Criminalisation de toute la jeunesse : une opération de communication lamentable !

Communiqué
mercredi 12 janvier 2005
mis à jour mardi 30 août 2005

Désigner toute une population, dont le seul crime semble être l’âge (avoir moins de 18 ans) et la situation (être scolarisée) telle est la dernière raffarinade que ce gouvernement a trouvé pour résoudre les problèmes qui se posent à la jeunesse dans la société française.

Jeudi 6 janvier, avait lieu dans toute la France une journée de pseudo-sécurisation des écoles avec fouilles, chiens renifleurs et contrôles d’identité ! Pantalonnade dérisoire aux effets nuls : on se doute bien que racketteurs et dealers avaient pris une journée de vacance ...

Alors pourquoi ce genre d’opération ? Pour la « communication ». Agitez-vous, agitez-vous, il en restera toujours quelque chose. La sarkozyte gagne du terrain. Les syndicats de policiers en tenue, de magistrats, d’enseignants - soit l’ensemble des professionnels - ont beau dénoncer l’inefficacité de telles mesures, rien n’y fait. Il est plus facile de demander aux policiers d’aller faire les clowns une matinée devant les écoles que de mettre en place une véritable politique de prévention.

Tout cela serait bien dérisoire si ces mesures n’arrivaient pas au moment même où l’on annonce encore des restrictions budgétaires sans précédent et une diminution drastique des effectifs des personnels, au moment où l’avenir de bien des établissements est compromis par la destruction de filières de formations, de l’enseignement de disciplines variées, par le regroupement scolaire, au moment où la braderie du service public d’éducation bat son plein. Quand doit disparaître l’éducation spécialisée faute de recrutement et de formation des maîtres. Les départs à la retraite ne sont pas remplacés. Le recours au personnel précaire (CES, CEC, Assistants d’éducation, professeurs associés) se banalise.
Le ministère annonçait à la mi-décembre près de 5000 personnels en moins enseignants et non-enseignants, sans compter le transfert des personnels ouvriers et de service vers les collectivités territoriales.

C’est ce gouvernement qui organise l’insécurité dans les établissements scolaires en diminuant toujours les moyens humains de l’encadrement, en organisant l’augmentation de la charge de travail et la dégradation des conditions d’exercice : remplacement au pied levé, addition des publics divers d’élèves au sein d’un même groupe classe, en banalisant le statut précaire des adultes sensés être référents au détriment de leur crédibilité.

1200 collèges et lycées ont ainsi été « sécurisés ». Beaucoup d’adolescents donc se sont amusés de cette opération de « sécurité » dont l’aspect dissuasif n’aura échappé à personne...

La Fédération des Syndicats SUD éducation dénonce cette opération de communication qui ne vise qu’à mettre en scène la police. Et par là, disqualifier le judiciaire (répression ciblée et instruction de l’accusation) et l’éducatif. Deux préalables dans une démocratie attachée autrement que dans le titre de son ministère « aux libertés locales ».

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