de telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. » (Source : Centre de développement de l’OCDE, Cahiers de politique économique, 2000, n° 13).

Condorcet et les premiers penseurs de l’école qui voulaient la protéger des lobbies, des pouvoirs locaux, imaginaient une école émancipatrice, gratuite et laïque. Étape après étape, nous constatons l’avancée de la politique libérale contre l’école publique, gratuite et laïque.

Peu à peu, se prépare la « concurrence libre et non faussée » de tous les établissements entre eux.
La marchandisation des systèmes d’enseignement en Europe est en marche. Depuis le milieu des années 90, malgré la diversité des systèmes éducatifs européens, on note une extrême similitude dans les décisions politiques prises. Cette évolution doit être replacée dans le contexte de la globalisation économique, des attentes et de l’évolution du marché, des exigences de l’OCDE et de la Commission européenne. Les finalités de ces politiques sont désormais identifiées. Elles ont, en premier point commun, la particularité de se soustraire à tout débat démocratique...

Demandez le programme !

• Déréglementation des systèmes d’enseignement.
• Autonomie et mise en concurrence des établissements.
• Glissement de l’éducation vers la « formation tout au long de la vie ».
• Repositionnement des programmes (savoirs et savoir-faire) vers « l’approche par compétences ».
• Évaluation pour tous et à tous les niveaux.
• Baisse des financements publics.

Comment alors résister ensemble à l’inéluctable marchandisation de toute la fonction publique ?

Choisis ta réponse parmi les propositions suivantes :
• C’est même pas vrai tout ça, laissez- moi tranquille !
• J’aurais pu m’engager si j’avais voulu, mais j’ai piscine...

• Les syndicats c’est caca...
• Je vote pour un syndicat qui colla- bore avec les politiques libérales mises en place depuis un certain nombre d’années, et même si la fonction publique est mise en lambeaux, je sauverai ma peau !
• Je vote pour un syndicat réformiste, et ils vont m’entendre ! Je vais leur dire, moi, que c’est pas bien ce qu’ils font... D’ailleurs on fera la grève au moins trois fois dans l’année, et ils finiront bien par reconnaître qu’on a raison.
• Je vote pour un syndicat de lutte, parce que je comprends que se constituer collectivement est une urgence, et afin de donner davantage de poids politique à ce syndicat. Je vote « Sud éducation » !
• Je vote « Sud éducation » et si ce n’est déjà fait, je rejoins la section départementale ou régionale de « Sud éducation » et je contribue à l’analyse plus fine de ce qui se trame sur mon territoire régional, ainsi qu’aux décisions à prendre quant aux moyens d’action à mettre en place ensemble, pour enfin enrayer l’inéluctable. Je ne remets pas ça à demain. Je m’engage maintenant.