Déclaration au CSE du 6 juin 2013

vendredi 7 juin 2013

Conseil supérieur de l’éducation du 6 juin 2013

Référentiel de compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation

Le projet de référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation repoussé le 16 mai en CSE, est de nouveau présenté sous une forme amendée aujourd’hui.
Malgré des progrès par rapport au précédent référentiel de 2005, qui répondent parfois à nos demandes, SUD Éducation et Solidaires ont émis un avis négatif sur ce texte.
En effet, il reste dans la logique d’une école du socle, multiplie les « compétences » exigibles des personnels sans aucune référence aux obligations de l’État pour y parvenir et laisse encore une trop grande marge de manœuvre lors de l’évaluation des personnels.

L’importance du référentiel qui nous est présenté tient à la fois à la conception des métiers de l’enseignement qu’il implique et à son utilisation pour la titularisation et l’évaluation pédagogique des collègues.
Nous prenons acte de la qualité du travail qui été mené lors des entretiens entre organisations syndicales et la DGESCO et de l’intégration de certaines de nos demandes.
En particulier, nous accueillons favorablement son architecture générale, soit un texte global, avec une entrée commune et des parties spécifiques se référant aux professeurs, du premier et du second degré, professeurs-documentalistes, et intégrant clairement les CPE. A certains égards il traduit une conception bienveillante et inclusive de l’École et ne fait plus de l’insertion professionnelle la mission première de l’École.
Nous sommes satisfaits de l’effort de féminisation accompli, conformément à la circulaire de la fonction publique qui le préconise.

Cependant le caractère progressif tout au long de la carrière de l’acquisition de l’ensemble des compétences attendues n’est pas comme prévu dans l’arrêté suffisamment précisé en annexe en ce qui concerne la titularisation des stagiaires. Cela ouvre la voie à des inégalités de traitement selon l’académie et les disciplines pour déterminer quelles compétences seront au final sélectionnées pour évaluer les collègues.

Plus problématique l’objectif d’acquisition du « socle commun de compétences de connaissances et de culture », systématiquement repris reste inacceptable pour nous. Minimum culturel pour les uns, il suppose donc un maximum de formation pour d’autres. Ainsi il entérine des objectifs d’éducation différents d’un élève à l’autre et s’oppose donc au droit à l’éducation pour tous.

D’autre part beaucoup de compétences ne nous paraissent pas exigibles sans un engagement formel des moyens de mise en œuvre par l’État dans ce référentiel.
Ainsi « se former seul et entre pair », mais sur avec quels moyens horaires, dans quel cadre institutionnel sans temps de travail en équipe ?
Pour les enseignants du primaire « savoir tirer parti de sa polyvalence » nous parait malheureusement contradictoire avec la nouvelle version du CRPE qui justement met à mal cette polyvalence et l’évaluation des contenus académiques dont la transmission est pourtant soulignée dans le référentiel.
De même la différenciation des enseignements », ou la « préparation à la pédagogie du supérieur » au lycée sans obligation de moyens pour l’institution est aussi une incantation ou une façon de se défausser sur les seuls personnels enseignants pour les mettre en œuvre.
Il en est de même pour les missions de scolarisation des élèves handicapés au regard du travail au quotidien qui est assuré avec des personnels précaires tel que les AVS auquel il manque de la formation, un statut et un salaire à la hauteur de leur mission.
Enfin, l’intégration des COP dans le corpus d’un référentiel de compétences pour tous les personnels de la communauté éducative aurait été à la fois logique et nécessaire, étant donné l’importance de leur mission dans le système éducatif.

C’est ainsi que, même si ce texte contient des progrès par rapport au précédent référentiel de compétences, ces limites expliquent notre vote contre le texte final.

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Déclaration au CSE du 6 juin 2013
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