Corps unique des psychologues - Des agents doubles de l’éducation nationale !

Profession de foi pour les élections 2017
jeudi 9 novembre 2017

Deux spécialités qui induisent des différences marquées

Les champs d’intervention sont bien distincts. Le premier degré pour la spécialité « Éducation, développement et apprentissages » (EDA) et le second degré pour la spécialité « Éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » (EDCOSP) :

  • Les premier-e-s exercent leurs fonctions dans les écoles maternelles et élémentaires, les second-e-s dans les Centre d’Information et d’Orientation (CIO) ainsi que dans les établissements du second degré.
  • S’ils et elles sont placé‑e‑s sous l’autorité du recteur d’académie, les Psy‑EN EDA mènent leurs activités sous la responsabilité d’un inspecteur de l’éducation nationale (IEN) de circonscription alors que les Psy‑EN EDCOSP le font sous celle d’un directeur de CIO (Psy-EN EDCOSP ayant la responsabilité d’un CIO) en lien avec un IEN information orientation.

Il ne s’agit pas d’un simple partage de secteurs d’intervention, mais bien d’un découpage clair du corps des Psy-EN en deux entités marquées par des différences significatives

Des missions non interchangeables

Si les Psy-EN EDA et EDCOSP ont vocation à « contribuer à la réussite scolaire de tous les élèves et à la lutte contre les effets des inégalités sociales » (décret du 1er février 2017), leur activité professionnelle au quotidien, par les publics qu’ils ont en charge et par les missions spécifiques à leur spécialité, ne relève pas des mêmes attentes.

En effet, au-delà des missions communes aux deux spécialités en terme d’accompagnement, de psychométrie (parfois dévorante) et d’expertise, les missions spécifiques des Psy-EN EDA s’inscrivent directement dans le prolongement de la dimension psychologique des missions communes et notamment dans leur contribution aux fonctionnement des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), alors que les missions spécifiques des Psy-EN EDCOSP sont centrées sur leur contribution à l’information et à la réflexion sur les parcours de formation, les amenant à accompagner tous les élèves (pas seulement les élèves à besoins particuliers donc) comme les étudiant-e-s dans le cadre du conseil en orientation.

Un service et des indemnités spécifiques

24 heures inscrites à l’emploi du temps pour les Psy-EN EDA contre 27 heures inscrites à celui des Psy-EN EDCOSP ; en fonction des besoins du service, une semaine de service supplémentaire pour les Psy-EN EDA contre trois semaines (pendant les vacances scolaires) pour les Psy-EN EDCOSP ; 2044,19 euros d’indemnités annuelles de fonction pour les Psy-EN EDA contre 844,19 euros pour les Psy-EN EDCOSP.

Le sentiment de devoir se couper en quatre !

Les différences entre les deux spécialités du corps des Psy-EN interpellent et tendent à montrer que la création du corps des Psy-EN correspond plutôt à la fusion de deux corps préexistants, les Professeur-e-s des écoles psychologues scolaires et les Conseiller-e-s d’orientation psychologues (COP). Ce « pré-existant » est d’ailleurs l’explication donnée par le ministère pour justifier les écarts de temps de service et d’indemnités de fonction.

Ces différences interrogent sur la réelle ambition d’un ministère qui a saisi l’opportunité de la création d’un corps de Psy-EN pour afficher sa volonté de se confronter aux problèmes de difficultés scolaires.

Pour SUD éducation, la présence de psychologues (sur des missions de type EDA) à l’École, de la maternelle à l’université, peut correspondre à de réels besoins, néanmoins les réticences que nous avions exprimées lors des discussions préalables à la création du corps des Psy-EN se traduisent aujourd’hui en de fortes inquiétudes des personnels qui nous font penser que la réponse apportée est loin d’être à la hauteur des attentes suscitées. Tout simplement parce qu’il paraît évident que les ex-psychologues scolaires et les ex-COP se voient, dans leur nouvelle peau de Psy-EN, chargé-e-s des missions qui leur incombaient préalablement auxquelles viennent s’ajouter de nouvelles missions (élaboration et construction de modalités de suivi psychologiques, soutien en situation de crise…). Des nouvelles missions pour lesquelles les personnels en poste ne sont ni préparés ni formés et un corps qui, en effectif, est loin de pouvoir répondre à la charge de travail demandée. Il en résulte une forte confusion dans les services, doublée par les difficultés (réduction de moyens, fermetures…) rencontrées par les RASED pour le premier degré et par les CIO pour le second degré, avec des Psy-EN plus sollicité-e-s que jamais.

SUD éducation dénoncera :

  • Toute volonté de surcharger l’activité quotidienne des Psy-EN au vu de missions actuellement impossibles à remplir dans leur intégralité.
  • Toute incitation à sollicitation des Psy-EN sur des missions pour lesquelles ils et elles n’ont pas été formé-e-s.
  • L’idée de limiter l’intervention des Psy-EN EDCOSP au champ de l’orientation en envisageant le transfert des missions d’information et de conseil en orientation vers les enseignant-e-s.

SUD éducation revendique :

  • La création de postes de Psy-EN à la hauteur des besoins en multipliant au moins par deux les effectifs actuels
  • L’uniformisation des obligations réglementaires de service et des indemnités de fonctionnement sur la base de celles de la spécialité EDA
  • Une formation des Psy-EN stagiaires qui prend plus en compte les besoins inhérents à chacune des deux spécialités et une formation continue
  • L’affichage clair de la priorité aux missions spécifiques de chacune des spécialités du corps des Psy-EN
  • Le rétablissement d’un véritable maillage territorial des RASED et des CIO
  • Le non cloisonnement au premier degré de la spécialité EDA
  • Une spécialité EDCOSP qui justifie son appellation et qui s’inscrit dans le renforcement du service public d’orientation de l’Éducation nationale.
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