Conseil supérieur de l’éducation du 11 octobre 2012

Déclaration de Sud Éducation et de l’Union syndicale Solidaires
jeudi 11 octobre 2012

Pour la fédération Sud Éducation et l’union syndicale Solidaires, l’annonce du budget, le rapport de la Refondation de l’école et le discours du président de la république de mardi dernier ne présagent aucun changement profond dans la future loi de programmation. Les principales réformes de la droite sont entérinées, le budget réel de fonctionnement du Ministère augmente moins que l’inflation, et le nombre de recréation de postes avoisinera au plus 9000, au lieu du double annoncé. Au-delà de quelques annonces de tonalité progressiste, nous ne voyons pas de vraie rupture avec la politique du gouvernement précédent, ni sur le fond des politiques éducatives, ni sur la question budgétaire. Le traité européen adopté cette semaine est un aspect majeur de cette continuité que nous déplorons.

Les recommandations que proposent le rapport, les annonces du Président de la République, sont trop souvent de petits aménagements de la politique libérale en marche depuis de trop longues années. Il en va ainsi du renforcement de la hiérarchie, d’une évaluation omniprésente calquée sur les techniques managériales, de la décentralisation de l’orientation, de l’intervention des régions et du patronat dans les cartes de formation des Lycées professionnels, du maintien du socle commun, des programmes du primaire, de Base-élèves, du LPC, de la réforme des lycées ou encore du maintien du bac pro 3 ans... Avoir un projet transformateur pour notre école et notre société, ce n’est pas amender à la marge les décisions de la droite et légitimer celles-ci par une concertation, aussi large soit-elle.

A plusieurs reprises notre fédération a dénoncé la méthode du ministère qui, tout en prônant la consultation d’un côté, prend des décisions de l’autre, alors qu’elles font l’objet de débat. L’accord entre l’État et l’Association des Régions de France sur l’orientation et l’enseignement professionnel l’illustre amèrement.

Nous ne partageons donc ni la méthode, ni le diagnostic issu de cette concertation, et encore moins les recommandations trop libérales, qui se trament derrière un discours du bien-être des élèves. Le projet d’école qui se dessine dans ce rapport n’est pas le nôtre.

Pendant les négociations qui commencent la semaine prochaine, nous serons présents et nous resterons vigilants. Pour les personnels que nous représentons, nous serons particulièrement vigilants sur l’évolution des conditions et les charges de travail liée à de nouveaux horaires des écoles et des nouvelles missions, notamment dans le domaine des technologies numériques. Nous militerons pour des revalorisations des salaires, des recrutements sur des statuts de fonctionnaire et non de nouveaux contrats précaires comme les Emplois d’Avenir Professeur. Pour les élèves, nous veillerons à l’amélioration des conditions d’études, à l’indépendance de l’école face aux impératifs du patronat notamment dans l’enseignement professionnel et la formation continue pour adulte (GRETA). Nous nous opposerons au renforcement de l’idéologie sécuritaire comme l’illustre les Assistants de Prévention de Sécurité.

La fédération SUD éducation et l’Union syndicale Solidaires ne se définissent pas comme des « partenaires sociaux », mais comme des outils de lutte au service des revendications des personnels et de la transformation de la société. En tant qu’organisation représentative, nous avons été présents à toutes les étapes de cette concertation. Aujourd’hui nous sommes aux côtés des collègues qui effectuent la pire rentrée sur le plan des conditions de travail avec13 000 suppressions de postes supplémentaires par rapport à celle de 2011, et des stagiaires toujours placé-e-s dans des conditions impossibles.

C’est ainsi que nous sommes partie prenante en Seine Saint Denis de la grève et de la manifestation intersyndicale de ce 11 octobre . SUD Éducation revendique un plan d’urgence pour la Seine Saint-Denis. C’est environ 2000 postes qui devraient être recrées dans le 1er degré et le second degré. Aujourd’hui l’urgence absolue dans ce département, c’est de recruter au moins 250 enseignants fonctionnaires dans le 1er degré. SUD Éducation soutient totalement cette revendication et l’ensemble de celles mentionnées dans le courrier et la pétition unitaire adressées au ministre. Nous vous demandons de recevoir l’intersyndicale et de donner satisfaction aux collègues et aux parents mobilisés.

Documents joints

Déclaration de Sud Éducation et de l'Union (...)
Déclaration de Sud Éducation et de l'Union (...)
Conseil supérieur de l’éducation du 11 octobre 2012

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