Bénévolat =obligatoire Travail gratuit !

Sud éducation Haute Garonne
jeudi 6 novembre 2014

À priori, ça semble très simple...

Nos obligations de service sont ainsi réparties : 24 heures par semaine en présence d’élèves auxquelles s’ajoutent les fameuses 108 heures annualisées (6 heures de conseil d’école + 18 heures d’animations pédagogiques ...)
Mais alors quid, par exemple, des deux fois 10 minutes d’accueil du matin puis de l’après-midi ? Ce temps travaillé peut représenter jusqu’à 54 heures par an, notamment pour les collègues exerçant en milieu rural !
L’article D 321-12 du Code de l’Éducation, qui tient en quelques lignes dispose notamment : « [...]L’accueil des élèves est assuré dix minutes à l’avance avant l’entrée en classe. Le service de surveillance à l’accueil et à la sortie des classes, ainsi que pendant les récréations, est réparti entre les maîtres en conseil des maîtres de l’école. »
Alors, ces 20 minutes : temps de service ? Bénévolat ? Le texte semble plaider en faveur du temps de service.

...mais c’est plus compliqué que ça.

L’administration persiste à considérer ce temps d’accueil comme faisant partie du service dû par la-e fonctionnaire... mais ne le comptabilise nulle part : ni dans les 24 heures hebdomadaires ni dans les 108 heures annualisées ! La justice elle-même n’a pu établir qui de l’enseignant-e ou des animateurs-trices du périscolaire est en responsabilité pendant ce temps d’accueil, avant le début des cours. Par conséquent, pour cette rentrée encore, les enseignant-es des écoles sont censé-es assurer cet accueil et cette surveillance sur un temps qui n’est prévu ni dans les obligations statutaires, ni dans les horaires réglementaires. Évidemment aucune rémunération n’est prévue pour cette tâche. Il n’y a donc qu’une interprétation possible : il s’agit-là de bénévolat obligatoire donc de travail gratuit.

Une occasion à ne pas manquer !

Nos conditions de travail continuent de se détériorer d’année en année faute de moyens humains et matériels. La pression hiérarchique est de plus en plus pesante voire oppressante. Les exigences de tous types ne cessent d’augmenter. À travers cette « lutte des 20 minutes », nous avons l’occasion de dire à la Ministre, au DA- SEN, aux inspectrices et inspecteurs que ça suffit ! En tant qu’employeur, le ministère doit prendre en compte la totalité du temps travaillé par les travailleuses et travailleurs de l’éducation.

Et qu’en pense Sud éducation ?

La consigne syndicale de la Fédération Sud éducation est claire et nous incite à déduire ces temps d’accueil des 108 heures annualisées en laissant, bien entendu, toute la liberté aux enseignant- es de choisir sur quoi ces heures seront décomptées : l’APC, animations pédagogiques,... Sud éducation 31 appelle les collègues à signifier à leur IEN, dès le début de l’année que, faute de dispositif de surveillance alternatif, elles/ils défalqueront ce temps accompli de celui, annualisé, qu’elles/ils doivent en dehors de la classe.
Vous pouvez, par exemple, envoyer un courrier au nom du conseil des maîtres. Un petit courrier de rentrée... ça ne peut que faire plaisir !