C’est quand le changement déjà ?

samedi 8 septembre 2012

Pendant sa campagne électorale, François Hollande n’a eu de cesse de se démarquer de son prédécesseur en nous garantissant que son élection verrait l’aube d’un réel changement.

Au bout de cent jours, que voyons-nous ? Comment comprendre la communication de son gouvernement ?

L’été a vu la mise sur le devant de la scène d’une politique sécuritaire qui ressemble à s’y méprendre à celle conduite par Sarkozy et son équipe.

Mardi 31 juillet 2012, Manuel Valls, Ministre de l’intérieur, annonçait : « Les préfets ont pour mission de démanteler les camps de Roms quand il y a eu une décision de justice ». Ces déclarations sont une confirmation : la politique d’expulsion tous azimuts mise en œuvre sur le terrain cet été n’est nullement le fait de préfets nostalgiques du sarkozysme, elle est bel et bien commanditée directement par le ministère.

Le collectif Romeurope et la FNARS dénonçaient fin juillet : « Partout en France les évacuations des lieux de vie se poursuivent, comme à Aix-en-Provence, à Saint-Étienne, à La Tronche… sans solutions alternatives, abandonnant à nouveau des hommes, des femmes et des enfants à la rue, dans une précarité toujours plus grande. »

Il y a urgence à en finir avec cette politique discriminatoire qui a notamment pour conséquence de priver des milliers d’enfants et d’adolescent·e·s du droit à l’école.

S’il doit y avoir un réel changement, il faut que soit mis fin à toutes les mesures dérogatoires qui entravent la liberté de circuler et qui excluent des milliers de travailleur·euse·s roms du droit de travailler ; il faut que le droit au logement soit effectif sans condition d’origine ou de nationalité, et qu’il n’y ait aucune expulsion sans relogement, pour les Roms comme pour tout·e·s les résident·e·s.

Pour cela, des mobilisations sont nécessaires pour faire respecter par l’ensemble des collectivités et administrations les droits inconditionnels au travail et au revenu, au logement et à l’éducation.

Et la rentrée dans tout ça… ?

Dans l’éducation nationale aussi, le changement se fait attendre : la rentrée s’effectue essentiellement telle que l’avait orchestrée Châtel.

Le nouveau ministre Peillon déclare engager la « concertation ». En réalité, il s’agit plus d’une politique de communication que d’une véritable concertation. Les syndicats seront certes écoutés, mais les contre-réformes instaurées par Châtel ne sont pas remises en cause :
- les postes supprimés ne sont pas réintroduits, on ne peut pas considérer les emplois précaires promis comme des emplois ;
- les stagiaires voient certes leur emploi du temps légèrement allégé, mais leur décharge reste insuffisante pour se former correctement ;
- le livret personnel de compétences, les systèmes de fichage du type Base élèves demeurent en place ;
- la loi d’orientation Fillon et toutes ses conséquences désastreuses (école du socle, réforme des lycées, dispositif Eclair, etc.) continuent à produire leurs effets négatifs.

Les attentes de nos collègues, les besoins des élèves, en particulier des plus fragiles, sont immenses.

Pour Sud éducation, la concertation doit s’ouvrir à de véritables alternatives pour l’éducation. Cette concertation ne doit pas exclure à priori des exigences comme l’abrogation de la mastérisation du recrutement des enseignant·e·s, l’abandon des systèmes numériques de fichage et de flicage des personnels et des élèves, la remise en cause des pressions hiérarchiques, le refus d’une régionalisation du service public d’éducation et d’orientation, la fin de la mise en concurrence des personnels et des établissements, la suppression du socle commun et du LPC, le retour au bac pro en 4 ans et à des formations de type BEP, la fin de la précarité…

Sud éducation continuera à défendre ses revendications (voir la page 8 de ce journal) pour une école démocratique, critique et émancipatrice y compris dans le cadre de cette concertation.

Le véritable changement
dépend avant tout des
mobilisations

Mais pour le service public d’éducation comme pour l’ensemble des questions qui touchent au monde du travail, un véritable changement dépend avant tout des mobilisations. Sud éducation s’emploiera à les construire et invite les personnels à se réunir, dès la rentrée, pour débattre des exigences à porter et des moyens à mettre en œuvre pour obtenir satisfaction.