Encore une copie à revoir : le Conseil de discipline au collège !

jeudi 19 mars 2015

C’est une première : une élève handicapée a été exclue définitivement d’un collège dans lequel elle était scolarisée depuis 2 ans et bien intégrée dans la structure ULIS.
Ce jour là, elle était dans un cours d’EPS de sa classe d’affectation de 5ème. Son geste, jet d’une pierre qui a frôlé une professeure d’EPS, était bien sûr inacceptable et imposait une sanction…
Pendant le Conseil de discipline, la jeune fille s’est excusée et a avoué qu’elle n’avait pas réfléchi etc…
Mais le plus grave semble être ailleurs : ce qui est condamnable ici, c’est le caractère pervers de cette instance, le Conseil de discipline. Regardons sa composition de plus près : 14 membres dont 9 sont des membres de l’Éducation nationale qui se retrouvent à la fois « juges et parties » ! Pour le reste, ce sont 3 parents et 2 élèves élu-es qui siègent. Où est l’impartialité ?
D’autre part, l’élève convoquée à cette instance a droit à un défenseur (élève, professeur-e, avocat-e), mais qui, dans les milieux défavorisés, peut faire venir un-e avocat-e ? Sûrement pas les élèves ordinaires et encore moins les élèves estampillé-es du handicap !!!!
De fait, les circonstances atténuantes (pression d’un groupe d’élèves de cette classe d’inclusion, surcharge des classes de 5ème, manière dont l’élève est passée aux aveux …) ne pèsent rien du tout !
Il aurait fallu mener une réflexion autour du geste de cette jeune fille d’ULIS et prendre en compte son désarroi de se sentir différente. Un sérieux accompagnement et une sanction appropriée à cet acte eussent été salutaires à toutes et tous.
Cette décision d’exclusion définitive s’est faite sur base de répression et de stigmatisation de la jeune-fille. Ce qui, finalement, est une belle démonstration de l’injustice ordinaire dans nos établissements !