Conseil supérieur de l’éducation Séance du 25 mars 2016

Déclaration de la Fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires
vendredi 25 mars 2016

Le gouvernement recul, nous continuons d’avancer !

La mobilisation contre la loi travail ne cesse de s’amplifier. Les quelques « remaniements » faits par le gouvernement, sous la pression des premières manifestations du 9 mars, n’ont pas suffi à tuer dans l’oeuf le mouvement social.

Le gouvernement recule, nous continuons d’avancer et ce malgré les tentatives d’intimidation et de répressions pour faire taire les étudiant-es et les lycéen-nes.

Non à la répression !

Depuis le début des manifestations contre la loi, la seule réponse apportée par le gouvernement à la mobilisation de la jeunesse, se résume à des gaz lacrymogènes, des coups de matraques et des arrestations. C’est scandaleux !

Nous dénonçons les fermetures administratives qui se multiplient dans les universités pour empêcher les étudiant-e-s et les personnel-le-s des universités de s’organiser afin de faire aboutir leurs revendications.

Nous condamnons les violences dont ont été victimes les lycéen-nes et les étudiant-es lors des manifestations du 17 et 24 mars et les agressions, et les arrestations perpétrées dans l’enceinte même de l’université de Tolbiac et lors de la manifestation lycéenne d’hier.

Ces tentatives de diversions pour masquer la réalité des oppositions que suscitent cette loi, sont inadmissibles et ne trompent personne.

Toujours rien à négocier, rien à aménager !

La journée de grève et de manifestation d’hier, a montré une nouvelle fois, que le rejet de cette loi restait intacte. Les manœuvres du patronat, du gouvernement et des syndicats libéraux qui cherchent à nous convaincre de comparer cette deuxième version du texte à la première, pour essayer de faire passer pour un progrès social l’abandon de quelques éléments d’un projet régressif, ont été vaines. Les orientations essentielles et particulièrement néfastes pour les travailleuses et travailleurs demeurent.

Ce projet continue à diminuer drastiquement les droits des salarié-e-s et à accroître la précarité.Nous tenons d’ailleurs, à souligner, dans le cadre des textes présentés à ce CSE, que les textes qui concernent l’instauration des blocs de compétences dans les CAP, Bac pro et BTS s’inscrivent pour nous dans la complète continuité de ce projet de loi travail qui en individualisant la formation continue par le morcèlement- où devrait-on plutôt dire le démantèlement des diplômes- au profit d’une certification par blocs de compétences, n’ont d’autre but que d’individualiser les carrières et les rémunérations. Cela remet en cause les protections liées aux conventions collectives assurant des minima salariaux au niveau national et fait basculer les droits collectifs vers le contrat individuel.

Quant à l’universalité de la garantie jeune, sans moyens financiers conséquents, elle n’est qu’un effet d’annonce dont les perspectives restent pour les jeunes en difficultés, celles d’un CDI de plus en plus précaire.

Il n’y a toujours rien à négocier, rien à aménager dans cette loi, c’est pourquoi nous exigeons l’abandon du projet de Loi Travail.

+ 1,2 % une provocation !

C’est dans ce climat de fortes tensions, en pleine journée de mobilisation contre la loi travail, que le gouvernement a choisi, le 17 mars, d’annoncer le dégel du point d’indice pour les salaires de la fonction publique, avec une augmentation de taille, à la hauteur de cet insoutenable suspense qui maintenait en haleine l’ensemble des agent-e-s de la fonction publique : + 1,2 % ! Quel effort !

Il s’agit pour nous d’une véritable provocation, dont la mise en œuvre savamment orchestrée pour coller à proximité du calendrier des prochaines élections présidentielles, témoigne, surtout, une fois de plus, des orientations anti-sociales de ce gouvernement et ne remet pas en cause la politique d’appauvrissement qui touchent les fonctionnaires.

Une politique d’austérité salariale qui, nous tenons une nouvelle fois à le souligner, ne s’applique pas, dans ce ministère, à l’ensemble des personnels, puisque les avantageuses primes dites « au mérite » et autres revalorisations salariales pour la hiérarchie se sont, elles, bien multipliées sans attendre le fameux dégel.

Pour l’augmentation générale des salaires pour toutes et tous, et vers l’égalité des revenus, nous revendiquons : L’augmentation générale des salaires de tous les personnels et la réduction des écarts salariaux.

Pour terminer en lien avec l’ordre du jour du ce CSE et le projet de décret concernant les rythmes scolaires, sur lequel nous reviendrons plus en détails lors de sa présentation, nous tenons à rappeler que nous continuons de demander l’abrogation du décret.

L’objectif des aménagements proposés est tout simplement de faciliter les financements des activités périscolaires pour les collectivités territoriales sans créer d’amélioration dans les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels.

Public/ privé : même combat !

Des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader avec les contre-réformes, pour l’ensemble des personnels de l’éducation nationale et que les mirobolantes augmentations salariales promises de 1,2 % en deux fois, dans les mois à venir, ne suffiront pas à compenser.

C’est pourquoi nous serons de nouveau mobilisé-es et en grève le 31 mars, pour porter l’ensemble des revendications des salarié-es du public et du privé et faire reculer la politique anti sociale de ce gouvernement.

Documents joints

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