CPE et vie scolaire, chronique d’une mort annoncée ?

samedi 16 février 2013

La circulaire de 1982 reste le texte de référence qui traite des missions des CPE et de la vie scolaire qu’elle définit selon trois domaines : Le fonctionnement de l’établissement, la collaboration avec le personnel enseignant, l’animation éducative.

Le projet de loi sur la refondation de l’école laisse planer quelques doutes sur leur devenir. La vie scolaire n’est mentionnée que dans les articles 39 et 40. Pas une fois il n’est fait référence au Conseiller-e Principal-e d’Éducation. Il n’est question ici que de « prise en charge du périscolaire dans le cadre d’un projet éducatif territorial » et d’un partenariat entre l’Éducation nationale, les collectivités de rattachement, et des associations. La « territorialisation » du domaine éducatif semble là aussi bien engagée.

Les missions de la vie scolaire restent vagues : « Améliorer le climat scolaire, redynamiser la vie scolaire et prévenir l’insécurité et la violence dans le milieu scolaire » et le terme CPE est toujours absent.

Si bon nombre d’objectifs sont réaffirmés : « l’apprentissage de la citoyenneté, de la vie commune, des droits et devoirs pour les élèves au sein de la communauté éducative », « apprendre les principes de la vie démocratique et acquérir des compétences civiques », « prévenir les formes de discrimination et favoriser la mixité sociale… », les personnels dépositaires de ces missions ne sont pas clairement désignés contrairement au texte de 1982.

Quant au sujet de « l’augmentation du nombre d’adultes présents dans l’établissement ». Il est surtout question d’assistant-es de prévention et de sécurité, de leur « complémentarité avec les autres personnels » et de « l’articulation avec les équipes mobiles de sécurité et les partenaires extérieurs. »

S’il est une évidence, c’est que la création de postes de CPE et d’enseignant-es ne va pas se faire de manière massive. Faut-il alors lire entre ces lignes que la prise en charge de la vie scolaire sera le fait de personnels précaires, voire de services externalisés ?

Enfin, il est précisé que « la formation initiale et continue des enseignant-es revêt une importance cruciale pour leur permettre de gérer les situations de tension ou de réagir face aux élèves en difficulté… Cette politique de formation sera amorcée dans les ESPE (Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation) à partir de la rentrée 2013 ».

Une fois de plus, l’élargissement des missions des enseignant-es et la disparition du terme CPE dans ce projet de loi ne font qu’alimenter les craintes dont nous avons fait état auparavant.

Ce texte serait-il le prélude à la disparition des CPE ?

Les réductions budgétaires sont toujours d’actualité dans les services publics. La disparition des 10 000 postes de CPE représenterait pour l’EN une économie, si petite soit-elle…

Par contre, les conséquences seraient de taille :
- disparition du corps des CPE ;
- prise en charge des tâches de la vie scolaire par les AED et autres personnels précaires ;
- modification des statuts, des missions et du temps de travail des personnels enseignants dans et hors la classe.

La prise en charge des conditions de vie et de la réussite scolaire de nos élèves dans et hors la classe ne doit pas se faire en fonction des orientations économiques. Les missions de la vie scolaire réaffirmées dans ce texte de projet de loi ne peuvent prendre sens qu’avec des personnels pérennes. Le CPE est la charnière de ce dispositif, le transfert de ses missions aux enseignant-es, aux personnels précaires, peu ou pas formés-es, voire à des structures externalisées est inadmissible.

Afin d’assurer le fonctionnement de la vie scolaire, Sud éducation revendique le maintien du corps des CPE, leur présence dans tous les établissements, une vraie formation pour les personnels précaires et leur titularisation.

Sud éducation Charente