Déclaration de la Fédération SUD éducation au CTMEN du 17 juin 2013

jeudi 20 juin 2013

Déclaration liminaire SUD éducation

CTMEN du 17 juin 2013

Il y a maintenant un an, on nous promettait le changement : plus de dialogue, des priorités partagées, plus de respect des personnels...
Pour le dialogue, un détail : recevoir une semaine avant la séance les projets de décrets à amender, ce n’est vraiment pas respectueux de nos prérogatives d’élu-e-s, et ceci est aussi valable pour les documents et bilans d’information.

Pour le dialogue social : ne pas entendre que la réforme des rythmes dans le premier degré, telle qu’envisagée, est plus créatrice de désordre, d’inégalités que d’une amélioration quelconque des conditions d’étude des élèves, c’est instituer de fait le monologue du sourd.

Pour SUD Education, la priorité c’est améliorer les conditions de travail et d’emploi qui se dégradent.

C’est lutter contre la précarité ; c’est veiller à ce que tou-te-s les agent-e-s aient droit à une retraite décente, qu’ils atteignent l’âge de celle-ci en étant encore valides ; c’est donner les moyens d’exercer leurs compétences, et non celles des collègues.

La refonte du statut que vous envisagez ne saurait se faire sur l’annualisation du service, les postes à profils, la mobilité inter-degrés, la polyvalence forcée, les primes et indemnités en lieu et place des allègements de service pour les pénibilités spécifiques.

Votre bilan social fait apparaître que le nombre de congés ordinaires maladie continue d’augmenter pour les enseignant-e-s. Et il est plus important pour les agent-e-s exerçant en "éducation prioritaire" que pour les autres.

On s’en doutait : les conditions de travail ont un effet immédiat sur la santé des agent-e-s ; celui-ci ne peut être compensé par des indemnités. La santé des agent-e-s ne s’achètent pas avec des primes, dérisoires ou non, mais par une compensation en allègements de service, par une autre organisation du travail répartissant mieux la pénibilité et la responsabilité. Pas en hiérarchisant cette dernière, et la rémunération qui va avec, mais en promouvant une école qui développe des pratiques et des valeurs coopératives entre les collègues et entre les élèves.

Ce qui est important c’est de préserver "le capital santé" des collègues, pas d’augmenter le capital de quelques-un-e-s.

Nous ne voulons pas perdre notre vie à la gagner.

La priorité, c’est aussi et nous en sommes d’accord, la prise en compte des personnes porteuses d’un handicap. Au sein du MEN, pour ses personnels, c’est le maintien dans l’emploi le plus urgent, avant les questions de recrutement, par des aménagements des postes de travail, quasi inexistants chez nous, par des allègements de service plutôt que des CLM et des licenciements pour invalidité.

Mais de partout remonte l’information des demandes non honorées... Si ce n’est pas de la seule responsabilité du MEN, nous devons peser pour que les agent-e-s du plus vaste ministère de la Fonction Publique soient protégé-e-s à hauteur des besoins.

Sur la question de la précarité, nous dénonçons la faiblesse de l’engagement ministériel : l’harmonisation des pratiques en termes de recrutement, de conditions de travail, de rémunération pour les contractuel-le-s est une nécessité. Il n’empêche, les besoins sont pérennes : il n’est pas acceptable que l’employeur public abuse du recours au contrat, maltraite ses agent-e-s.

Nous pensons notamment à tou-te-s les collègues admissibles, voire admis et admises, aux concours qui leurs sont dédiés et finalement refusé-e-s sur des critères kafkaïens d’inégibilité. Nous demandons que tou-te-s les contractuel-le-s ayant été déclaré-e-s admis le soient effectivement.

Le bilan social fait apparaître que dans le second degré le nombre de reçu-e-s continue de baisser.

Au CAPES externe, 17% des postes offerts l’an dernier sont restés vacants. En même temps, le taux de réussite à l’interne est très faible en raison du trop petit nombre de postes offerts par cette voie d’accès... Où est la résorption de la précarité ? N’est-ce pas indigne d’y maintenir ses agent-e-s quand les postes restent vacants ?

La seule politique juste, légitime, nécessaire : c’est la titularisation de toutes et tous sans condition de concours, d’ancienneté ni de nationalité sur l’emploi occupé et l’arrêt du recrutement de précaires sur les besoins pérennes ; or, dans un si vaste ministère, ils le sont tous.

Documents joints

Déclaration de la Fédération SUD éducation au (...)
Déclaration de la Fédération SUD éducation au (...)

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