Demain l’autogestion ?

23-24 juin 2012 : Foire à l’autogestion de Montreuil
vendredi 1er juin 2012

Les samedi 23 et dimanche 24 juin prochain se déroulera sur le site de la Parole errante à Montreuil (93) la première Foire à l’autogestion. Appelée par des coopératives, des organisations syndicales — dont la Fédération Sud éducation —, des associations et des structures politiques, cette initiative vise à mettre en avant l’alternative que peut aujourd’hui représenter l’autogestion.

Nous ne sommes rien, soyons tout

Pourquoi parler d’autogestion aujourd’hui ? Sans doute parce que face à la crise économique et aux mesures d’austérité, face à l’incapacité des pouvoirs publics, cette idée peut retrouver sa place dans l’imaginaire de celles et ceux qui luttent. Ce n’est sans doute pas un hasard si on a vu l’idée autogestionnaire imprégner les luttes des Philips à Dreux ou des Fralib de Géménos.

C’est bien le sens de cet appel à une Foire à l’autogestion : « décider collectivement des affaires communes, sans déléguer à des dirigeants, aussi bien sur le plan économique que politique. Reprendre en main la production, c’est aussi pouvoir transformer ses modalités et ses finalités. Ancrée dans des pratiques concrètes, portée comme un projet global, l’autogestion est ainsi une réponse possible à la faillite du système capitaliste et étatiste. » (l’intégralité de l’appel, la liste complète des signataires sont consultables en ligne sur le site Internet de la Foire à l’autogestion).

Qu’un évènement se tienne sur l’autogestion dans la période est donc en soi une très bonne chose. Et on peut espérer des débats fructueux entre travailleurs et travailleuses « sans patrons » dans le cadre de SCOP et militants syndicaux.

On peut aussi se féliciter que puisse se matérialiser ainsi la capacité autonome du mouvement social à se doter d’un projet de transformation de la société. Car notre syndicalisme, qui se veut farouchement indépendant des gouvernements comme des partis, y trouve sa raison d’être.

L’autogestion côté SUD

Et pour les syndicats SUD/Solidaires cette idée d’autogestion n’est pas une découverte tant elle fait partie en quelque sorte de notre « patrimoine ».

Souvenons-nous en effet un instant de la CFDT de l’après 1968, bien différente de celle d’aujourd’hui, qui se réclamait de la lutte des classes et du « socialisme autogestionnaire ». Une CFDT au sein de laquelle on retrouvait en 1973 les syndicalistes de LIP qui, en lutte contre la fermeture de leur usine, remirent en route la production de montres à leur compte :»on fabrique, on vend, on se paye », décrétaient-ils alors.

C’est cette « autre CFDT » que faisaient vivre au tournant des années 1980 de nombreuses équipes syndicales qui refusaient le « recentrage » de leur Confédération, synonyme de syndicalisme d’accompagnement et de renoncement. Ces équipes syndicales, en butte à la répression, allaient fonder le premier syndicat SUD, aux PTT, puis, après la grève de 1995 et le ralliement de la direction confédérale CFDT au plan Juppé, les syndicats SUD dans le Rail et l’Éducation notamment.

« Vivons demain dans nos luttes d’aujourd’hui » proclamait la CFDT de 1970. Ce slogan, les syndicats SUD continuent de le faire vivre aujourd’hui en étant de farouches défenseurs de l’auto-organisation des luttes par les salarié-es eux/elles-mêmes.

Et ce n’est, là encore, pas un hasard si la mention du « socialisme autogestionnaire » figure dans les statuts de nombreux syndicats SUD. Reste que l’idée d’autogestion gagnerait peut-être à ne pas se cantonner au statut de « référence imposée » pour imprégner plus encore notre travail revendicatif et nos orientations stratégiques…

Vaste chantier que la Foire à l’autogestion de Montreuil peut contribuer à défricher.

Sud éducation Loiret