Des profs et des parents de Seine-Saint-Denis se font molester en interpellant publiquement Vincent Peillon sur sa politique de démantèlement des ZEP

Communiqué des parents et des enseignants des collèges de Saint-Denis – Jeudi 20 mars
vendredi 21 mars 2014

Le 20 mars, une dizaine de parents et de professeur-es de Saint-Denis (93) ont interpellé le ministre de l’éducation venu soutenir en meeting électoral le candidat PS local. Après avoir respecté les prises de parole des colistiers et du candidat qui présentaient les enjeux locaux, les parents et professeurs ont interpellé Vincent Peillon au début de son discours en scandant : « Moyens diminués, élèves sacrifiés » et en brandissant des banderoles roses marquées « Peillon, voleur, rends-nous nos heures » ou « la trahison, c’est maintenant ». Évacués par les services de sécurité, les professeurs et parents ont été molestés par certain-es militant-es socialistes. Des coups ont été donnés, un enseignant a été traîné à terre, son coude blessé, un pompier a dû intervenir, un autre a été traîné contre une grille, le visage pressé, une banderole arrachée.

Des profs et des parents de Seine-Saint-Denis se font molester en interpellant publiquement Vincent Peillon sur sa politique de démantèlement des ZEP

Cette politique sacrifie les enfants de Seine-Saint-Denis et le ministre refuse tout dialogue

Communiqué des parents et des enseignants des collèges de Saint-Denis – Jeudi 20 mars

La « réforme de l’éducation prioritaire » annoncée en janvier par le gouvernement est dans la continuité des politiques de l’UMP. Elle se solde par une diminution drastique des moyens dans la majorité des établissements ZEP du 93. Les quelques établissements à qui l’on annonce des moyens stables ont un besoin vital de moyens supplémentaires pour compenser les pertes constantes des dernières années. Et la petite minorité de REP+ n’a de moyens supplémentaires que ceux pris aux autres collèges [1].

L’État consacre 50 % de financement de moins pour un élève du 93 que pour un élève de Paris (référé de la Cour des comptes, juillet 2012). Les 400 millions d’euros annoncés à grand renfort d’interventions médiatiques ne représentent qu’1 % du budget de l’Éducation nationale, alors que l’éducation prioritaire concerne 20 % des élèves. Les représentants de l’État nous disent que les études de nos élèves coûtent encore trop cher et nous privent de ces moyens ! La majorité nous a promis « le changement, maintenant ». En matière d’éducation prioritaire, il n’y a aucun changement : pire, la politique de l’UMP a été prolongée, assumée et aggravée depuis deux ans. Le mensonge de l’actuelle législature est patent.

Depuis plus d’un mois, nous nous mobilisons, à Saint-Denis [2] et ailleurs, pour réclamer un réel plan d’urgence pour les ZEP, un rattrapage des moyens perdus depuis plus de dix ans, le respect des seuils d’élèves par classe, et leur diminution, bref pour obtenir les moyens indispensables pour compenser les inégalités de territoire et les inégalités scolaires. Vincent Peillon a refusé d’honorer les demandes de rendez-vous, nous a ignorés et se déconnecte volontairement des réalités de terrain des quartiers populaires.

Ce jeudi, soucieux de faire gagner quelques voix au candidat PS de la ville, Vincent Peillon s’est rappelé que le 93 existe et s’est rendu à un meeting électoral à Epinay-sur-Seine. Notre intervention ne visait qu’à le mettre face à ses responsabilités et démentir ses mensonges : non, il ne réforme pas les ZEP, il les détruit.

Plutôt que de se déplacer dans le 93 pour de seuls motifs électoraux, le ministre de l’Éducation nationale devrait s’y rendre pour évaluer les dégâts que sa politique va engendrer et les moyens qu’il devrait réellement engager pour l’avenir de nos élèves et de nos enfants. En lieu et place du dialogue que nous demandons depuis des semaines, Peillon n’oppose que répression, mépris et violence.

En l’état actuel, la rentrée de septembre 2014 n’est même pas envisageable. Cela engage le ministre et la trace qu’il laissera dans l’histoire. Mais cela engage aussi et surtout l’avenir de centaines de milliers d’enfants.

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Des infos également sur le site de l’Union locale Solidaires Saint-Denis


[2Lire le compte-rendu de la mobilisation à Saint-Denis la semaine dernière dans le journal local