Attention danger : mauvais stockage des produits et déchets chimiques !

mercredi 6 septembre 2017

Mardi 30 mai 2017, 15h30 : les 2500 élèves, étudiant-es et personnels du lycée Roland Garros, au Tampon (île de la Réunion), sont évacué-es en urgence, suite à des émanations de vapeurs toxiques provenant d’un local situé au rez-de-jardin du bâtiment principal de cours. Toutes les personnes incommodées sont examinées par un médecin du SAMU et cinq sont transportées à l’hôpital. Les élèves responsables de l’intrusion et du méfait sont vite interpellés. L’incident a eu des conséquences déplorables mais, en un sens, nous avons échappé au pire.

L’établissement, vieux de plus de 50 ans, est depuis une dizaine d’années en travaux de réhabilitation. Le local en question servait (depuis 2010 environ) au stockage de produits chimiques, notamment des déchets des laboratoires de sciences. Certains étaient régulièrement évacués par les entreprises spécialisées, mais d’autres ne pouvaient quitter l’établissement. En effet, certains produits, très anciens, avaient perdus leurs étiquettes et s’étaient même mélangés. Il y avait là notamment des flacons contenant des liquides inconnus et trois grandes poubelles contenant plus de 200 kg de poudres métalliques, inflammables et pyrophores, ainsi que plus de 85 flacons de comburants identifiés. L’usage provisoire de ce local, pourtant connu de l’Inspecteur Santé et sécurité au travail, contrevenait à la plupart des normes de sécurité en vigueur.

Un incident révélateur de graves dysfonctionnements

Depuis les mouvements des personnels et des élèves de décembre 2015 et mai 2016, lancés en particulier par les représentant-es de Sud éducation (dont la liste est majoritaire aux élections au CA) pour protester contre la vétusté des locaux et la présence d’amiante, il se tient des réunions mensuelles du Comité de pilotage des travaux. Les représentant-es des personnels y sont convié-es ainsi que la direction de l’établissement, les représentant-es de la Région et des entreprises mandataires. Depuis 18 mois, ce local faisait l’objet de nombreuses interventions de notre part, mais les représentant-es de la Région et ceux-celles de l’État prétendaient chacun-es que cette affaire relevait de la compétence de l’autre !
Le syndicat, en liaison avec la Commission fédérale « Et voilà le Travail ! », est intervenu pour informer tout-es les collègues et accompagner les personnels dans leurs démarches de déclaration d’accident du travail. Une fois informée, la CHS-CT (Commission hygiène et sécurité et conditions de travail) académique a décidé l’ouverture d’une enquête. Réuni-es en AG, les personnels ont fait valoir leur droit de retrait du bâtiment où se situaient les déchets, tant que ces derniers ne seraient pas évacués de ce local.

Les autorités réagissent sous pression

Sous la pression, la direction de l’établissement et la Région ont enfin fait évacuer par des entreprises spécialisées les liquides non identifiés et déplacer les autres dans le local de stockage de biochimie. Plusieurs réunions de CHS, des visites de l’Inspecteur Santé et sécurité au travail ainsi que de l’Inspection du travail ont eu lieu jusqu’à mi-juillet et ont abouti au projet de faire évacuer les produits pulvérulents non identifiés et de stocker dans un autre local, plus sécurisé, les produits de biochimie et de bactériologie. Il nous restera à travailler, aux côtés de Solidaires, à l’évacuation des comburants à l’extérieur de l’île de La Réunion, car ce problème concerne de nombreux secteurs de production et n’est pas encore résolu.
Il est bon de rappeler l’obligation de l’employeur-euse de garantir la santé et la sécurité des usager-ères et des personnels, également face au risque chimique dans les établissements, deuxième cause de danger après l’incendie. Cela passe par la mise en place de protocoles pour veiller au maintien de la qualité de l’étiquetage et du stockage des produits, par l’évacuation régulière des déchets, par la sécurisation maximale et la ventilation des espaces de stockage, et enfin par la formation continue des personnels de laboratoire et des professeurs coordonnateurs des disciplines scientifiques concernées.

Sud éducation la Réunion