Déclaration SUD éducation et Solidaires au CSE du 27 sept 2012

dimanche 30 septembre 2012

CSE du 27 septembre 2012

Déclaration de la fédération SUD éducation et de l’Union Syndicale Solidaires

Pour un vrai changement, d’autres mesures s’imposent maintenant !

Pour SUD éducation et Solidaires les mesures d’urgence restent insuffisantes, les annonces sont à préciser, et les premiers actes présagent mal de l’avenir du service public

La pire des rentrées, c’est ce que connaissent personnels et élèves avec 13 000 postes supprimés qui viennent s’ajouter aux 60 000 suppressions des 5 années précédentes, alors que la rentrée 2011 s’était déjà faite dans des conditions déplorables. Le gros millier d’enseignant-e-s dont votre nouveau gouvernement a annulé les suppressions ne peut le masquer. Des classes encore plus chargées, des options et des filières inaccessibles, des conditions de travail dégradées pour tou-te-s, élèves et personnels, c’est la réalité de cette rentrée.
Et 2012 sera encore une année noire pour les nouvelles enseignantes et les nouveaux enseignants. Les stagiaires seront encore quasiment à plein temps en responsabilité devant les élèves, sans formation professionnelle.

La faute à Sarkozy… mais pas seulement
Bien entendu, cette rentrée est d’abord celle qui a été voulue par le ministre Châtel. Mais le gouvernement a choisi de la laisser quasiment telle quelle, en ne proposant que des aménagements à la marge, là où un véritable plan d’urgence était nécessaire.
Personne ne nous fera croire qu’il n’était pas possible de recréer immédiatement des milliers de postes, d’améliorer vraiment les conditions d’entrée dans le métier des stagiaires ; pour cela il fallait titulariser les précaires, ouvrir les listes complémentaires, organiser une cession de concours supplémentaire. C’est d’ailleurs ce que vous demande de faire en urgence une large intersyndicale du 1er degré en Seine-Saint-Denis.

Demain ça ira mieux ? C’est le message que le ministre essaye de faire passer. Bien sur nous prenons acte d’un changement de politique en matière d’emploi avec l’annonce de 40 000 postes en deux vagues de concours en 2013, dont 18 000 recréations, et l’abandon dans l’éducation du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Mais nous ne pouvons accepter que cela se fasse par redéploiement au détriment des autres services publics qui risquent l’asphyxie. Enfin cette annonce risque de se heurter à la difficulté de pourvoir tous les postes. Cela sera impossible si les concours restent au niveau du master 2. Il faut revenir au recrutement au niveau licence, suivi d’une formation professionnelle en alternance de 2 ans sanctionnée par la délivrance du master. Il faut aussi profiter de cette vague de recrutement pour titulariser les précaires de l’éducation au lieu d’appliquer la loi Sauvadet qui en exclue la majorité.

Nous demandons avec les personnels d’autres signes d’un changement concret. Certains concernent en partie la fonction publique avec l’abrogation de la journée de carence que nous demandons avec une large intersyndicale. Mais au-delà, il faut en finir avec le gel des salaires. Certains agents techniques touchent à peine plus de 1500 euros nets et quand aux enseignants le rapport 2012 sur l’Education de la très libérale OCDE vient de rappeler qu’ils touchent moins que la moyenne des pays de l’Union Européenne, pays de l’Est compris ! SUD éducation et Solidaires revendiquent une augmentation de 400 euros pour tous !

D’autres mesures marqueraient clairement un changement de politique éducative. Ainsi en est-il de l’abandon des sanctions et des poursuites contre toutes celles tous ceux qui ont été sanctionné-e-s pour s’être mobilisé-e-s contre les politiques de régression sociale et éducative, notamment les désobeisseurs que M. Peillon a reçu mais sans entendre leurs revendications. Ainsi en est il aussi de l’abandon demandé à la quasi unanimité du dispositif Eclair, du GIP pour les GRETA, et dans le supérieur du pacte de recherche et de la loi LRU dont vous avez pourtant annoncé l’abrogation.
Au contraire, le ministère maintient le concept du socle commun, le Livret Personnel de Compétences « simplifié », le Service Minimum d’Accueil, poursuit la réforme du lycée et du bac pro 3 ans. Il tente d’imposer par la force des redéfinitions de disciplines pour les enseignants de STI ; nous demandons l’abrogation de la circulaire à l’origine des changements de nomenclature Autant de sujets sur lesquels les personnels se sont déjà largement mobilisés pour exprimer leur désaccord ! Parmi les rares mesures prises celle concernant la mise en place des agents de prévention et de sécurité n’est que de la poudre aux yeux sécuritaire en lieu et place de personnels de vie scolaire statutaire et en nombre suffisant.

On nous répondra sans doute qu’il faut attendre le résultat de la grande concertation « pour la refondation de l’école » et la rédaction de la loi d’orientation. Pourtant, comme nous le craignions, l’essentiel des décisions semblaient largement engagées avant même que la consultation ait débuté, et aucune rupture avec le démantèlement libéral du service public d’éducation ne s’annonce… et au contraire les actes de décentralisation marquent la poursuite de ce démantèlement.

L’orientation et l’enseignement professionnel décentralisé dans le dos de la concertation
Ainsi, alors que les ateliers sur l’orientation se tenaient, on apprenait par une dépêche de l’AEF que le 1er ministre venait de signer avec l’ARF un document confiant aux régions l’animation et la coordination du service public d’orientation et leur transférant le pilotage et l’animation de l’offre d’orientation tout au long de la vie incluant le public scolaire.
Ce même accord Etat-Régions contient des mesures de décentralisation de l’enseignement professionnel. Le pilotage de l’évolution de la carte des formations est confié aux Régions, qui adapteront les formations aux besoins du marché local de l’emploi avec le risque de voir disparaître celles qui n’y ont pas de débouchés. Développer la mobilité dans le cadre de la réorganisation de la carte des formations, cela revient à diriger des élèves de plus en plus jeunes vers des établissements de plus en plus éloignés de leurs lieux de vie, avec le risque d’aggraver le décrochage et l’échec. Ceux qui ne voudraient pas s’y soumettre seront contraints d’accepter une place restée vacante dans une section non choisie.

SUD éducation et Solidaires continueront de défendre, notamment lors de la rédaction du projet de loi d’orientation, des revendications pour une école démocratique, critique et émancipatrice, avec des personnels titulaires en nombre suffisant. Mais pour le service public d’éducation comme pour l’ensemble des questions qui touchent au monde du travail, un véritable changement dépendra avant tout des mobilisations.

Documents joints

CSE-Decl SUDeduc et Solidaires -2012-09-27
CSE-Decl SUDeduc et Solidaires -2012-09-27

Navigation

Articles de la rubrique