Édito

mardi 21 mars 2017

Depuis plusieurs semaines, le ministère multiplie les annonces mensongères concernant la rentrée 2017. Un syndicat porteur d’un projet d’émancipation et de transformation sociale doit donner à tout-es, personnels comme parents, les moyens d’exercer leur esprit critique en confrontant ces discours à la réalité des faits. Interpellée par les média, lors de la mobilisation pour l’Éducation prioritaire, la ministre a annoncé la création de 450 postes supplémentaires, à la rentrée 2017, pour les lycées défavorisés. En fait, il ne s’agit nullement de moyens nouveaux ! Tous ces postes étaient déjà prévus dans le budget du ministère. Fausses annonces, également, les 7 mesures ministérielles pour « améliorer l’efficacité du remplacement » ! Le ministère assure, là aussi, avoir mis des moyens supplémentaires pour renforcer le remplacement. Il aurait créé 3 522 postes, de 2013 à 2017, contrairement à la précédente mandature qui avait supprimé 1 576 postes. Or, cela ne fait effectivement que 1 946 nouveaux postes créés, de 2007 à 2017, ce qui demeure bien dérisoire compte tenu des besoins. Faute de véritables moyens, tout cela relève d’une campagne de communication, voire d’enfumage médiatique ! Pour pallier les besoins de remplaçant-es, le ministère compte sur les vieilles recettes, dans le 1er degré : le recours aux listes complémentaires et aux contractuel-les. Pour le 2nd degré, où aucune création n’a été prévue, il veut réactiver « le remplacement à l’interne » dans l’établissement, initié par Fillon-Robien en 2005. Un dispositif qui ne marche pas ! Il réussit seulement à accroître la surcharge de travail des personnels et la pression des chef-fes d’établissements. Sans oublier la possibilité pour les collègues en contrat AESH d ‘être en « disponibilité » pour remplacer un-e prof-fe absent-e, sous contrat précaire. Dans les écoles et les établissements, pour la rentrée, le compte n’y est pas ! Et l’Éducation nationale comble ces manques en multipliant les recours aux contractuel-les. Mauvais présage ! L’annonce dans la circulaire de rentrée, de 11 662 postes supplémentaires à la rentrée 2017, ne saurait faire illusion. Avec 4 311 postes supplémentaires, dans le 1er degré, le ministère ne pourra pas répondre à toutes les priorités affichées : restaurer les RASED ou renforcer l’Éducation prioritaire ? Assurer
le dispositif « plus de maîtres que de classes » ou scolariser les moins de 3 ans ? Les DHG sont au rabais dans le secondaire ! La réforme du collège s’est traduite par une diminution de la dotation horaire globale avec des pertes d’heures dans certaines disciplines, la disparition de nombreux projets et la suppression des heures dédoublées.
Cela a entraîné des pertes de postes, de BMP (blocs de moyens provisoires) ou de postes de stagiaires. Même constat dans les lycées où de nombreux CA n’ont pas voté la répartition des moyens proposée à partir de la DHG. Avec des classes surchargées, des postes partagés sur plusieurs établissements, les conditions de travail des personnels
vont encore se détériorer. Que dire des lycées professionnels, oubliés des créations de postes, oubliés des dispositifs d’Éducation prioritaire comme si les difficultés disparaissaient après le collège. Moins de moyen, plus de travail… toujours et encore les vieilles recettes… avec bien sûr un peu plus de pression hiérarchique pour faire tourner la machine ! La réforme de l’évaluation des personnels ne va rien arranger, bien au
contraire... Plutôt que de parades médiatiques et d’effet d’annonce, ce dont les personnels et leurs élèves ont surtout besoin, c’est :
• d’avoir des enseignant-es formé-es devant chaque classe ce qui passe par le recrutement de titulaires à hauteur des besoins et la titularisation des personnels précaires ;
• de la diminution du temps de service des enseignant-es pour permettre la concertation des équipes et un meilleur suivi des élèves ;
• de la réduction des effectifs par classe pour atteindre 20 élèves maximum en collège ordinaire, 16 en éducation prioritaire, 12 en SEGPA, les élèves en intégration et inclusion devant être comptabilisé-es dans les effectifs des classes.