Défendre les retraites et l’école publique : battons-nous !

Edito du n°54 du journal des syndicats et de la fédération SUD éducation, septembre 2013
dimanche 8 septembre 2013

L’an dernier, nous nous demandions quand le changement arriverait. En cette rentrée 2013, force est de constater que ce changement n’est plus d’actualité mais que le gouvernement emboîte le pas de toutes les politiques libérales et d’austérité en Europe. Pire, en matière d’accueil des étrangers, le ministre Valls, jamais démenti, s’inscrit chaque jour davantage dans une logique d’expulsion et d’Europe forteresse. Cette rentrée ne montre donc aucune rupture avec la logique des gouvernements précédents.

Aucune rupture avec la logique des gouvernements précédents

Après Balladur en 1993, Raffarin en 2003 et Fillon en 2010, c’est aujourd’hui Ayrault qui se propose d’inscrire son nom au tableau d’honneur de la régression sociale, alors que les socialistes avaient manifesté contre la réforme en 2010. Le 10 septembre 2013, dans tous les secteurs professionnels, des milliers de salariés ont rejoint la première grève nationale interprofessionnelle organisée contre ce gouvernement. Les responsables de la CFDT et de l’UNSA n’ont pas jugé bon d’appeler à la grève et l’ont même dénoncée... certainement au nom de l’indépendance syndicale. Pour faire céder le gouvernement et le MEDEF, il est indispensable que la mobilisation se renforce. Avec les syndicats de l’Union SOLIDAIRES, nous affirmons qu’il est possible et indispensable de revenir sur les précédentes réformes pour imposer la retraite après 37,5 annuités de cotisation, une retraite à 60 ans à 75% du plus haut salaire. Pour cela, il faut en finir avec toutes les décotes qui amputent les retraites et préparent la paupérisation d’une partie croissante de la population.

RETRAITE À 60 ANS
37,5 ANNUITÉS DE COTISATION
75% DU PLUS HAUT SALAIRE

Améliorer les retraites c’est aussi améliorer la situation de l’emploi. Sur ce plan, les créations de postes stoppent l’hémorragie dans l’éducation nationale mais restent notoirement insuffisantes et se font, de plus, au détriment des autres secteurs de la fonction publique. Le dispositif «  plus de maître que de classes » par exemple, bénéficie d’une attribution au compte-gouttes et se traduit dans les départements les moins peuplés par cinq postes en tout et pour tout (à partager avec le dispositif pour les moins de trois ans  !). Pour les collèges et les lycées  : 3770 postes supplémentaires sont à répartir entre plus de 11 000 établissements  !

La seule réforme très visible du ministre Peillon sera donc pour cette rentrée celle des rythmes scolaires : une réforme qui dégrade les conditions de travail des personnels sans améliorer les conditions d’enseignement des élèves. Cette mesure que Sud éducation a dénoncée dans toutes les instances ministérielles renforce les inégalités entre les territoires et soumet les écoles aux aléas des politiques locales. Il y avait vraiment mieux à faire.

La réforme des rythmes scolaires renforce les inégalités entre les territoires et soumet les écoles aux aléas des politiques locales.

Dans le secondaire, la réforme du collège annoncée laisse craindre le retour à une différenciation qui réintroduira des hiérarchisations entre options et parcours qui favorisent la reproduction des inégalités sociales et culturelles. Les réformes du gouvernement précédent, rejetées par l’ensemble de la communauté éducative ne sont pas abrogées. Les conditions de travail continuent de se dégrader et la précarisation des personnels se trouve renforcée, comme est confirmée la réforme des lycées professionnels à laquelle vient s’ajouter la régionalisation de la carte des formations.

Au rayon des craintes pour l’avenir, le ministre nous annonce pour l’automne l’ouverture de discussions en vue de refondre les statuts des enseignant-es. La Cour des comptes lui a fourni toute une série de recommandations en la matière, (annualisation, hiérarchie partout, mobilité forcée, poste à profil pour tout le monde, affectation à la tête du client, salaires au mérite...) dont le ministre ne s’est en rien démarqué. Les projets ministériels prévoient en effet au collège une tripartition du temps des élèves qui pourrait être l’occasion de revoir à la hausse les maxima de service. De même dans le primaire, les obligations de service hebdomadaire des PE seraient désormais définies à 24 heures « en moyenne », ce qui introduirait la flexibilisation de leur temps de travail, soumis à l’arbitraire des DASEN.

Restons vigilants ! En 2013, l’heure est nécessairement au renforcement du syndicalisme de lutte : rejoignez Sud éducation  !

Ensemble construisons nos revendications : pour nos retraites comme pour l’éducation, en 2013, le véritable changement dépend de nos mobilisations !


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N°54 du journal des syndicats et de la fédération SUD éducation, septembre 2013