Comment l’aide personnalisée tue les RASED

vendredi 16 mars 2012

L’école laisse ses élèves en difficulté au bord de la route en attendant qu’ils finissent à 14 ans sous la coupe d’un patron. Ainsi la rentrée 2012 sera l’apothéose de 5 ans de casse de l’école publique pour tous, si nous ne résistons pas davantage.

70 postes de RASED sont supprimés en Bretagne. Les autres académies subissent le même sort ou l’ont subi à la rentrée dernière. Dans un contexte de fragilité sociale et économique pour bon nombre de familles, c’est bien les élèves en difficulté, de plus en plus nombreux, qui vont trinquer !

Pour justifier les suppressions de RASED, les recteurs et directeurs académiques font valoir que beaucoup de ces postes sont vacants et que les élèves en difficulté bénéficient désormais de deux heures en plus, dispensées par les professeurs des écoles.

Rien ne remplacera le travail d’enseignants spécialisés, que volontairement l’État ne forme plus, pour vaincre la difficulté scolaire. Et ce n’est pas l’aide personnalisée qui pourra les suppléer.

Celle-ci est inefficace, voire contre productive pour les élèves en grande difficulté d’apprentissage.

En plus de faire disparaître la différenciation dans la classe (le fameux « tu ne comprends pas, on verra ça en soutien ! ») ce dispositif stigmatise les élèves en les « retenant » pendant que leurs camarades jouent dehors. Depuis la mise en place de ce dispositif, Sud éducation n’a cessé de dénoncer un système qui visait à externaliser la difficulté scolaire pour supprimer ensuite définitivement les RASED. Nous y voilà !

Par une acceptation aveugle, nous les avons laissé faire. Pourtant, dans les écoles on entend « ça ne sert à rien », « faut bien faire nos heures  ! », « pas d’aide personnalisée ce soir, j’ai piscine, ils mangeront un peu plus vite le midi… » La résistance et la désobéissance doivent plus que jamais redevenir des outils de lutte collective.

Puisque c’est l’aide personnalisée qui a enterré les RASED, cessons dès aujourd’hui ce dispositif inefficace  ! Utilisons ce temps au service de la vie de l’école et exigeons de vrais moyens pour résorber la difficulté scolaire : du personnel spécialisé en nombre, formé et qui puisse intervenir sur le temps de classe en collaboration avec les enseignants des classes.

Sud éducation Morbihan