Déclaration de la Fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires

Conseil supérieur de l’éducation : séance du 30 juin 2016
vendredi 1er juillet 2016

Contre la loi travail et son monde notre détermination est intacte !

Une contestation toujours massive

Cette année scolaire s’achève sur fond de contestation contre la loi travail avec une mobilisation mardi 28 juin, toujours très massive.

Malgré les pressions, les arrestations abusives et les victimes toujours plus nombreuses de violences policières avec parmi elles, plusieurs militant-es de la fédération SUD éducation et Solidaires à Lille, Paris et Rennes qui ont fait l’objet d’arrestation, de garde à vue et d’agression par les forces de l’ordre lors de la journée de grève du 28 juin.

Malgré les tentatives d’interdiction des manifestations, les tentatives d’intimidation sur les manifestant-es avec à Lille, toujours le 28 juin, un jet de gaz lacrymogène dans la camionnette de Solidaires, les arrestations arbitraires de militant-es, le passage en force avec le 49.3 et le discrédit permanent jeté sur les organisations syndicales et l’ensemble des opposant-es à la loi travail, la mobilisation ne faiblit toujours pas et bénéficie toujours d’un large soutien de l’opinion, apportant par là même une nouvelle fois un démenti cinglant aux allégations du pouvoir sur l’essoufflement et sur la fin du mouvement.

Une refondation de l’école qui n’en a que le nom

Dans l’éducation nationale cette année scolaire s’achève sur fond d’auto-célébration par l’institution de la refondation de l’école dont les personnels sur le terrain ont beaucoup de mal à percevoir les innombrables bienfaits pourtant vantés à longueur de communications par les services du ministère.

Une réforme des collèges largement constestée

La réforme du collège, largement contestée par les personnels tout au long de cette année, va s’appliquer à marche forcée à la rentrée prochaine, alors que les personnels ne veulent :

- ni de la modulation des horaires disciplinaires et de la « marge d’autonomie »

- ni des EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) qui vont creuser les inégalités entre collèges et exploser le temps de travail

- ni d’une AP inefficace au lycée, dupliquée au collège et qui n’a rien de rien de “personnalisée”

- ni d’une réduction de l’offre de formation en langues vivantes, en langues anciennes, en enseignements artistiques et scientifiques.

Ils et elles ne veulent pas davantage de hiérarchies intermédiaires avec comme pivot, le conseil pédagogique dont la composition et le fonctionnement sont tout sauf “démocratiques”. Ce dispositif mine les relations entre collègues et nuisent aux conditions de travail de toutes et tous.

Cette réforme n’a pas empêché la baisse des moyens enregistrée dans un certain nombre de collèges, dans lesquels des collègues ont été victimes de cartes scolaires, démentant ainsi les engagements de la ministre.

Mise en œuvre des nouveaux programmes : usine à gaz

Les nouveaux programmes et le cycle commun école- collège vont être mis en œuvre bien que les documents d’accompagnement n’aient pas été publiés pour l’ensemble des domaines d’apprentissage et des cycles et que les équipes pédagogiques n’eussent pas disposé de temps suffisant pour se les approprier et les organiser collectivement. Quant à l’organisation des réunions communes de cycle 3, elles se révèlent, comme nous l’avions prévu, de véritables usines à gaz qui vont elles aussi favoriser la mise en place de hiérarchie intermédiaires et l’accroissement de la charge de travail non rémunérée.

Rythmes scolaires : aucun impact sur les apprentissages

La réforme des rythmes scolaires, elle aussi largement contestée par les personnels, est un échec et son bilan est absolument catastrophique. Présentée comme une réforme avant tout pédagogique, ses visées sont même remises en cause par le rapport de l’IGEN dont il a fallu attendre, on se demande bien pourquoi, un an pour qu’il soit rendu public.
En effet, les conclusions sont assez éloignées de l’enthousiasme du ministère pour sa réforme des rythmes scolaires puisqu’il confirme qu’elle n’a justement aucun impact sur la réussite des élèves. Il pointe également les problématiques liées à la disparité des diverses dispositions dérogatoires de la réforme qui déséquilibrent davantage les rythmes d’apprentissage et la répartition des domaines d’apprentissages sur l’ensemble de la semaine.
Pourtant ont été promulgués les textes qui entérinent définitivement dans la loi ces dispositions dérogatoires du décret Hamon sur les rythmes scolaires, passés il y a quelques mois au CSE sans même la présentation d’un bilan de ces expérimentations.

Territorialisation de l’école et désengagement de l’état

Cette réforme reste de toute évidence pour nous le cheval de Troie de la territorialisation de l’école.
Elle désengage l’Etat et charge les communes d’attributions supplémentaires, ce qui aggrave les inégalités et soumet le fonctionnement et l’organisation des écoles aux impératifs politiques locaux en empiétant notamment sur les choix pédagogiques des enseignant-e-s.

Ecoles rurales en danger

C’est cette même logique qui est à l’oeuvre avec les propositions du rapport du sénateur Duran pour les écoles rurales dont les douze recommandations ont de quoi nous inquiéter quant au devenir des écoles rurales dont la liquidation semble voulue.
Une fois de plus, sous prétexte de garantir l’accès aux services publics et en préserver, voire en améliorer la qualité, on mutualise les moyens pour supprimer des postes et on introduit un échelon de gestion qui n’est autre qu’un renforcement de la hiérarchie et du contrôle au service de la baisse des moyens, pourtant déjà largement insuffisants.

Loin de renforcer « l’attractivité » des territoires ruraux, ces propositions d’aménagement vont dans le sens d’une concentration qui va accroître la désertification du monde rural et engager des économies de postes d’enseignant-es sur le dos des villages ruraux.

De nombreux personnels en lutte

Enfin pour finir nous souhaitons rappeler qu’en cette fin d’année scolaire de nombreuses catégories de personnels sont encore en lutte.

AED contre la précarité

Depuis la mi-mai, des Assistant-e-s d’Education de différentes académies sont mobilisés pour dénoncer la précarité qu’ils subissent et conquérir de nouveaux droits.
Nous soutenons ces personnels. Lutter contre la précarité, c’est défendre les droits de tous les personnels, dans un contexte où le développement de la précarité menace les droits de toutes et tous, y compris les garanties statutaires des titulaires.

Les enseignant-es des EREA mobilisé-es

Les enseignant-es des EREA sont mobilisé-e-s depuis plusieurs mois dans leurs académies. Ils/elles protestent contre les suppressions de postes de professeur-e-s des écoles éducateurs-trices remplacé-es par des assistant-e-s d’éducation, et demandent le versement de l’ISAE au même titre que l’ensemble des professeur-e-s des écoles.
Cette mesure préfigure parmi d’autres, la disparition de l’enseignement spécialisé au profit de constitution de pôles ressources qui n’ont pour d’autre but que de faire des économies de postes sur les dos des élèves les plus fragiles et les plus en difficulté.

Et ce n’est pas le nouveau statut pour les psychologues qui va arranger les choses puisqu’il va augmenter leurs missions au détriment des prises en charge par les RASED dans le premier degré et au détriment des missions essentielles d’accueil et d’accompagnement, des COPSY dans le 2nd degré.

Les profs de philo dans la rue

Aujourd’hui un collectif de professeur-es de Philosophie d’Ile-de-France a appelé à un rassemblement à 13h30 devant le ministère.
Ils et elles revendiquent l’amélioration de leurs conditions d’exercice et de correction du Bac qui se sont singulièrement dégradées cette année.
A l’issue de leur rassemblement, ils et elles demandent à être reçus. Nous soutenons cette demande.

Sortie des lycées de l’éducation prioritaire

Enfin les personnels des lycées prioritaires, rassemblés devant le ministère le 18 mai, revendiquent leur maintien dans l’éducation prioritaire avec les mesures et les moyens qui y sont attachés.
A l’heure où le système scolaire reste socialement très inégalitaire, ce choix, qui n’est même pas assumé publiquement, d’écarter les lycées du dispositif est scandaleux.
De plus, il s’accompagne de la baisse des moyens dans de nombreuses écoles et collèges qui en font pourtant partie.

C’est pourquoi, à l’heure où la refondation de l’école débouche sur de nouvelles dégradations des conditions de travail des personnels, nous appelons l’ensemble des personnels à poursuivre leur mobilisation à la rentrée.

Contre la loi travail et son monde, notre détermination reste intacte et nous poursuivrons dans les entreprises et les services, dans la rue, la grève, l’action, la nuit, le jour, jusqu’à satisfaction : jusqu’à son retrait !

Documents joints

CSE du 30 juin 2016
CSE du 30 juin 2016

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