Combien de Lampedusa ?

Sud éducation Puy-de-Dôme - Allier
vendredi 6 décembre 2013

Ils voulaient fuir la guerre, la violence et l’extrême pauvreté, ils ont péri noyés. Les pêcheurs qui tentent de les secourir peuvent être poursuivis pour aide au séjour irrégulier grâce aux législations mises en place par les Berlusconi, Hortefeux, Sarkozy. Ainsi, en 20 ans, la Méditerranée est devenue le cimetière marin de 20 000 personnes qui voulaient simplement vivre en Europe. D’autres ont survécu et vivent dans l’extrême pauvreté, la peur du centre de rétention et de l’expulsion. Ils constituent une armée de réserve appréciable pour le travail illégal partout en Europe. La France en expulse 33 000 par an (12 000 il y a dix ans) et le ministre de l’Intérieur d’un gouvernement socialiste s’en félicite.
Quant aux Roms, ils continuent leur errance partout en Europe. Après les évacuations policières et violentes des campements qu’ils réussissent à installer en France, les propos du ministre de l’Intérieur sur leur manque de volonté d’intégration à la société française ramènent le débat au niveau des pires déclarations de l’extrême droite. La politique, les discours et les pratiques du ministre de l’Intérieur ne marquent aucune rupture avec les politiques précédentes de stigmatisation des étrangers comme fauteurs de trouble et de crise.
Dans le même temps, les préfectures ne respectent même plus le minimum de droits qu’il reste aux sans-papiers et demandeurs d’asile, comme à Clermont-Ferrand, où le 2 septembre, 360 personnes dont 150 enfants se retrouvaient à la rue et ont dû occuper la place centrale de la ville avec l’aide de RESF, de nombreux syndicalistes et quand même un large soutien de la population pendant dix jours.

Alors, plus que jamais : régularisation de tous les sans-papiers, liberté de circulation et d’installation, fermeture des centres de rétention.