Chantiers sur les métiers de l’éducation : Attention danger travaux !

Sud éducation Loire
jeudi 9 janvier 2014

V. Peillon a engagé la réforme de nos métiers et statuts. Après un 1er round portant sur 6 des 13 chantiers prévus, il a rendu ses premières décisions avant les vacances de fin d’année. Les « travaux » vont se poursuivre pendant les premiers mois de 2014.

Comme pour la loi de « refondation de l’école », ces projets sont caractérisés par une grande continuité avec les politiques de ces dernières années. Rien n’est prévu sur le nombre d’élèves par classe, la réduction du temps de travail, la précarité, la souffrance au travail. La contrainte d’un budget constant, conséquence de l’austérité générale, rend impossible les transformations nécessaires pour l’école publique et pour nos conditions de travail.
La logique d’ensemble ne va pas dans le bon sens. Pour la prise en compte des tâches supplémentaires et la pénibilité, le ministère continue de promouvoir une compensation indemnitaire a minima, alors qu’il faut une compensation par des réductions des services. Il accroit les écarts salariaux ainsi que la division et la hiérarchisation des métiers, avec des indemnités ou des grades supérieurs pour quelques un-es et des salaires gelés pour tou-tes les autres. La pondération à 1,1 des heures effectuées dans « les établissements les plus difficiles » est positive. Son extension au 1er degré une évidence enfin reconnue. Cependant, tout laisse penser que l’étendue du dispositif sera extrêmement réduite. De plus, sa mise en œuvre reste floue et elle dépendra fortement du maintien des maxima de service et du plafonnement des heures supplémentaires.

Les décisions sur les enseignant-es du 1er degré seront finalisées début 2014 : elles ne répondent pas aux besoins. L’immense majorité des professeur-es des écoles (celles et ceux qui sont en charge de classes « ordinaires ») est tenue en dehors des travaux : le ministère considère qu’il en a assez fait avec l’ISAE et les aménagements sur les 108 heures. Seules les situations particulières seront l’objet de nouveaux groupes de travail. Nous sommes pourtant dans un contexte de conflit sur la réforme des rythmes, qui est l’occasion de remettre en cause les droits des PE, notamment via l’annualisation des services pour les fonctions de remplacement ou les postes fractionnés. Le renforcement des missions de la direction d’écoles tend à définir un nouveau métier allant vers une position hiérarchique, notamment avec l’introduction du « pilotage pédagogique ». Derrière l’affirmation du maintien de la spécificité des RASED, la réalité des mesures va vers une dissolution de leurs missions : élargissement de leurs tâches, redéfinition de leur zone d’intervention, renforcement du pouvoir des IEN sur les décisions d’intervention…

Sur les enseignant-es du 2nd degré, les travaux vont se poursuivre sans date de fin annoncée, l’essentiel des projets ayant été pour le moment suspendu tant ils font désaccord. Mais le ministère annonce que les discussions vont reprendre « sur les mêmes bases » inacceptables. À part la pondération pour les établissements les plus difficiles, il n’y a qu’une décision : la création de 4000 postes pour les collèges (un mi-temps en moyenne par établissement), dans le plus grand flou. Mais le ministère entend remettre sur le chantier le listage des tâches extérieures aux missions d’enseignement sans compensation horaire, l’augmentation des prérogatives des CA sur les services des enseignant-es et l’attribution d’indemnités, etc.
Le ministère s’engage oralement à ne pas introduire d’annualisation et à maintenir des maxima de service hebdomadaire, mais il n’a pas voulu l’écrire, les premiers projets parlant uniquement d’horaire de « référence », ce qui serait une grave remise en cause des garanties statutaires. Les Conseiller-es d’Orientation Psychologues sont totalement exclu-es des groupes de travail, comme si ce métier n’existait pas dans l’Éducation nationale. Cela n’est pas un bon signal à l’heure de la régionalisation et de risques d’externalisation de l’orientation hors du Service public d’éducation.

Ces projets ne sont pas acceptables : ils ne répondent pas aux besoins de l’école publique et des personnels. Pour imposer les changements nécessaires, nous ne pourrons compter que sur nos mobilisations. Construisons les luttes pour une école égalitaire, émancipatrice, démocratique :

- pour la réduction du nombre d’élèves par classe et la définition de plafonds nationaux ;

- pour l’augmentation du nombre de postes aux concours et la titularisation de tous les personnels précaires ;

- pour la réduction du temps de travail dans le cadre de maxima de service hebdomadaires diminués, contre toute annualisation ;

- pour la compensation de la pénibilité et des tâches supplémentaires par des diminutions des services ;

- pour des augmentations générales des salaires ;

- pour le rétablissement des droits syndicaux, du droit de grève et pour l’abrogation du service minimum.