Au ministère, on va leur arracher leurs dossiers, leurs chemises !

Fédération Sud éducation
samedi 28 novembre 2015

Les contre-réformes du gouvernement ne répondent ni aux besoins des élèves ni aux préoccupations des collègues, à moyens constants, elles dégradent nos conditions de travail, augmentent les pressions hiérarchiques et sont à l’opposé du projet d’école émancipatrice défendu par Sud éducation.

Depuis la rentrée la réforme des statuts s’applique dans les établissements du secondaire de façon variable selon les personnels mais avec dors et déjà des certitudes pour tous et toutes concernant l’augmentation de la charge de travail. Les enseignant-es en lycée professionnel sont exclu-es de la pondération dans les classes à examen, les contractuel-les et les titulaires en zone de remplacement de courte durée sont, dans beaucoup d’académies, exclu-es d’office du droit à décharge pour affectation multiple. Pour tou-tes les collègues, la pression hiérarchique pour la mise en place des conseils pédagogiques, pour le suivi des réunions et l’ensemble des nouvelles missions obligatoires se renforce. Globalement, les établissements ont vu leur dotation horaire globale diminuée au profit des « indemnités pour missions particulières » qui établissent une concurrence entre les collègues. Dans ce nouveau cadre statutaire, plus que jamais la syndicalisation et les solidarités locales seront nécessaires.

Dans le même temps, pour faire passer la réforme du collège, les chef-fes d’établissements et les inspections ont été réuni-es par le ministère pour mettre en œuvre 5 jours de formation. Les inspections exercent des pressions sur les collègues pour qu’ils et elles deviennent formateurs/trices de leurs collègues et certaines de ces formations sont annoncées pour le mercredi après-midi ou pendant les vacances, avec des justifications variables selon les académies. Ces pressions rendent manifeste la finalité de la mise en place du Conseil pédagogique et la multiplication des attributions des coordinateurs/trices : la division des équipes et la mise en place de hiérarchies intermédiaires.

Les personnels s’organisent pour refuser cette préfiguration de la réforme du collège et ces « formations-propagande », en s’inscrivant à de stages syndicaux ou en prenant leurs élèves sur ces jours de formation, et/ou en déposant des préavis de grève et en organisant leur solidarité par des caisses de grève.

La réforme sur les nouveaux programmes et les projets de réforme concernant l’évaluation s’inscrivent également dans le cadre des contre-réformes et dans une politique libérale globale. Les programmes sont désormais en cohérence avec la nouvelle version du socle dit « de connaissances, de compétences et de culture » dans le cadre de la loi relative à l’orientation et à la formation tout au long de la vie. Cette loi instaure un « Passeport orientation et formation pour les travailleur-euses », dispositif plébiscité par les milieux patronaux. Dans le secondaire « le parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel », généralisé de la sixième à la terminale, vise à « développer l’esprit d’entreprendre et l’ambition sociale » et favorise une professionnalisation précoce que nous combattons.

Enfin les prescriptions de ces nouveaux programmes nécessitent des moyens colossaux, dont les collèges ne disposent que très partiellement et avec une répartition très inégale sur l’ensemble du territoire. Avec la réduction des budgets alloués par l’État aux collectivités territoriales, cela ne va pas s’améliorer.

Comme préalable à tout nouveau programme et à toute nouvelle réforme dans le second degré, Sud éducation revendique de vrais moyens pour l’éducation :
-  la réduction du nombre d’élèves par classe, la création des postes de titulaires en nombre suffisant et du temps pour le travail en équipe ;
-  un recrutement massif de personnels médico-sociaux grâce notamment à des conditions attractives : infirmier-es, médecins scolaires, assistants sociaux et assistantes sociales ;
-  la garantie de l’égalité de traitement pour tou-tes les élèves sur tout le territoire.

Sud éducation revendique un service public d’éducation égalitaire, dans la perspective d’une école, d’un collège et d’un lycée uniques proposant un enseignement polytechnique qui garantisse à tou-tes les élèves l’exploration de tous les types de savoirs, qu’ils soient manuels, techniques, artistiques ou théoriques, reposant sur des pratiques pédagogiques coopératives et émancipatrices.