Ce n’est pas le Ministre Chatel qui supprimera la précarité

vendredi 9 avril 2010
mis à jour jeudi 23 mars 2017

À la suite de l’intervention télévisée du président de la république, s’engageant à titulariser les précaires, l’intersyndicale avait écrit au ministre pour envisager les suites. La réponse ne nous a pas surpris, mais reste choquante.

Ainsi, une fin de non-recevoir est adressée aux syndicats.

Les engagements du président de la république sont clairement oubliés puisqu’il n’est absolument pas question de titularisation, que le ministre va même jusqu’à exclure en justifiant la précarité comme une « nécessité » !

Le ministre oublie de dire que s’il est besoin de recourir à des personnels non titulaires, c’est que la pénurie de moyens est organisée depuis des années par des politiques de suppressions massives de postes de titulaires. Cet argument de la nécessité est donc parfaitement irrecevable.

Le soit disant progrès de la transformation du CDD en CDI au bout de 6 ans est une autre hypocrisie flagrante lorsque l’on sait que la plupart des contrats ne sont pas renouvelables au delà de 12 ou 24 mois !

Les propos avancés sur le caractère « souple » de la gestion des personnels précaires par le ministère de l’éducation nationale sont également risibles : que le ministère respecte les droits aux congés des personnels, c’est bien la moindre des choses ! Le ministère a raison en revanche de parler du droit à la formation pour ces personnels, qui reste aujourd’hui une vue de l’esprit.

Bref, des engagements non tenus, et rien de concret à l’horizon. Quoi d’étonnant de la part de ceux qui veulent transformer l’école en entreprise et l’éducation en marchandise ?
La précarité a encore de beaux jours devant elle si les travailleurs précaires s’en remettent à des négociations ou a des annonces médiatiques bidon.

Plus que jamais, les travailleurs précaires ne peuvent compter que sur eux- mêmes, et leur capacité à s’organiser pour construire des rapports de force.

Et plus que jamais, sud éducation se veut un outil pour la construction de tels rapports de force, et continue de revendiquer la titularisation immédiate sans condition de concours ni de nationalité de tous les précaires.

Pièces Jointes :

le courrier intersyndical :

PDF - 168.7 ko
Courrier Intersyndical

la réponse du ministre :

PDF - 1.7 Mo
Réponse de L. CHATEL sur la précarité