Dans les lycées et les collèges, amplifions la mobilisation contre les réformes Chatel !

samedi 12 décembre 2009
mis à jour mardi 15 décembre 2009

Le CSE a adopté le 10 décembre le projet de réforme du lycée, malgré l’opposition d’une intersyndicale représentant une large majorité des personnels.

Les décrets sur les filières générales du lycée sont annoncés avant la fin du mois de janvier et le ministre présentera au mois de mars 2010 la réforme des séries STI/STL.

Les mobilisations du 10 décembre doivent donc s’amplifier dans les lycées et dans les collèges qui sont aussi concernés par le renforcement du pouvoir du chef d’établissement et par la mise en place du conseil pédagogique, véritable hiérarchie intermédiaire.

C’est pourquoi SUD Éducation a proposé à l’intersyndicale nationale de se réunir le plus rapidement possible pour décider de l’action en janvier.
Il faut, dans le même temps, se tourner vers les lycéens qui ont commencé à se mobiliser et vers les parents des lycéens et des actuels collégiens pour les informer des conséquences de cette réforme : tracts communs, réunions publiques...

Tous ensemble il est encore temps de faire reculer ce gouvernement !

En référence : la déclaration de SUD Éducation et la déclaration intersyndicale lors du CSE ci-dessous, le communiqué de presse et la pétition intersyndicale contre la réforme Chatel.

CSE du 10 décembre : réforme du lycée. Résultat des votes

SUD et l’intersyndicale (SNES-FSU, SNEP-FSU, SUD Éducation SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNETAP-FSU) ont voté contre les 4 projets de textes :
-  « projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement des EPLE » : désignation et attribution du conseil pédagogique, pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT, Ligue de l’enseignement) contre : 26 (dont SUD, FSU, FO, CGT, UNEF, Snalc UNL), 7 abstentions dont la FCPE, 5 refus de vote ;
-   « projet de décret relatif aux enseignements du second degré des voies générale et technologique et à l’information et l’orientation », pour : 35 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 20 votes dont SUD/intersyndicale, 13 abstentions dont FCPE et UNL, refus de vote ;
-   « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements de la classe de seconde », pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 19 (dont SUD et intersyndicale), 15 absentions (dont FCPE et UNL), 0 refus de vote ;
-   « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements du cycle terminal », pour : 22 (dont Unsa-Éducation), contre : 22 (dont SUD et intersyndicale), 13 abstentions (dont FCPE et UNL) et 7 refus de vote (dont Sgen-CFDT qui réclamait la suppression totale de l’histoire-géographie en terminale S).

Déclaration de la Fédération SUD Éducation

M. Le Ministre,
Mmes et M. les membres du Conseil Supérieur de l’Éducation Nationale,

Votre projet de réforme du lycée, loin toute considération pédagogique, s’explique principalement par l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique et spécialement dans l’Éducation. Celle-ci doit y contribuer pour 80 000 suppressions de postes d’ici 2012. Votre projet s’accompagne d’une régression des conditions de travail des enseignants, de la qualité des enseignements et en particulier de ce qui peut aider à la construction d’un sens critique par les lycéens. Il s’inscrit dans la continuité de vos projets et notamment de la reforme de l’enseignement professionnel et de l’Université.

Les décrets et arrêtés que vous nous présentez consacrent un net durcissement des premiers axes dévoilés en octobre. Il s’agit clairement de rentabiliser le travail des enseignants : alourdissement du nombre de classes et des effectifs à prendre en charge, mise au pas de la profession avec la création d’une hiérarchie de professeurs intermédiaires par le renforcement du rôle du conseil pédagogique ; nous en contestons tant la désignation que les prérogatives. La multiplication des tâches intégrées à nos services (aide) ou effectuées en heures sup. (tutorat, orientation) est inacceptable alors que votre ministère ne cache plus sa volontiers finir avec les COP (conseillers d’orientation psychologues) et un service public d’orientation propre à l’Éducation.

Dans le même temps la qualité des enseignements est bradée : ponctions horaires globales importantes, suppressions des dédoublements sous couvert d’une aide « fourre-tout » pour les élèves, et d’une globalisation d’une part importante des horaires. Celle-ci aboutira à la mise en concurrence des disciplines et à des choix très inégalitaires suivant les établissements et leurs publics. Dans ces conditions on peut s’interroger sur le maintien du bac comme 1er grade universitaire.

Pour les élèves, ce projet renforcera toujours le développement d’un lycée à plusieurs vitesses et aggravera la reproduction des inégalités Sociales.

SUD Éducation ne se retrouve en rien dans cette vision d’un lycée pour chacun au détriment du droit à l’éducation pour tous. La présentation du projet au CSE le 10 décembre est sans doute pour vous l’ultime étape ; nous espérons qu’elle sera avec les premières initiatives de ce jour le début d’une mobilisation contre vos projets.

Avec l’ensemble de ceux qui refusent cette régression nous voulons imposer un débat pour une véritable démocratisation du lycée.

Déclaration d’ouverture de l’intersyndicale

SNES- FSU, SNEP- FSU, SNETAP- FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SUD Éducation, SNCL- FAEN, SNALC- CSEN

Monsieur le Ministre,

Le SNES- FSU, le SNEP- FSU, le SNETAP- FSU, le SNFOLC ; la CGT Educ’action, SUD Éducation, le SNCL- FAEN, et le SNALC- CSEN vous ont adressé une lettre commune le 3 décembre, par laquelle ils vous demandaient de ne pas présenter au CSE réuni ce jour votre projet de réforme du lycée.

Les organisations citées considèrent que la réforme des structures que vous souhaitez se traduit, d’abord, par un accroissement dangereux de l’autonomie des établissements. Laissant à discrétion l’utilisation de près d’un tiers de l’horaire professeur, elle risque d’accroître les inégalités qu’elle prétend combattre. Elle conduira à la concurrence interne entre les disciplines, celle-ci s’est déjà exprimée. Elle induira une pareille concurrence entre les établissements.

Il n’est pas acceptable que l’accompagnement personnalisé des lycéens soit installé au détriment des horaires disciplinaires dispensés aux élèves, dans des disciplines par ailleurs dénaturées, en particulier pour celles qui sont cantonnées en seconde dans les enseignements d’exploration réduits à 1h30. De même, la mise en place d’un tronc commun en classe de première entretient l’illusion de possibilités de changement de parcours pour les élèves. Elle permettra, en réalité, l’augmentation des effectifs dans les classes et, à terme, de nouvelles suppressions de postes. Plus généralement, votre réforme suppose une extension des missions des enseignants bien au-delà de leurs responsabilités. Elle leur délègue notamment une responsabilité accrue quant à l’orientation qui n’est pas de leur mission.

Enfin, le projet que vous nous soumettez veut modifier radicalement sur plusieurs points le décret régissant le fonctionnement des EPLE. Vos propositions, qui concernent également le collège en ce qu’elles touchent notamment à l’organisation du conseil pédagogique, n’ont fait l’objet d’aucune discussion préalable. Elles font de votre projet celui d’une réforme profonde et générale de l’enseignement du second degré qui n’a jamais été débattue pour elle- même.

Cela n’est pas acceptable. La réforme n’apporterait aucune réponse à la demande unanime d’amélioration des conditions de travail des personnels et des conditions d’étude des élèves. Pourtant, le lycée doit être amélioré et personne ne peut se résoudre à l’échec d’un nombre important de jeunes, en particulier en classe de seconde. Nous vous demandons de renoncer à ce projet. Nous souhaitons la reprise des négociations sur d’autres bases, et la poursuite de celles portant sur les séries STI- STL