Edito

vendredi 11 novembre 2016

Les recours successifs au 49-3 et la publication de la loi Travail, en août, n’ont en rien entamé notre détermination à la combattre. Pour tout-es celles et ceux qui pendant des mois sont descendu-es dans les rues, ont occupé des places, organisé des blocages et des actions, le combat n’est pas terminé. Dans toutes les entreprises et dans tous les services, nous continuons à nous mobiliser contre l’application d’une loi qui attaque le droit du travail pour l’adapter aux entreprises.

Depuis 2015, nous n’avons toujours pas digéré le passage en force du Parcours professionnel carrières et rémunérations (PPCR) dans la Fonction publique. Le gouvernement n’a pas hésité à bafouer la loi (article 1 de la loi du 5 juillet 2010 sur le dialogue social dans la Fonction publique), et à piétiner la démocratie sociale. Il a imposé, sans le modifier, le protocole PPCR, rejeté par les trois syndicats (Solidaires, la CGT et FO), représentatifs de la majorité du personnel de la Fonction publique. Nous restons totalement opposé-es à cette politique libérale d’austérité qui sacrifie les services publics et leurs agents, en imposant 54 milliards d’économies d’ici 2017 (voir « Sud » n° 64, nov-déc 2015, page 16) .

Dans l’Éducation nationale, après la carotte voici le bâton ! Les annonces électoralistes sur les carrières et les rémunérations, lâchées à la fin de la précédente année scolaire, n’ont trompé personne. Elles ne bénéficieront pas à tout le monde ! L’autre volet du dispositif ne s’est guère fait attendre ! Une réforme en profondeur de l’évaluation, des enseignant-es du premier et second degré et des personnels d’éducation et d’orientation, les livre à l’arbitraire de la gestion managériale. Selon un modèle initié dans les entreprises et étendu à toute la Fonction publique, il s’agit d’impliquer le-la salarié-e dans sa propre évaluation et la définition de ses objectifs professionnels. Désormais, de nouvelles compétences comportementales ou relationnelles, comme « la coopération », « la contribution à l’action de la communauté » ou le fait d’agir « en éducateur responsable et selon des principes éthiques », seront laissées à l’appréciation du ou des seul-es supérieur-es hiérarchiques direct-es. Un tel dispositif ne pourra qu’accroître davantage la soumission devant la hiérarchie. L’évolution des carrières « au mérite » se trouve ainsi renforcée avec l’individualisation des parcours et la mise en concurrence des personnels. Les risques psycho-sociaux liés à ce type de management vont se multiplier.

À Sud éducation, nous nous opposons à cette réforme managériale de l’évaluation. Contre les divisions et la mise en concurrence, nous revendiquons une évaluation purement formative, complètement déconnectée de la progression des carrières et des rémunérations. Sud éducation propose une évaluation qui favorise la coopération et le travail en équipe. Pourquoi, pour tout-es les enseignant-es, ne pas instaurer, entre collègues, des visites, les un-es dans les classes des autres, suivies d’échanges de pratiques permettant de discuter de ce qui fonctionne bien ou moins bien, et de chercher entre nous des réponses ?

Après la réforme des rythmes scolaires et la réforme du collège, le ministère continue sa destruction de l’Éducation prioritaire. À la rentrée, tous les lycées seront sortis du dispositif et tous les moyens réduits sans baisse d’effectifs. Des établissements de plus en plus nombreux sont déjà en lutte dans plusieurs académies. Sans attendre leur DHG, tous les établissements doivent se mobiliser et les rejoindre pour une vraie éducation prioritaire et contre les inégalités scolaires.
Loin de la promesse de créer 60 000 postes, il n’y aura eu que 35 200 postes vraiment créés depuis 2012, tout compris (1er et 2nd degrés, enseignement agricole, supérieur, public et privé et non enseignant-es). Un nombre insuffisant qui ne comble pas la purge antérieure de 80 000 postes et ne permet pas de baisser le nombre d’élèves par classe. Revendiquons partout des créations de classes pour faire baisser les effectifs et les recrutements des personnels nécessaires – à commencer par le réemploi et la titularisation sans condition des précaires.

Nous ne devons pas nous résigner mais rejoindre tout-es celles et ceux qui luttent contre cette société néolibérale que le capitalisme mondialisé voudrait voir réaliser.