Auxiliaires de police ?

mercredi 6 janvier 2016

Le 18 novembre, l’ensemble des chef-fes d’établissement et des directrices-directeurs d’écoles du Loiret ont reçu, de la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), une note relative au signalement des faits de violence et événements graves en milieu scolaire, accompagnée d’une fiche de signalement... Si ce dispositif dit « de prévention et lutte contre la violence en milieu scolaire » que nous ne cautionnons pas, n’est pas nouveau, il n’en reste pas moins qu’avec cette fiche de signalement, on franchit un cap dans la liste des dérives sécuritaires générées par l’état d’urgence, puisqu’elle fait des chef-fes d’établissement, des directrices-directeurs d’école, des agents de fichage des personnes au nom de la prévention du trouble à l’ordre public et de son maintien.

Les chef-fes d’établissement et les directrices-directeurs d’école sont-elles-ils assigné-es à devenir des auxiliaires de police et assumer des missions de fichage qui relèvent du maintien de l’ordre ?

Dans ce contexte de l’état d’urgence, propice aux amalgames et aux dérives sécuritaires, ces pratiques constituent à nos yeux une atteinte grave à nos libertés démocratiques et syndicales. Nous demandons le retrait de ce dispositif, ainsi qu’une dénonciation et un positionnement clairs de la ministre quant au rejet de telles pratiques sécuritaires au sein de l’école.

Dans la voie technologique, la refonte totale des séries STI et STL a été l’occasion d’un véritable jeu de massacre : on est passé d’une vingtaine de spécialités à seulement deux bacs, tout en imposant la polyvalence ou une reconversion forcée aux collègues dont les disciplines disparaissaient, sans aucune amélioration des conditions d’enseignement et d’apprentissage, et que des effectifs par classe sont en augmentation.

Au-delà des projets des collègues qui utilisent parfois les heures d’EE et l’AP au mieux, il faut se rappeler que cette réforme a supprimé des postes et des heures, et nous installe dans une logique de concurrence et de filière. Tant qu’il y aura des filières dont l’objet est de trier et de sélectionner les élèves, la logique de hiérarchie des filières existera. Vouloir « rééquilibrer » les filières en accentuant leur différenciation est un jeu de dupe.

C’est l’inverse du projet de lycée polyvalent et émancipateur que nous défendons.