Édito

jeudi 12 janvier 2017

L’année 2016 restera marquée par la mobilisation contre « la loi Travail et son monde ». Dans les entreprises et les services, des milliers de salarié-es n’ont pas hésité à cumuler plusieurs jours de grève. Dans la rue, une grande partie des travailleurs-travailleuses et des retraité-es ont multiplié les défilés. Des jeunes et des personnes privé-es d’emploi les ont rejoints. Dans tout le pays, ils et elles ont répété les manifestations et les actions contre cette régression sociale, sans précédent dans l’histoire. Sur nos places, la contestation a revêtu une forme originale avec l’expérience démocratique des « Nuits debout ». Ce mouvement d’une ampleur inédite, est parvenu, pendant plus de quatre mois à maintenir la pression -ce qui fera date dans l’histoire.
Cependant, la reconduction de l’état d’urgence a permis au gouvernement d’utiliser tout un arsenal pour interdire les manifestations ou réprimer les opposant-es. Les manifestant-es se sont heurté-es à un dispositif de maintien de l’ordre démesuré ainsi qu’à des techniques provocatrices. Le mouvement social a été criminalisé. Les média n’ont eu de cesse de dénigrer les contestataires, assimilant même les manifestant-es à des casseur-ses. À tout cela, s’est ajouté le passage en force de la loi et le recours répété au 49-3, muselant tout débat démocratique.
En 2017, reprenons nos luttes en main ! Un mouvement social ne réussit que s’il ouvre une perspective inter-professionnelle. Les grèves d’un jour, les manifestations ne suffisent pas à faire reculer des gouvernements incapables de mettre en œuvre le dialogue social. Ils ne redoutent que le blocage de l’économie. C’est ce rapport de force qu’il faut parvenir à instaurer.
Or, la Fonction publique s’est crue à l’abri de la loi Travail car protégée par son statut. Mais dès janvier 2017, se met en place le Compte personnel d’activité (CPA), énorme fichier qui individualise complètement les droits de chacun-e, quelque soit son statut ou son activité. La Fonction publique ne sera pas épargnée.
Elle est la cible de la surenchère électoraliste des candidats de droite qui promettent de la saigner à blanc. L’extrême droite, qui a toujours détesté les fonctionnaires, prend, aujourd’hui, la défense du « service public », mais c’est pour mieux le soumettre à son idéologie de la préférence nationale. Par une véritable perversion sémantique, il s’agirait de couper la notion de service public de toute la tradition républicaine de l’égalité des droits.
L’éducation nationale est en première ligne. Victime des réformes qui promettaient de la refonder, mais à moyens constants, et espéraient régler les difficultés en les individualisant, l’école confronte les enseignant-es, comme les élèves, à des conditions de travail, de plus en plus souvent, insupportables, dans des classes surchargées. Elle agit plus que jamais comme un puissant accélérateur d’inégalités.
L’éducation prioritaire, asphyxiée par les réformes, ne peut plus exercer ses missions. En 2017, les lycées devraient sortir du dispositif, sans contrepartie. Chaque jour, le nombre d’établissements mobilisés ne cesse de s’étendre et le mouvement prend une dimension nationale.
Amplifions la mobilisation pour une école démocratique et polytechnique favorisant le développement de l’esprit critique, l’épanouissement de toutes et tous.
Faisons, dès maintenant, entendre notre voix contre le projet d’évaluation des enseignant-es. La gestion managériale des « ressources humaines » qu’on voudrait nous appliquer a déjà fait suffisamment de dégâts dans le secteur privé !
Ne laissons pas advenir le pire ! Rejoignez Sud éducation pour amplifier la mobilisation !