Déclaration liminaire de la Fédération SUD Éducation

au Comité Technique Ministériel du 4 janvier 2012
jeudi 5 janvier 2012
mis à jour vendredi 6 janvier 2012

 
La fédération des syndicats Sud Éducation s’insurge contre cette politique de suppressions d’emplois alors même que les besoins sont pérennes, que le nombre d’élèves augmente, et ce malgré la baisse voulue et obtenue des redoublements, malgré l’augmentation voulue et obtenue du nombre de sorties des élèves de l’Éducation nationale après la 3e , et bien que les tâches se complexifient.
 

Cette politique désastreuse de réductions d’emplois est le terreau d’une situation toujours plus dégradée et qui devient explosive dès lors que dans les mêmes temps le ministre parle d’économiser des emplois et d’améliorer le service rendu à toutes et tous.

La paupérisation du service, la paupérisation de ses personnels accompagnent la paupérisation du public accueilli. Ce n’est pas que toutes et tous nous devons faire des efforts, c’est que toujours plus d’argent va vers les profits et toujours moins va dans les services publics.

Vos services Monsieur le secrétaire général parlent de « leviers » d’économies quand il s’agit de diminuer les moyens d’accueillir, d’éduquer, d’instruire les enfants. Tous les enfants à l’origine. Un service gratuit, laïque, en un mot « public » que vous démantelez.

Mettre plus d’élèves par classe, sacrifier les emplois de remplaçants, la scolarisation à 2 ans, l’aide scolaire spécialisée c’est-à-dire formée, diminuer l’offre spécifique : c’est dégrader l’école. Ce n’est pas « optimiser » des moyens.

Dans les mêmes temps, on dit aux personnels : impliquez-vous, faites progresser le climat de votre établissement, identifiez vos failles, soyez évalués par vos chefs incompétents en la matière, souriez si vous voulez l’échelon supérieur, accessoirement plus vite que le, la collègue. Ravalez toute réflexion critique, devenez médiocre tout en disant le contraire.

La souffrance des personnels de l’Éducation Nationale progresse au fur et à mesure de vos réformes, lois, décrets et arrêtés qui mettent en œuvre la RGPP, lois de finances et autres mensonges d’État sur la richesse de ce pays. La souffrance des élèves croît avec la violence sociale que l’école contribue à organiser.

La première d’adaptation qui cautionnait les effets d’annonce sur le renforcement des passerelles entre les voies du lycée favorisant la diversité, « l’égalité des chances » pour reprendre le verbiage politique de ce ministère est une espèce en voie de disparition comme le montre vos documents ; notablement pour les garçons que l’on destine à d’autres opportunités plus professionnalisantes. Cela montre bien l’hypocrisie du discours.

Ce gouvernement depuis plusieurs mois en appelle à un développement important de l’apprentissage. Malgré les aides importantes promises aux employeurs, les difficultés sont là : comment trouver un employeur pour tous ces jeunes, quand le contexte économique ne s’y prête pas ; quand il favorise la discrimination sexuelle, sociale, géographique, raciste. La généralisation de l’apprentissage au niveau V et IV ne répond ni à tous les besoins réels, ni à l’élévation du niveau de qualification pour le plus grand nombre des jeunes.


À SUD Éducation, nous sommes opposés au transfert des compétences de l’État en matière de diplômes nationaux, de programmes, de recrutement des personnels de l’enseignement professionnel public vers les régions. Nous dénonçons la casse de l’enseignement professionnel sous statut scolaire qui seul garantit l’accès à la formation pour toutes et tous.

Documents joints

Déclaration liminaire de SUD Éducation au CTM (...)
Déclaration liminaire de SUD Éducation au CTM (...)

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