Contre les logiques sécuritaires

mardi 25 décembre 2012

En pleine période de « débat » et de « consultation sur la refondation de l’école », il est étonnant qu’un nouveau métier soit créé dans l’Éducation nationale sans qu’on ait demandé leur avis aux personnels ou à leurs représentant·e·s. C’est pourtant ce qui est arrivé, dans l’académie de Strasbourg comme ailleurs, avec le recrutement des Assistants et des Assistantes de Prévention et de Sécurité (APS).

Avant la circulaire du 29 août 2012, personne, pas même les personnels de direction, n’avait entendu parler de cette mesure. Cela n’a pas empêché les rectorats, après avoir publié la liste des établissements concernés mi-septembre, de leur enjoindre d’opérer ces recrutements. Les directions des établissements concernés n’ont rien fait, elles non plus, pour qu’un débat démocratique s’engage avec les parents et les personnels : c’est souvent peu de temps avant les Conseils d’Administration que les collègues ont appris que ces recrutements allaient être soumis aux élus. A Mulhouse, c’est par des annonces publiées sur le site de Pôle Emploi que des personnels ont découvert l’existence de ces recrutements. Les élu·e·s en Conseils d’Administration ont donc été mis devant le fait accompli. Au mieux, le recrutement avait déjà commencé, au pire, il était bouclé et n’attendait que l’autorisation d’un CA considéré comme chambre d’enregistrement.

Malgré tout, quatre établissements sur les quinze concernés dans l’académie de Strasbourg ont refusé d’entériner ces recrutements. Et pour cause : derrière un bel emballage de prévention, le rôle de ces APS sera aussi de renforcer les liens des établissements avec la police et la gendarmerie ainsi qu’avec les équipes mobiles de sécurité. Par ailleurs, ces APS ont signé le même type de contrat précaire que les assistants et les assistantes d’éducation, alors même que ces personnes sont recrutées à bac +2 et que les fiches de poste insistent sur la diversité des compétences qui leur sont demandées. L’argument de « l’adulte en plus », qui avait déjà été utilisé au moment de la mise en place des policiers référents, n’a donc pas pris partout.

Des CA ont refusé le recours grandissant à la précarité dans l’encadrement des élèves et le traitement sécuritaire des problèmes de violence au collège. Continuons de dénoncer les logiques sécuritaires dans l’institution scolaire.

Sud éducation Alsace