Déclaration de la fédération SUD Education au CSE du 9 juin 2011.

mardi 21 juin 2011

Annonces et provocations tout azimut !

Campagne de recrutement, recours à Pôle Emploi, entêtement sur la mastérisation, évaluation des enseignants, suppression de l’éducation prioritaire, ballons d’essai sur l’Education prioritaire et les rythmes scolaires, le « grand communicateur » de la rue de Grenelle peut-il encore faire illusion ?

Face à la crise du recrutement qu’il a largement crée le ministre de l’Éducation nationale a lancé une campagne médiatique pour 1,3 millions d’euros. Objectif : faire croire à l’opinion publique qu’il recruterait 17 000 nouveaux personnels , alors qu’il ne remplace toujours qu’un départ à la retraite sur deux et supprime 16 000 postes d’enseignants, de CPE, de surveillants et d’agents à la rentrée 2011.

Face à la mobilisation des parents et des enseignants contre les carences du remplacement, il vient de relancer le recrutement de personnels précaires via Pôle Emploi. Cette initiative intervient à peine sèche, l’encre du dernier protocole sur la résorption de la précarité dans la Fonction Publique. Cela confirme l’analyse de Solidaires qui a refusé de le signer.

Sur le fond, les causes de cette crise du recrutement sont à rechercher dans la politique même du ministère : suppression de plus de 52000 postes depuis 5 ans, réduction des postes aux concours, dénaturation des postes de remplaçants et récemment reforme de la formation des maîtres. Au final le recours croissant à l’emploi précaire au détriment des fonctionnaires est un élément de la privatisation de la gestion de l’Education.

Dans l’immédiat, pour désamorcer les nombreuses mobilisations locales, le ministre a annoncé, période pré-électorale oblige, qu’il était prêt à fermer moins de classes que prévu dans le 1er degré…tout en restant fidèle au dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Comment va-t-il s’y prendre : en réduisant encore plus les postes de RASED, de conseillers pédagogiques, en recrutant des contractuels ou en exigeant encore plus de suppressions dans le second degré ? Aucune des solutions ne peut nous satisfaire !

Face aux conséquences désastreuse de la mastérisation du recrutement, les Ministères de l’Education et du Supérieur. ont annoncé le 23 mai, la mise en place de masters en alternance pour préparer les concours dans huit académies. Les étudiants concernés, dès le M1, auront des CDD d’enseignement de 3 à 6 h par semaine ou seront assistants pédagogiques à mi-temps, parallèlement à leur formation universitaire, soit au mieux 600 € de salaire par mois... Comment dans ces conditions assurer sérieusement la préparation d’un diplôme, la préparation d’un concours et un travail dans l’enseignement ? De plus cela ne règle pas la question du financement d’études rallongées d’un an pour les étudiants des milieux populaires ; mais le but de constituer un vivier de personnels précaires employables en cas d’échec au concours sera lui atteint.

C’est peut être la clé qui permet de comprendre la circulaire stagiaires 2011. Alors que vous connaissez la chute du nombre d’inscrits en M2 et la désaffection croissante des étudiants pour les métiers de l’enseignement, l’année de stage critiquée par tous n’est pas réellement modifiée. Les stagiaires 2011 seront toujours affectés à temps plein, sans véritable formation ni cadrage national.

Nous apprenons par les médias que vous auriez présenté le 6 juin, aux organisations syndicales une étude sur l’évaluation des enseignants. Qu’en est il, et si oui comment expliquer que nous n’ayons pas été convié ? Si il s’agit de remettre en cause l’avancement par échelon, d’atomiser les rémunérations tout en en réduisant le volume global et en accroissant le contrôle normatif sur les personnels nous disons tout de suite non.

De la même façon, l’annonce de la fin des RAR dès la rentrée prochaine par basculement de la plupart d’entre eux dans le programme ECLAIR, a été dévoilé le 7 juin par l’Observatoire des Zones Prioritaires, avant d’être confirmé hier par le ministère ! Comptiez vous l’annoncer en septembre ? Cela signifie sans aucune concertation, l’abandon définitif de l’idée d’éducation prioritaire que le dispositif sécuritaire ECLAIR que nous contestons avec une large intersyndicale, ne remplace en aucun cas. Pouvez vous vous au moins vous engager sur le maintien des quelques moyens attribués aux RAR mais aussi aux établissements ZEP ?

Nous laisserons pour un des prochains CSE, la question des rythmes scolaires puisque le comité de pilotage sur cette question doit rendre son rapport fin juin. Permettez cependant qu’on s’interroge sur la méthode du ballon d’essai ….qui consiste à annoncer entre autre la suppression de 2 semaines de vacances scolaires pour le démentir le lendemain. Si la question des rythmes et des conditions de vie à l’école des élèves est légitime, celle des conditions de travail des enseignants et personnels l’est aussi et nous n’accepterons aucune dégradation ni pour les uns ni pour les autres.

Enfin ce CSE va examiner de nombreux textes de programmes de terminales consécutifs à la réforme du lycée. En termes d’horaires ou de contenus, nous reviendrons plus particulièrement sur le sort qui est fait aux sciences sociales : histoire, géographie et SES. Plus globalement nous ne pourrons voter positivement sur nombre de ces programmes. Leur volume horaire, conséquence de la réforme ou leur caractère trop ou trop peu ambitieux, selon les cas auront en commun de moins bien préparer les lycéens à l’enseignement supérieur et d’inciter ce dernier à plus de sélection.

Ainsi pour nous par bien des aspects, le « nouveau lycée » risque d’être encore plus sélectif que l’ancien.

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