Alarme sociale à la Réunion

vendredi 16 mars 2012

À la Réunion, suite à un conflit entre les transporteurs routiers et les pétroliers sur le prix du carburant, un leader local demande de l’aide à la population. Des dizaines de personnes se rendent sur un barrage au Port et tiennent le piquet sous un soleil de plomb. Le soir venu, les négociations débutant, ils sont priés de retourner chez eux. La révolte gronde déjà. Dans les quartiers, des mouvements citoyens réclament des mesures contre la vie chère. Les émeutes commencent.

Les jeunes des quartiers pauvres, isolés de toute cette consommation que l’on étale à longueur de temps et d’espace sans aucun moyen d’accès, descendent dans la rue et cassent. Ils choisissent en tout premier lieu de s’attaquer aux hypermarchés, temples absolus de toutes les envies imposées par la réussite sociale. Les forces de l’ordre protégeant les bâtiments, des petits commerces seront alors pillés, suivis des lieux représentant les institutions.

Pendant 5 jours, une dizaine de communes connaissent les émeutes, le pillage, le feu.

Les arrestations se multiplient. Des jeunes, en comparution immédiate, partent directement en prison. Ils ont déjà été punis par abandon social dans des quartiers où leur taux de chômage va jusqu’à 90%, ils le seront doublement.

Et les choses « avancent ». Des mesures pour une baisse de prix sur 60 produits sont annoncées. Le prix du carburant diminue aussi, grâce aux collectivités territoriales qui amputeront fort probablement leurs dépenses sociales.

Tout le monde sait que ça ne suffira pas. Les jeunes les plus défavorisés ont lancé un cri d’alarme. Ils sont nombreux en quête d’une identité autre que celle imposée par le modèle métropolitain. De mauvais choix ont été faits et ne sont aucunement remis en cause.

Nul doute que la révolte reviendra.