C’est la rentrée : objectif premier, améliorer la culture de la sécurité

vendredi 11 novembre 2016

La fin de la trêve scolaire estivale a été fêtée par 3 ministres, réunis pour un discours à une voix. En cette année 2016, l’Intérieur, l’Éducation et l’Agriculture sont soudés pour réaliser leur grand projet démagogique : rassurer la population et préparer les citoyen-nes de demain. Petit précis de cette nouvelle compétence civique : développer une culture pérenne de la gestion des risques et de la sécurité. Les trois axes sont simples et rigoureux, et expliqués avec cet accent propre aux discours d’organisation militaire : anticiper, sécuriser, savoir réagir.
Pour les élèves, il va falloir apprendre à se cacher (trouver où se terrer dans une salle de classe, ce n’est pas si simple), apprendre à se taire (sous couvert de ne pas se faire repérer, le silence est une valeur très moderne), ou au contraire apprendre à évacuer. Les délégué-es de classe apprendront à porter secours et les premiers gestes qui sauvent (encore une bonne raison de ne pas se présenter aux élections). Pour les enseignant-es, les personnels encadrant et les directeur-trices, c’est l’apprentissage du corvéable à outrance. Les établissements peuvent (doivent ?) assouplir les horaires d’entrée et de sortie pour éviter les afflux d’élèves. C’est donc la fin programmée des horaires fixes. Les directeur-trices doivent fournir leur numéro de téléphone portable de manière à être joignables à tout moment. Quelle entreprise se permet d’obliger ses salarié-es à divulguer un numéro personnel, sans même leur fournir l’outil de géolocalisation adéquat ?
Et puis toute la communauté éducative doit s’entraîner : des exercices de prévention et de simulation où on apprendra à distinguer selon la musicalité de l’alerte, si on est face à un incendie, un attentat, une explosion nucléaire, une inondation…(liste non exhaustive des dangers auxquels sont confrontés chaque jour les enseignant-es et leurs élèves). Enfin, la communauté éducative doit faire front : il faut absolument dénoncer le-la jeune ou le-la collègue en voie de radicalisation. Avis à tou-tes ceux et celles qui seraient tenté-es de paraître un tant soit peu différent-es : méfiez-vous ! Heureusement, les syndicats majoritaires de l’enseignement réagissent. Selon le secrétaire du SE-UNSA, toutes ces mesures sont difficiles à mettre en œuvre. Pourquoi ? « Il faudrait que les chef-fes d’établissements bénéficient d’un appui de la police… ». Allez, tou-tes main dans la main avec les forces de l’ordre, cela facilitera sans doute le dépistage des comportements à risque dès la maternelle et les arrestations des élèves sans-papiers.

Sud éducation Indre-et-Loire