Déclaration liminaire de la fédération SUD Éducation à l’occasion de l’ouverture de la FPMN du lundi 5 mars 2012

mardi 6 mars 2012

La fédération SUD Éducation tient tout d’abord à dénoncer la situation catastrophique dans laquelle s’enfonce un peu plus chaque année le service public et laïc d’éducation : suppression de dizaines de milliers de postes d’enseignants, de CPE, de conseillers d’orientation, etc..., dégradation des conditions de travail, alourdissement et multiplications constantes des tâches, réformes essentiellement axées sur une volonté de casse des statuts, recrudescence des contrats précaires, pressions hiérarchiques toujours plus insupportables, précarisation croissante des personnels, notamment des collègues stagiaires et des TZR. Les collègues sont aujourd’hui sujets, dans leur ensemble, à une souffrance au travail de plus en plus réelle et insupportable.

Les personnels sont désormais maltraités durant toute leur vie professionnelle : d’une difficile entrée dans le métier, sans formation ( entraînant de plus en plus de démissions), à une retraite retardée, en passant par un droit à mutation entravé et sans cesse remis en question.

La fédération SUD Éducation défend l’idée et le principe d’un droit à la mobilité choisie et volontaire pour tous les personnels, dans le cadre d’un mouvement national aux règles transparentes et identiques pour toutes et tous. La situation actuelle va dans la direction bien contraire, année après année. Il est aujourd’hui de plus en plus difficile d’obtenir une mutation au mouvement inter, même dans le cadre de situations familiales humainement catastrophiques. Le constat est par ailleurs identique au niveau du mouvement intra que ce soit pour obtenir un poste fixe ou de bonnes conditions de travail.

Les raisons de cette remise en question du droit à muter et à exercer son métier dans de bonnes conditions sont multiples :

suppressions massives de dizaines de milliers de postes d’enseignants titulaires dans l’enseignement public depuis 2007.

postes bloqués pour les enseignants stagiaires à temps complet

développement grandissant et inquiétant des postes profilés, accentué par la poursuite et la généralisation du dispositif ECLAIR . Pourtant, comme on pouvait le prévoir, la mise en place du recrutement par le chef d’établissement, dans le cadre de ce dispositif, s’est soldée par un échec cette année. Sur l’ensemble du territoire, sur les 911 postes « Éclair » vacants dans le secondaire en septembre 2011, seuls 65% ont été pourvus par des enseignants volontaires, hors cadre du mouvement, les autres postes étant attribués à l’année à des enseignants TZR affectés d’office dans le dispositif ou à des personnels contractuels. Pour citer Mme la directrice de la DGRH, ce dispositif a eu tellement peu de succès, que, nous citons, « on aurait aimé avoir un peu plus » ; si bien qu’en 2012, « on va traiter tout le dispositif Éclair de manière inter-académique, non intra-académique, et on espère avoir ainsi un peu plus de candidats » (cf : Entretien avec l’AFP, fin 2011).

Le ministère avait vendu au grand public la mise en place d’un système qui permettrait aux chefs d’établissement de recruter dans les établissements dits « sensibles » des personnels expérimentés et motivés. Dans les faits, ce dispositif n’a fait que remplacer des titulaires par des personnels souvent « non-formés » ou des précaires. Face à cet échec, le bons sens aurait été de reculer. Mais dans une logique qui tient à la fois du stalinisme ou du dogme néo-libéral, le ministre s’entête : si cela ne marche pas, c’est que la réforme n’est pas encore allée assez loin !

Au final, au nom d’une flexibilité totale, ce mouvement remet tout simplement en cause le fonctionnement démocratique du droit à mobilité des personnels. Ces postes « fichés et bloqués » deviennent quasiment aujourd’hui la seule possibilité pour nos collègues de pouvoir espérer obtenir une mutation. Ce dispositif ne faisant qu’augmenter en parallèle les barèmes d’entrée dans les académies.
Le dispositif Éclair vise en fait essentiellement à renforcer le pouvoir des chefs d’établissements, en leur donnant les clés du recrutement, et le pouvoir de briser toute résistance collective dans le même esprit que la réforme de l’évaluation.

Pour terminer, nous dénonçons à nouveau la communication par le ministère, d’un projet de mutations, en amont des CAPN et FPMN, au mépris des représentants des personnels, des instances paritaires, et surtout des collègues ayant demandé une mutation : prévenus d’un projet encore incertain, dans quel état d’esprit pensez-vous que ces collègues soient aujourd’hui, en attendant la communication finale des résultats ? Des projets de vie sont en jeu, bien loin des considérations politiques qui ont entraîné la mise en place de cette communication de « non-résultats ».

Préparant le mouvement de mutations inter-académique 2012, la fédération SUD Éducation constate une nouvelle fois le mépris absolu avec lequel le ministère traite l’ensemble des personnels.


Les élus SUD Éducation

Documents joints

Déclaration liminaire de la fédération SUD (...)
Déclaration liminaire de la fédération SUD (...)