Enseignements artistiques : les commentaires des professeur-e-s à notre enquête

Nuage de mots cliquables
mardi 6 octobre 2015
mis à jour mercredi 7 octobre 2015

Après avoir fait une enquête sur les enseignements artistiques qui nous a permis de cerner les problèmes que rencontrent les collègues, la fédération SUD éducation a adopté des revendications pour les enseignements artistiques, que vous pouvez lire ici

Les commentaires qui accompagnent les réponses des questionnaires, nous semblent tout aussi importants. Ils donnent une photographie de ce que nous vivons en tant que professeur.e.s, en général et bien entendu dans notre spécificité d’enseignant.e.s artistiques.

Nous vous proposons donc une lecture de quelques-unes de ces expressions au travers de ce « nuage de mots » : les expressions du 1er degré sont en noir, celles du collège en rouge, celles du lycée, en vert.

Lire aussi :
- les résultats de l’enquête
- nos positions sur les parcours artistiques et culturels

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Partenaires culturels


« A cause du coût des intervenants et des baisses des subventions DRAC, je fais quasi moitié moins d’interventions de professionnels qu’il y a 10 ans ».

« L’Éducation Nationale limite le nombre d’heures d’intervenants en maternelle à 8 heures par an !!! »

« Pour obtenir un intervenant musical au niveau de la communauté de commune, il nous faut remplir un formulaire de plusieurs pages ("un projet") qui est ensuite soumis à une commission pour attribution. En maternelle, depuis 2 ans, limite fixée à 6 séances par intervenant et par classe (et pas de possibilité de dédoublement) : les demandes ont chuté drastiquement (personnellement, je boycotte)... ».

« Un ou des intervenant(e)s plasticien(ne)s devraient être présent(e)s dans l’école à temps plein ».

« Nécessité pour moi d’avoir l’aide d’un intervenant extérieur en musique (et non un conseiller pédagogique spécialisé), pour un enseignement de qualité ».

« Pas de possibilité, selon la mairie et l’IEN, d’avoir un budget pour un intervenant extérieur en maternelle, c’est dommage. Je ne suis pas à l’aise avec ces pratiques que je pense pourtant fondamentales pour les enfants. J’aimerais bénéficier de formations de qualité dans ces domaines ».

« Pour la dumiste qui intervient certaines années sur certains projets (conte musical par exemple), je ne sais pas ce qu’il en est de sa rémunération. Par contre, il est à craindre que son intervention bascule sur le temps des TAP... ce qui annihilerait toute la dimension transdisciplinaire (production du conte et des chansons, décors...)

« Nous manquons d’informations sur des aides financières que nous pourrions obtenir pour payer des intervenants. L’année dernière, pour un projet théâtre, l’Essonne ne propose plus de projet PAC pour l’élémentaire. »

« Un ou des intervenant(e)s plasticien(ne)s devrai-ent être présent(e)s dans l’école à temps plein ».


« Ce qui me pose d’abord problème c’est que nous n’avons plus de budget pour mettre en place des interventions avec/par des partenaires artistiques ».


« La plus grande difficulté est de réunir le budget nécessaire et d’avoir un apport financier pérenne de la part des collectivités et de l’éducation nationale, sachant que la DRAC ne participe pas financièrement. D’autre part, la constitution d’un dossier pour l’ouverture d’une classe à horaires aménagés « théâtre » s’est avérée longue et difficile ; nous avons manqué de réponses claires à nos questions concrètes. Nous venons d’obtenir une réponse positive après 3 ans d’attente ».



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Histoire des arts


« L’ajout de l’histoire des arts qui est une discipline historique et non artistique, est encore un moyen de limiter notre liberté pédagogique. Les buts d’une discipline artistique et d’une discipline historique sont différents ».

« Etant dans une zone géographique excentrée de la capitale régionale, il est plus difficile d’emprunter du matériel pédagogique au CRDP, notamment les reproductions d’œuvres sur posters qu’il est impossible d’emprunter en navette. Les études d’œuvres se font donc sur de petites reproductions, ce qui ne permet pas une véritable observation ».


« L’histoire des arts n’a pas été pensée en rapport aux programmes d’arts plastiques et tombe comme un cheveu sur la soupe. Elle demande en outre une concertation importante pour que ce soit intéressant, donc du travail en plus et du temps pris hors-service ».


« Faut-il un examen HDA ? L’interprétation des textes officiels « Histoire des arts », rend très inégalitaires l’organisation et la préparation à l’examen. Toutes les matières ne se sentent pas concernées par cette préparation. La demande institutionnelle ne fait reporter le travail que sur quelques un-e-s. Le professeur d’Arts plastiques maîtrise l’histoire des arts puisque la pratique artistique et l’enseignement de cette pratique sont transdisciplinaires. Comment parler d’une œuvre si nous ne connaissons pas le monde qui l’entoure et comment faire œuvre sans avoir vécu le monde ? ».



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Horaires

« Etant en maternelle, je n’ai pas de difficulté à inclure l’enseignement des activités artistiques dans mon emploi du temps. Ce n’est pas du tout le cas de mes collègues qui doivent composer avec les programmes beaucoup trop chargés ».


« Je pense que pour une grande majorité d’entre eux, les élèves apprécient les enseignements artistiques et souhaiteraient pouvoir y consacrer plus de temps (ils sont un contrepoint à un savoir enseigné qu’ils ressentent bien souvent comme un savoir trop abstrait et auquel ils ne donnent pas toujours de sens...) ».


« La diminution des horaires en bac pro pose de sérieux problèmes au niveau de la mise en pratique du programme et de l’ouverture culturelle et pour l’organisation des déplacements extérieurs (1 heure au lieu de 2 auparavant), ceci explique aussi pourquoi certaines classes du LP ne prennent pas toujours cette discipline au sérieux ».


« Depuis la réforme du bac pro 3 ans, notre matière « arts appliqués » en lycée pro a été réduite à peau de chagrin en termes d’horaires alors que les ambitions des référentiels ont été augmentées ».


« Cette année, nous sommes encore à 6 heures pour les secondes (2 professeurs sur 3h). Mais l’année prochaine, les textes vont être appliqués : 1h30. Comment réaliser des films et même aller à une séance de cinéma ? ».


« Le rectorat de Toulouse ne finance plus les options facultatives et ne finance qu’une option de spécialité de 3H par classe de 1ère et TL. Du coup, nous devons fonctionner sur les heures d’autonomie de l’établissement pour proposer le cinéma facultatif (nous arrivons à maintenir 3H d’option fac de cinéma en 2nde et 2H en 1ère/Terminale -regroupés, mais pour combien de temps ?) ».



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Effectifs


« Je manque de place et je trouve qu’il est épuisant de gérer une classe de 26 élèves pendant cette activité ».


« Difficile pour moi d’enseigner les arts plastiques : 27 élèves, problèmes d’organisation matérielle dès qu’on veut utiliser de l’encre ou de la peinture, le local de matériel qui devient facilement un vrai bordel... Parfois, je me dis que les heures de blabla seraient mieux employées à réinstaller les lieux, réfléchir au matériel et prévoir des séances ; les arts plastiques seraient moins stressants... ».


« L’augmentation constante des effectifs par classe est tout particulièrement pesante dans une discipline où les élèves sont souvent « en mouvement" et en échanges de points de vue dans les travaux d’expérimentations en groupe. Augmentation pesante également pour un professeur qui doit gérer, de fait, de plus en plus d’élèves (500 et parfois plus) ».


« Avec l’Éducation musicale, les professeurs d’Arts plastiques sont de véritables Stakhanovistes de la production plastique et de l’évaluation, sauf qu’il n’y a même pas de tableau d’honneur (tant mieux d’ailleurs). 18 fois 25 élèves (dans le meilleurs des cas) = 450 élèves par semaine ! Avec un minimum de 3 notes par élève et par trimestre = 1350 notes (ou évaluations) à taper pour le bulletin... Je ne parle même pas des appréciations élèves et classes. A l’année, c’est 4050 notes, 1350 appréciations élèves et 54 bilans classes. Qui dit mieux » ?


« Il n’est pas possible de travailler dans nos matières avec 30 élèves. D’où grande fatigue et frustration de ne pouvoir apporter aux élèves ce qu’on souhaiterait leur donner ».


« Quantité de classes trop importante ne permettant pas de connaître correctement les élèves » !


« La disparition de la seconde de détermination et les modalités de recrutement insuffisantes en enseignement d’exploration art du spectacle, rendent difficile l’accès aux spécialités artistiques du bac L. le recrutement au niveau de la première repose sur le bouche à oreille. Nous luttons en permanence pour maintenir nos enseignements alors que les élèves sont là, que la qualité et les bénéfices de ces enseignements sont là ».


« La réforme des lycées a changé considérablement le recrutement des élèves. L’aspect dérogatoire, dans mon lycée, de l’enseignement d’exploration arts du spectacle, impose un nombre d’élèves plus désireux de contourner la carte scolaire que de se former et de s’ouvrir aux arts vivants. La danse en seconde en matière facultative ne draine plus des élèves motivés dans un projet littéraire, et il y a, du coup, une grande perte des effectifs en 1ère et terminale. Très peu d’élèves arrivent en 1ère pour la spécialité : problèmes liés à l’internat qui est déjà plein et au fait qu’il est difficile pour les internes de quitter le lycée où ils ont fait leur seconde et ont construit déjà un tissu amical ; le fait que l’enseignement facultatif en danse ne soit pas enseigné en 1ère et terminale, empêche une vraie valorisation de la danse ».


« La principale revendication concernerait le mode de recrutement ; le recrutement en spécialité est un réel problème face au recrutement par Effelnet en seconde (qui permet à certains élèves de déjouer la carte scolaire en s’inscrivant en seconde d’exploration, sans réelle motivation) ; pas de consultation d’un dossier concernant les pratiques artistiques de l’élève. La section littéraire est encore trop mal considérée par les parents... Pourquoi ne pas envisager l’ouverture à d’autres sections ? Un manque d’information sur la réelle formation et l’épanouissement des élèves par la danse est à relever ; on aurait besoin d’aide à cette information lors des orientation ».



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Souffrances au travail


« Difficile pour moi d’enseigner les arts plastiques : 27 élèves, problèmes d’organisation matérielle dès qu’on veut utiliser de l’encre ou de la peinture, le local de matériel qui devient facilement un vrai bordel... Parfois, je me dis que les heures de blabla seraient mieux employées à réinstaller les lieux, réfléchir au matériel et prévoir des séances, les arts plastiques seraient moins stressants »...


« Je travaille dans 2 établissements : organisation de « fou » (matos, etc.), investissement impossible, temps d’accrochage impossible, temps de réunion impossible, pose de midi impossible. Partage de la salle : travaux abîmés, matériel disparaissant, tables mal disposées, un seul robinet pour trente élèves, stress maximum. Pas le temps de coopérer avec les collègues, d’organiser des sorties, pas de salle informatique disponible, pas les bons logiciels, pas de place dans le gymnase pour pratique corporelle artistique … »


« Trop de bruit, de stress et de tension nerveuse avec classes non dédoublées et élèves agités, sans soutien extérieur et avec des pressions diverses et contradictoires !!! »


« Conditions difficiles : équation impossible entre horaires et effectifs trop importants, manque de moyens de fonctionnement ».


« Cependant, ce sont des enseignements qui sont très chronophages pour les enseignants : rendez-vous avec les artistes, les structures, stages de pratique pour les élèves, représentations de leurs travaux, sorties pour des spectacles en soirée, etc...Toutes ces heures supplémentaires ne sont bien sûr ni rémunérées ni l’occasion de décharges d’heures ».


« Les enseignements de cinéma audiovisuel sont très chronophages pour les élèves comme pour les enseignants : c’est un problème accentué souvent par des horaires livrés aux contraintes des dgh : faire 2 heures en option fac au lieu de 3 heures suppose des conditions de travail caractérisées par le stress, un travail compressé. La pratique de l’activité audiovisuelle suppose aussi des groupes de réalisation, donc des groupes de 4 personnes souvent. Du coup, la réalisation de courts-métrages dans un établissement, relève d’un marathon, si le groupe classe est composé de quinze à vingt élèves. Il faut sans cesse sur les heures de pratique se déplacer d’un groupe à l’autre. L’encadrement de l’enseignant n’est pas suffisant. A minima, cela nécessite la présence d’un assistant technique, qui aura distribué par ailleurs le matériel en début de séance, et le récupérera en fin d’activité. Les tournages de BAC, à moins de laisser les élèves en autonomie, entraînent des heures de bénévolat exponentielles, et des situations de stress. Bref, cette option ou spécialité demande des moyens, du soutien ! Cela demande aussi du matériel... ».


« Le nombre d’élèves par classe est trop élevé pour les activités artistiques (surtout vidéo, peinture, modelage) je manque d’outils numériques (tablettes, logiciels, appareils photo/vidéos, au moins 10) ; de plus, ma salle n’est pas dans l’obscurité et je n’ai pas d’écran, pas pratique pour la diffusion des images... Je passe énormément de temps à corriger (30 minutes/classes) et à préparer mes sorties pédagogiques, les interventions avec les artistes/ conseil général. Et pendant la période des conseils de classes, je suis au bord du burn out... »


« Le nombre important d’élèves est une grande source d’épuisement. Il faudrait davantage de temps par classe ».


« Il me semble que toutes les tâches liées à ces postes sont énormes, et très diversifiées, et qu’elles nécessitent au moins deux heures de décharge, et un niveau de rémunération bien meilleur. Rien ne distingue au point de vue du service et du salaire un enseignant qui sacrifie beaucoup de son temps personnel pour que son enseignement ait lieu correctement, d’un enseignant dans une matière plus classique. A titre personnel, je travaille en moyenne 45 heures par semaine, mais lors d’événements particuliers, il m’arrive de travailler jusqu’à 60h par semaine, sans inclure les temps de spectacle où j’accompagne les élèves ».


« Les conditions d’exercice en spécialité Art Danse sont difficiles puisque les heures allouées pour coordonner les objectifs pédagogiques sont chronophages et ne sont pas rémunérées, ni celles liées à l’organisation de conférences, spectacles, travail sur le budget, concertations multipliées avec les différents intervenants ».


« Le travail de l’enseignant est porté à un quota horaire par semaine qui s’élève à 80 heures ».


« Je suis enseignante de cinéma sur poste à profil. Je coordonne l’ensemble d’une section de 120 élèves, je gère le partenariat avec le partenaire culturel, les sorties des élèves, les interventions de professionnels et je gère le matériel (nous n’avons pas d’assistant). J’encadre les tournages des élèves les WE, j’accompagne les élèves au cinéma le soir. Et je ne suis payée que pour les heures de cours effectuées ! ».


« La dernière réforme et la dégradation de la série L fragilisent nettement les enseignements de spécialité qui perdent en identité et spécificité. Nous sommes parfois submergés par la multiplicité de nos tâches : pédagogiques, organisationnelles, comptables... Cela génère des moments de stress et de grosse fatigue ».



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Combat

« Les projets artistiques sont lourds à monter, et pour avoir quelque chose en maternelle il est presque obligatoire que l’école entière s’investisse et ce pour 3 ans, ce qui ne va pas de soi du tout et freine beaucoup d’élans. Heureusement que les parents se mobilisent, mais cela est loin de suffire et ces interventions ne sont pas reconnues ».

« Il faut une bonne dose d’enthousiasme pour mener à bien ces enseignements. Je suis dans une ville extrêmement privilégiée depuis 3 ans, mais ai connu durant 20 ans la vache très, très maigre d’une école rurale avec municipalité bienveillante, mais aux moyens limités. Ça rend ces enseignements plus compliqués. Le fait d’avoir tout à disposition (déplacements possibles, lieux culturels à portée de tram, matériel, classes bien équipées...) ne suffit pas... ».


« On nous demande toujours de faire plus et de se montrer comme vitrine, mais les sorties culturelles sont tellement difficiles à organiser (budget transports, organisation sur le temps libre) qu’il est très facile de laisser tomber pour une routine qui ne sied pas aux arts plastiques.... »


« Très fort rayonnement de l’option auprès des élèves et des parents, au sein de l’équipe. Cependant, rien n’est jamais acquis : au moment de la dgh, les heures peuvent être remises en question si je ne me bats pas pour 15h... ».


« Je lutte pour changer de salle depuis 5 ans. Le point d’eau est à l’extérieur de la salle, en bas d’un escalier. Je lutte depuis 3 ans pour aménager une galerie. Je lutte depuis 2 ans pour avoir AU MOINS un Mac dans la salle ».


« Le cinéma est une matière qui "coûte" et qui accueille peu d’élèves pour le cycle terminal surtout en zone rurale où notre seule classe L a un effectif de 17/24 élèves, les bonnes années. Nous devons tous les ans batailler pour garder la spé en L, et les 2 fois 5 heures ont encore été données dans la proposition de DGH cette année. En même temps, le nouveau critère de 10 élèves minimum pour garder une section sans prise en compte de la taille du lycée aura pour conséquence obligée la fermeture de nos sections ».


« Avant tout, je dois me battre avec acharnement chaque année depuis 5 ans pour conserver à peu près les heures de cours réglementaires, tout en voyant petit à petit rogner ces moyens (heures sup imposées)... ».


« En juin dernier, nous avons commencé à créer une coordination de lutte contre la politique de Filipetti, avec les intervenants théâtre et les profs de l’académie. Le moment des épreuves du bac facultatif et de spécialité s’y prêtait. C’est difficile à poursuivre pendant l’année, car on ne se voit pas ».


« De trop nombreuses classes, impossibilité d’individualiser l’enseignement, exigences du référentiel, surcharge de travail, mépris de la hiérarchie… ».



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Options et Ateliers


« La subvention pour les facultatifs a été supprimée par le Rectorat, parce qu’on avait une option obligatoire ! Ce qui revient à financer ces options fac sur les Crédits DRAC normalement alloués uniquement aux obligatoires (très grande hypocrisie du système !). Autre menace : que les options d’explorations prennent la place des options Arts en seconde ; nous luttons, mais c’est dur ».


« L’option facultative que j’ai créée est officieuse, bien que 100 élèves y participent ».

« Le lundi après-midi, après la récréation, l’établissement organise des ateliers tournants pour les enfants. Tous les personnels de l’IRECOV de Tours sont mélangés. Cette année, avec la cuisinière et une secrétaire, nous animons un atelier « arts plastiques » sur le travail de la terre et de la pâte fimo ».


« Bonnes conditions d’exercice, bon accueil de l’atelier cinéma par les parents et l’établissement (collège). Malheureusement, cela s’arrête là. Cet atelier, qui existe depuis 20 ans n’a vu son matériel (insuffisant : 1 caméscope + 1 poste de montage... + quelques accessoires) renouvelé qu’une seule fois, il y a 10 ans. Aucun soutien du Conseil Général. L’établissement ne peut pas acquérir des matériels coûteux ».


« Enseigner la danse, art souvent considéré comme mineur et parfois suspect car il touche au corps sensible et non performant est parfois difficile. Il suscite des problèmes de territoire chez certains et notamment chez certains enseignants d’EPS. Nous n’avons jamais pu avoir accès au gymnase où pourtant une salle de danse existe.


« Un travail de sensibilisation de tous les enseignants à l’éducation artistique avec une mise en pratique serait la bienvenue ». Point positif dans notre établissement pourtant rural : l’investissement important de nos élèves pour les projets artistiques (90 inscrits à la chorale) et l’aide apportée par la municipalité (prêt de la salle des fêtes pour les représentations) ».



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Accès à la culture

« Il est difficile de mettre en place des situations de rencontre avec les arts à cause du coût ou de la place. Exemple de la structure du Dôme à Saint-Avé qui propose de superbes spectacles à prix intéressants ; mais les jauges sont limitées et les demandes des écoles de plus en plus nombreuses. Résultat, cette année, pas de place. De nombreux mails publicitaires sont envoyés dans les écoles, présentant des compagnies, mais le manque de temps et la non-connaissance de leur travail me freinent pour les faire venir !!! Pourtant, c’est tellement bon de se retrouver en salle et de sortir de l’école !!! ».


« L’éloignement et le coût des spectacles engendrent un renoncement à la mise en place de projets artistiques. Par le biais de la médiathèque et de la galerie d’arts du collège, une ouverture culturelle est possible, facilement exploitable ».

« L’accès aux salles de spectacle est encombré et réservé aux communes participant à leurs financements ».

« Notre situation géographique, nos budgets et le prix des transports ne nous permettent pas d’offrir à nos élèves une vraie ouverture culturelle. Quant à la formation continue... heu... ».


« Des élèves peu motivés par la culture en zone rurale, peu de manifestations sur l’art dans la région ; pratiquement aucune manifestation ou lieu culturel contemporain dans une ville de 20 000 habitants ; beaucoup de choses prévues autour, mais sur un rayon de 100 km et qui ne concerne pas les élèves et leur environnement ».


« Pas de budget spécifique pour sortir ni même pour faire venir des intervenants ou des spectacles ! L’ouverture paraît difficile même s’il y a un vivier d’artistes sur le territoire. Les horaires alignés sur ceux des établissements du primaire nous bloquent aussi (ramassage scolaire, 9h/17h), pas de temps le midi pour mettre en place une activité (ex : chorale de 12h30 à 13h avec 20mn pour manger en priorité à la cantine) ».


« L’accès des élèves des quartiers à l’art et à la culture est TRES problématique... Le communautarisme, le délaissement des quartiers et de l’institution... ».



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Dangers

« Nos conditions de travail, mais surtout les conditions d’accueil des enfants ne cessent de se dégrader, c’est tout un modèle social qui se délite sous nos yeux ».

« Ces enseignements me semblent essentiels à la construction de l’enfant, ils sont complémentaires des disciplines dites fondamentales. La crainte de les voir disparaitre est de plus en plus réelle. La volonté du gouvernement n’est-elle pas de se limiter au socle commun, alors que ces disciplines pourraient être relayées au second plan et à la charge des collectivités ? J’ai toutefois la chance d’enseigner au sein d’une commune où des associations s’investissent pour l’entrée de la culture en milieu rural ».


« J’ai choisi mon établissement d’exercice car j’avais la liberté de faire à peu près tout ce que je voulais en termes de projets ; par contre, je suis inquiète quant à l’avenir des disciplines artistiques : la conjoncture économique fait que les choix d’orientation après la 3° se resserrent de plus en plus vers des options plus porteuses en termes d’avenir professionnel. Tous les parents cherchent à faire faire à leur enfant un bac S. Mais après » ?


« Bien que mon option soit bien établie depuis 13 ans et reconnue auprès des structures culturelles, et soutenue très fortement au lycée et au CCN, je sens la fragilité s’installer avec la baisse des effectifs en L... ».


« La réforme de 2009 a sabré les arts appliqués car, déduction faite des CCF, de l’histoire des arts et des stages, il reste 35 minutes d’arts appliqués par élève et par semaine, avec un programme extrêmement ambitieux ; autant dire que nous sommes dans la supercherie totale et que nombre de collègues en souffrent car nombreux sont ceux qui ont 19h, 19 classes parfois allant jusqu’à 30 élèves d’un public pas évident ; c’est une situation très dure à vivre dans certains cas ».


« Enseignements fragilisés au niveau académique : options qui diminuent fortement en Bretagne […] Cependant, rien n’est jamais acquis : au moment de la dhg, les heures peuvent être remises en question si je ne me bats pas pour 15 h... ».


« Je suis titulaire, mais j’ai l’impression de vivre sous la menace des fermetures de classes et de postes : c’est le sentiment qui est cultivé ».


« Deux nuages à notre horizon : le recrutement des élèves, qui se réduit comme peau de chagrin à cause : 1) des désirs de l’administration de limiter les entrants à cause de la DHG, 2) des limitations de recrutement hors de notre zone de recrutement. Nous sommes le seul lycée avec option spé d’un grand département, et cette fermeture empêche des dizaines d’élèves passionnés d’avoir accès à cette option, pendant que de notre côté, nous subissons des majorations horaires à cause de classes inférieures à 20. Un autre souci : nous avons une option arts visuels quand une option facultative cinéma serait beaucoup plus adaptée au passage en spé ».



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Textes officiels

« J’exerce en CM2 et le programme étant très chargé, nous sommes régulièrement amenés à supprimer des séances d’arts, ce qui est extrêmement regrettable, de mon point de vue. Par ailleurs, j’ai pu constater que certains élèves avaient été plus ou moins « formatés » dans une certaine pratique artistique. Lorsque les consignes sont ouvertes, ils sont perdus car ils ont été habitués à être très dirigés et à faire "à la manière de" ».


« Le choix des programmes renouvelables pour l’épreuve de baccalauréat en spécialité ne me paraît pas en cohérence avec un souci pédagogique de construction des connaissances et de la personne. Nous avons souvent eu l’impression d’effets de mode, de choix valorisés pour des raisons de politique culturelle ou événementielle... Il y a trois grandes "questions" à étudier en terminale, qui se résument souvent à des monographies d’artistes sans lien entre elles et ne permettant pas de construction logique, notionnelle et chronologique continue ».


« A la lecture des référentiels, j’ai été extrêmement surprise de constater à quel point ces textes sont décalés de la réalité. On nous demande d’enseigner les histoires des arts (un minimum), sans négliger la culture artistique liée à la matière (archi, design de communication, design de mode, design d’objet), tout en valorisant la créativité de nos élèves : à la fois sur du papier et avec des moyens dits classiques, comme avec l’outil informatique. Paradoxe complet des deux côtés. De l’un, il nous est demandé de construire nos cours de manière à guider petit à petit nos élèves vers une séquence de création (ce que je fais), de l’autre, l’on s’aperçoit que bon nombre d’entre eux ne savent pas ce qu’est une "partie inférieure ou supérieure de document", une "ligne horizontale ou verticale". En outre, l’immense majorité d’entre eux est bien incapable de comprendre un énoncé simple ».


« Ma situation d’enseignant est relativement privilégiée, et pourtant je pense que ça ne tourne pas rond ! Les problèmes essentiels viennent à mon sens : - d’une inadéquation de plus en plus marquée entre les capacités flottantes" et hétérogènes des élèves que nous recevons et les programmes de plus en plus ambitieux qui nous sont imposés ».



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Passion


« L’enseignement du théâtre en lycée a permis et permet à de nombreux élèves ayant des difficultés avec le système scolaire, de retrouver de la motivation et un épanouissement personnel. Il leur permet bien souvent, grâce au jeu des coefficients, d’obtenir le baccalauréat. De plus, la rencontre avec des intervenants variés nous permet d’ouvrir notre champ de pratiques, et d’interroger sans cesse notre façon de travailler.


« Les acteurs [de l’Education Nationale] misent sur notre passion et notre acharnement à défendre cet enseignement que certains collègues méprisent alors que les élèves sortent de ce cursus bien mieux armés en culture générale et en maturité face au monde, que les autres ».


« Rendre obligatoire les arts plastiques au Lycée ! ».


« Ce qui se passe à l’intérieur de ces options est fondamental et essentiel pour aider les élèves à se construire, à se connaître et reconnaître, à s’ouvrir sur le monde tant culturel et artistique que social et politique... je croise les doigts pour que ces enseignements restent pérennes avec la même exigence qu’à leur création, à savoir en lien étroit avec les artistes et le spectacle vivant qui leur donnent leur réelle spécificité et richesse ».



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Bonheurs

« Un exemple d’apport des arts aux autres domaines : lors d’une évaluation en vocabulaire, il fallait citer 3 noms d’instruments de musique ; 2 des 6 élèves évalués ont cité des instruments étudiés en musique (la bombarde, le biniou et le bouzouki). Le fait de citer ces instruments et non des instruments plus communs (la guitare, la flûte, ou le piano) montre le plaisir qu’ils ont eu à les découvrir et à les associer à certaines cultures ».

« La pratique artistique sur temps scolaire en co-animation (je n’aime pas la co-intervention tant à la mode) avec des professionnels est un facteur de la construction de l’émancipation et de l’autonomie pour les élèves et favorise une meilleure estime de soi, nécessaire dans les autres apprentissages. Lorsque l’on crée, il n’y a pas de réponses justes ou fausses. Il y a des possibles qui s’ouvrent et que l’on analyse. Les disciplines artistiques permettent d’investir d’autres champs disciplinaires. Il ne faut cependant pas instrumentaliser ces enseignements, car le plaisir doit rester au cœur de ces pratiques ».

« J’aime mon métier, et chaque matin, je viens super motivé devant mes élèves. En CP, je me régale ! J’approche de la retraite (52 ans) ; reste donc 5 ans ; et ce qui me fatigue, en vieillissant, c’est toute cette paperasse et ces documents à remplir, l’APC qui est usant, et l’éventuelle pression de la hiérarchie ».

« J’enseigne dans une commune privilégiée face à la culture. La ville mettra tout en place pour que les écoles participent aux événements artistiques et culturels municipaux qui sont riches et diversifiés. De mon point de vue, la culture est un incontournable à la construction de la personne et donc de l’élève. Cet enseignement n’est pas des plus simples à enseigner et à mettre en place. Je pense que le dispositif des maîtres supplémentaires dans le 1er degré pourrait être une aide, un accompagnement pour ces disciplines qui passent souvent à la trappe pour diverses raisons (manque de temps dû aux programmes surchargés, manque d’outils et de formation...) Alors pourquoi ne pas créer des personnes ressources qui seraient sur le terrain pour ces activités ? Sinon, il y a assez d’évaluation ! D’ailleurs, STOP aux EVALUATIONS qui sont un frein aux apprentissages. Par contre, la discussion autour des productions est toujours enrichissante ! ».

« La pluridisciplinarité a ses limites... Les compétences à atteindre sont de plus en plus ambitieuses. Créer doit rester un plaisir aussi bien pour l’élève que pour l’enseignant... ».


« Bouffée d’oxygène : travail en îlots qui met beaucoup de matériaux et de techniques à disposition des élèves et qui permet l’autonomie et la coopération (met la compétitivité du système scolaire en sourdine). Les élèves peuvent vraiment s’exprimer tant par la pratique qu’à l’oral (et aussi l’écrit non noté) ».


« […] Mais cet enseignement en spé et peut-être encore plus en facultatif, est vraiment une ouverture tant pour les connaissances cinématographiques, les connaissances "du monde" pour faire court, que pour la relation à l’autre, que pour l’organisation d’un projet de film, que pour la relation professeur/élève ... Pour certains de ces élèves, c’est une manière de se réconcilier un peu avec le monde ... ».


« Mais tous ces problèmes ne nous empêchent pas de faire des films, de former des élèves, de leur permettre de s’épanouir, tout ça dans un grand bonheur ! ».


« Je considère que j’enseigne dans des conditions optimales sur un plan matériel (sauf salle de présentation) ; nous avons obtenu progressivement l’art spécialité (5H) et l’art facultatif (seulement 2H au lieu de 3 par niveau). Nous sommes deux enseignants en danse et deux en théâtre, ce qui donne de la force et de la crédibilité à nos enseignements en conseil de classe ; une dynamique se dégage de notre travail d’équipe et mobilise un grand nombre d’élèves au sein d’un lycée de petite taille ; nous avons des retours favorables des parents et leur soutien le plus souvent ».


« Nos conditions d’exercice en cinéma spé sont très bonnes grâce aux crédits Drac. Les locaux sont relativement exigus chez nous au vu d’autres lycées (et des recommandations officielles), mais cela fonctionne.


« Très fort rayonnement de l’option auprès des élèves et des parents, au sein de l’équipe ».



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Considération


« Il y a un profond mépris de la part des parents, des collègues et de nos supérieurs hiérarchiques pour les enseignements artistiques en France : 50mn par semaine, avec des classes d’une trentaine d’élèves adolescents, sans pouvoir moduler les horaires et sans moyens matériels et dans des locaux petits et inadaptés, c’est de l’abattage. La première fois que je me suis trouvé dans un établissement scolaire, j’ai eu l’impression d’être dans une maison de retraite, tellement les visions de l’art et de l’enseignement qui m’étaient renvoyées, dataient du XIX ème s. Je ne peux pas changer les choses à mon niveau et je me suis heurtée à beaucoup d’incompréhension et de mécontentement pour faire accepter un enseignement qui passe bien avec les élèves en difficulté notamment ».

« J’ai pu constater que certains élèves avaient été plus ou moins formatés" dans une certaine pratique artistique. Lorsque les consignes sont ouvertes, ils sont perdus car ils ont été habitués à être très dirigés et à faire "à la manière de ».

« De mon point de vue, la culture est un incontournable à la construction de la personne et donc de l’élève. Cet enseignement n’est pas des plus simples à enseigner et à mettre en place ».

« L’art à l’école, tout le monde s’en fout, voire même s’en méfie. Faudrait pas trop épanouir les élèves quand même ! L’important c’est qu’ils acquièrent les bases français-maths-anglais et qu’ils apprennent à obéir... En art, le détournement de consigne est valorisé (en tout cas par moi). Pas étonnant donc que l’institution s’en détourne »...


« Une administration qui ne voit que le rendement : un adulte devant chaque enfant ; peu importe ses compétences ; on se retrouve avec des personnels incompétents et complètement perdus, à qui il faut donner du temps bénévolement. Pas assez de reconnaissance de la matière en général ; seule l’histoire des arts redonne du sens à notre matière aux yeux des parents (coef 2 au brevet !) ».


« On nous demande toujours de faire plus et de se montrer comme vitrine ».


« - Incohérence de rattacher la musique aux filières littéraires : les élèves musiciens sont scientifiques ! Encore plus incohérent en terme de débouchés avec la poursuite d’études depuis la suppression des maths en L » -


« Il faudrait faire de l’art tout le temps avec les élèves, dans toutes les matières. Certains parents sont tellement aliénés par la logique du socle commun qu’ils réclament la suppression de l’enseignement musical au profit des dictées et compagnie ».

« C’est le cœur de la culture qui est en jeu dans les ZEP, autant la littérature que les autres ouvertures culturelles. Les programmes de ma classe se font autour de cela. C’est elles qui donnent les références, et l’imaginaire nécessaire pour appréhender n’importe quel apprentissage à n’importe quel âge ».

« L’enseignement des arts plastiques est de ce fait délabré : confusion entre ’graphisme’ (préparatoire à l’écriture) et arts visuels, collègues multipliant les œuvres « à la manière de », importance donnée au rendu final (qu’on puisse l’accrocher sans honte au mur) au détriment du processus de création et de la liberté de l’enfant... Moi-même, non-spécialiste, j’ai l’impression permanente de ne pas savoir vraiment où je vais ».

« Je suis souvent frustrée par le peu de temps accordé à cette discipline pourtant fondamentale. Pour la réalisation d’un projet il faut souvent de nombreuses séances (à raison d’une par semaine) ou bien si l’on groupe les séances, il y a des semaines sans, et c’est bien dommage ! ».

« L’enseignement des pratiques est trop souvent occulté du fait de la lourdeur des programmes dans les disciplines fondamentales. Intégrer les pratiques artistiques dans un projet pluridisciplinaire est une solution mais elle nécessite souvent une intervention d’un professionnel. La possibilité d’avoir un artiste intervenant est une chance et il faudrait aider les enseignants financièrement mais aussi les former correctement au travers de stages sur le temps de travail ».

« Les enseignements artistiques passent souvent à la trappe...par manque de temps (installation et rangement) et parce que les programmes sont trop chargés dans les autres matières (par des choses à évaluer, qui font du rendement, contrairement aux enseignements artistiques) ».

« Ces enseignements me semblent essentiels à la construction de l’enfant, ils sont complémentaires des disciplines dites fondamentales. La crainte de les voir disparaître est de plus en plus réelle. La volonté du gouvernement n’est-elle pas de se limiter au socle commun, alors que ces disciplines pourraient être relayées au second plan et à la charge des collectivités ? J’ai toutefois la chance d’enseigner au sein d’une commune où des associations s’investissent pour l’entrée de la culture en milieu rural ».

« Théâtre, musique, danse, arts plastiques, cinéma, création vidéo devraient être les piliers de l’enseignement du français, du vivre ensemble et du « devenir élève ». Ces pratiques développent le goût du beau, la curiosité d’esprit, le besoin de créer, l’esprit critique et le plaisir du faire et du vivre ensemble. Au lieu d’augmenter le nombre toujours croissant de consommateurs non avertis, cela pourrait augmenter celui des citoyens avertis, ce qu’aucun gouvernement ne semble rechercher depuis au moins 20 ans. Nos conditions de travail, mais surtout les conditions d’accueil des enfants ne cessent de se dégrader, c’est tout un modèle social qui se délite sous nos yeux ».

« L’enseignement artistique me semble relever du plaisir, de la découverte, de la recherche plastique, mais c’est trop compliqué à mettre en œuvre, alors nous allons souvent au plus simple : feutres (pas salissant et ne demandant pas une mise en place particulière, mais beaucoup moins épanouissant » !

« La pratique artistique sur temps scolaire en co-animation (je n’aime pas la co-intervention tant à la mode) avec des professionnels est un facteur de la construction de l’émancipation et de l’autonomie pour les élèves et favorise une meilleure estime de soi, nécessaire dans les autres apprentissages. Lorsque l’on crée, il n’y a pas de réponses justes ou fausses. Il y a des possibles qui s’ouvrent et que l’on analyse. Les disciplines artistiques permettent d’investir d’autres champs disciplinaires. Il ne faut cependant pas instrumentaliser ces enseignements, car le plaisir doit rester au cœur de ces pratiques ».


« Et, selon moi, les arts plastiques ne sont pas assez valorisés dans notre société. Est-ce lié à une vision caricaturale de l’art, aux crises actuelles, à une baisse de valeur pour la culture ? Je n’en sais rien. Mais d’année en année, le nombre d’élèves qui s’orientent vers des filières artistiques diminue ».


« Il me paraît indispensable de conserver et même de développer les arts plastiques, seul enseignement qui offre le développement personnel de chaque enfant. Seul enseignement qui apprend à réfléchir avec ce que l’on a et à inventer des solutions. Un enseignement qui de plus, vise autant le comportement citoyen que l’enrichissement personnel et l’acquisition de savoir et savoir-faire. Un enseignement, enfin, non élitiste qui permet l’improvisation et autorise la déviance à la norme ».

« L’art à l’école tout le monde s’en fout, voire même s’en méfie. Faudrait pas trop épanouir les élèves quand même ! L’important c’est qu’ils acquièrent les bases français-maths-anglais et qu’ils apprennent à obéir... En art, le détournement de consignes est valorisé (en tout cas par moi) ; pas étonnant donc que l’institution s’en détourne... ».

« Les parents, majoritairement, se désintéressent beaucoup, enfin par chez nous, ils ne sont pas très sensibles au travail fait en Danse par exemple ; je pense qu’ils n’ont pas développé cette curiosité, ils ne réalisent pas ce qu’il y a derrière, ni les objectifs....Mais en tout cas, ils sont ravis de voir leurs enfants épanouis ! La Municipalité est sensible aux efforts faits par les enseignants pour apporter du nouveau aux enfants dans tous les domaines, et nous pouvons obtenir un car pour nous déplacer dans la communauté de communes, ce qui est déjà bien. Et nous avons la chance d’avoir quelques structures en activité pas trop loin de l’école...Il faut juste marcher un peu ! ».

« Il faudrait faire de l’art tout le temps avec les élèves, dans toutes les matières. Certains parents sont tellement aliénés par la logique du socle commun qu’ils réclament la suppression de l’enseignement musical au profit des dictées et compagnie. »

« Théâtre, musique, danse, arts plastiques, cinéma, création vidéo devraient être les piliers de l’enseignement du français, du vivre ensemble et du devenir élève. Ces pratiques développent le goût du beau, la curiosité d’esprit, le besoin de créer, l’esprit critique et le plaisir du faire et du vivre ensemble. Au lieu d’augmenter le nombre toujours croissants de consommateurs non avertis, cela pourrait augmenter celui des citoyens avertis, ce qu’aucun gouvernement ne semble rechercher depuis au moins 20 ans ».


« Dans l’établissement rural où j’exerce, je pense que le savoir-faire manuel a encore la cote et est considéré pour certains comme un paramètre non négligeable de la réussite scolaire en tant que levier de confiance »...


« Il me semble que tout cela dépend énormément du chef d’établissement et de sa conviction, ou pas, de la nécessité de l’enseignement des arts dans le développement personnel des élèves ».


« Je trouve que mes conditions de travail sont bonnes. Les élèves s’investissent globalement dans le cours et leurs pratiques. Le retour des parents est plutôt positif et dénote une certaine importance accordée à la discipline dans la scolarité de leur enfant ».


« La mise en place de projet artistique prend un temps énorme et non reconnu par l’institution. De plus, la matière n’est pas forcément reconnue comme une matière réelle ; certains collègues et l’administration ne reconnaissent pas l’investissement du professeur qui est sollicité pour des affiches, etc ...sans aucune réflexion sur l’approche disciplinaire ».


« J’ai travaillé comme prof de français en lycée, en collège auparavant et j’aime mon métier ; maintenant, en exerçant les deux matières, j’estime travailler cinq fois plus sans reconnaissance, sans assez d’argent, en prenant sur ma vie de famille et mon énergie, sur mon temps libre, sans jamais avoir d’heures supplémentaires rémunérées ; au sein même de l’établissement, les collègues et le personnel ne semblent pas prendre au sérieux notre travail : pensent-ils que l’on s’amuse ? Revendications : une décharge ! Etre payée à hauteur du travail accompli ! Ne pas avoir à me battre pour financer ce qui est DANS LES INSTRUCTIONS OFFICIELLES ou un jour, redemander, par lassitude, un poste « normal », voire faire « autre chose ».


« Incontestablement si le regard de ma hiérarchie (administration et IPR) était dans la justesse de l’observation de tout le travail que j’ai entrepris dans le cadre des enseignements artistiques (option danse et arts du spectacle), nul doute que je ne serais pas hantée par l’éternelle nécessité de prouver que cet enseignement a de la valeur. En ouvrant, seule, l’option facultative danse dans l’académie de Reims, je savais bien qu’il fallait avancer par la preuve, mais aujourd’hui, après 7 ans de réflexion, j’ai la conviction que toutes les preuves accumulées n’ont rien changé dans le regard et la conscience des gens qui sont les décideurs. Je me force à ne pas être amer .... Je m’oblige à être encore pourvoyeur de projets artistiques .... Je m’acharne à penser que les lycéens que j’éduque dans ce monde du sensible sauront peut-être un jour porter plus haut ce flambeau....En attendant ce jour, je cultive solitaire ce jardin éphémère ».


« La partie « histoire des arts », sans fléchage d’horaire ou de discipline, est une fumisterie, ou seulement la bonne volonté de quelques-uns permet de la mettre en place, quand elle est réellement mise en place... Je suis convaincue de l’importance de la matière « arts appliqués » en lycée pro, pour faire passer des notions par d’autres biais que l’écrit qui rebute certains élèves, (et aussi pour l’ouverture d’esprit qu’elle amène et son aspect ancré dans la société actuelle) ; mais désormais avec 1h/semaine, le sens de notre discipline est perdu et en tant qu’enseignant, c’est difficile à supporter et démotivant... ».


« Si l’institution s’accorde à considérer les enseignements artistiques comme nécessaires et fondateurs, bien peu de moyens et de considération sont mis en œuvre réellement pour atteindre les objectifs de l’accès à la culture pour tous ».


« J’enseigne en lycée agricole une matière qui n’existe pas dans l’EN (ESC) et je l‘évalue en contrôle continu ».


« Pour conclure, mes collègues ne connaissent pas la matière que j’enseigne ; je crois même que mon collègue d’arts-appliqués la confond lui-même avec la matière enseignée en collège (arts-plastiques) ; les parents autant que leur progéniture se désintéressent complètement de cette discipline... ».


« Beaucoup d’investissement et de responsabilité depuis 3 ans (coordination) pour un poste de contractuel très précaire et plus que jamais remis en question. L’objectif étant de remplacer ces postes par des titulaires ».



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Formation


« Les stages PAF ne sont plus que d’une journée et sont de moins en moins intéressants... ».

« Besoin de formations et de rencontres avec des artistes, et pourquoi pas de pratiques pour nous, adultes ? »

« Le PAF, et plus généralement la formation en arts n’existent quasiment plus dans le primaire (au moins dans le département), même pour la maternelle. C’est le plus gênant... ».

« Nous aurions surtout besoin de formation dans ces disciplines artistiques, car les Arts sont abordés TOUS les jours, en Maternelle (enfin, c’est ma pratique), car TOUS les domaines d’apprentissage sont dans les Arts, et nous nous attachons énormément au développement personnel de l’enfant ! ».

« Je ne me sens pas du tout à l’aise pour l’enseignement de la musique, et pourtant je suis persuadée que c’est essentiel. En maternelle, en tous cas de ce que je peux voir autour de moi, arts plastiques et travaux manuels sont trop souvent assimilés, mais la faute à qui ? Qui nous forme réellement ? Où sont les CP arts visuels ? Ils ont des zones bien trop vastes pour être présents et nous épauler... ».

« Beaucoup de mes collègues se sentent incapables d’assurer ces enseignements (gros manque de formation !!!) ou estiment ne pas en avoir le temps. Allez, les TAP vont régler tout ça !! (mais non, j’rigole !! Mais un peu jaune, quand même)... ».

« Le PAF se réduit comme peau de chagrin ; j’ai pourtant bénéficié de stages longs de 3 semaines, il y a quelques années, qui m’ont permis de me former davantage ».

« Je manque aussi de formation dans ce domaine que je trouve pourtant indispensable à l’épanouissement de l’enfant ».

« La pluridisciplinarité a ses limites... Les compétences à atteindre sont de plus en plus ambitieuses. Créer doit rester un plaisir aussi bien pour l’élève que pour l’enseignant... ».

« La formation reçue en arts est totalement insuffisante pour pratiquer avec les élèves ».

« Le PAF, et plus généralement la formation en arts n’existent quasiment plus dans le primaire (au moins dans le département), même pour la maternelle. C’est le plus gênant... L’enseignement des arts plastiques est de ce fait délabré : confusion entre ’graphisme’ (préparatoire à l’écriture) et arts visuels, collègues multipliant les œuvres à la manière de", importance donnée au rendu final (qu’on puisse l’accrocher sans honte au mur) au détriment du processus de création et de la liberté de l’enfant... Moi-même, non-spécialiste, j’ai l’impression permanente de ne pas savoir vraiment où je vais. »


« Du temps de formation initiale et continue dans toutes les disciplines. Et, surtout des formations riches et variées dans des lieux porteurs de sens ».


« Des formations pas adaptées qui ne tiennent pas compte des désirs de l’enseignant qui est aussi un artiste à la base, pas qu’un pédagogue ! 6 heures de route aller-retour pour une formation ! Pas d’heures de concertation ni en arts plastiques et peu en histoire des arts ».


« L’enseignement aux élèves de segpa est imposé (même lorsqu’on est en situation de pouvoir choisir) alors qu’aucune formation ne nous a été donnée ».



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Bidouillage


« L’option facultative que j’ai créée est officieuse bien que 100 élèves y participent ».

« Je bidouille tout seul la plupart du temps. Le théâtre de Vénissieux propose depuis quelques années des mercredis matins de préparation aux spectacles avec les artistes et ça, c’est vraiment bien. On fait du mieux qu’on peut et avec peu de moyens. Frustrations et sentiment du « ni fait ni à faire »... Des besoins en formation, en espace pour travailler et en matériel ».


« Enseignante à temps partiel, il y a 2 ans, le complément a été effectué par une contractuelle ne s’étant jamais trouvée face à une classe et ne présentant pas les compétences musicales et pédagogiques requises. Difficile, dans ces conditions, de donner du poids à notre matière dont les intérêts pour les élèves ont déjà sans cesse besoin d’être justifiés… ».


« La situation de sureffectif dans le collège m’oblige, moi et ma collègue, à faire des cours dans des salles de cours lambda ».



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Temps

« Plus que le temps nécessaire pour installer et ranger, c’est le temps de présentation (affichages au mur, mise en valeur...) qui est long en maternelle, car les enfants ne peuvent que difficilement le faire seuls. . »

« J’exerce en CM2 et le programme étant très chargé, nous sommes régulièrement amenés à supprimer des séances d’arts, ce qui est extrêmement regrettable de mon point de vue ».

« Gros manque de formation et de temps pour la mise en œuvre dans les classes pour cause de temps d’installation et de rangement ».


« Du temps !!! Du temps de concertation pour élaborer de véritables projets transdisciplinaires et enfin arrêter cette pseudo pédagogie multidisciplinaire. Stop aux réunions « peau de chagrin » du midi, le sandwich entre les dents, et à celles du soir la tête pleine de fatigue. A quand la reconnaissance de ce travail de réflexion nécessaire à toute pédagogie » ?


« Besoin de temps d’harmonisation sur temps de service ; cours d’une heure (moins en réalité) trop court ».


« 55 mn pour faire l’appel, proposer le sujet, démarrer la pratique, ranger et nettoyer, faire venir la classe au tableau pour la discussion autour des productions en cours, projeter des œuvres de référence, distribuer fiches d’histoire des arts, les lire ensemble, rendre les travaux notés, etc. : c’est la course ! Plus assez de temps pour la pratique. Deux fois plus de temps pour préparer les cours à cause de l’histoire des arts ».



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Salles


« La problématique des lieux adaptés à la pratique est criante (studio de danse avec parquet et miroirs, salle audio équipée dans la proximité, salle de spectacle avec une scène suffisante 12x12, type amphithéâtre). Des lieux de travail et de production intramuros sont le garant d’un accès possible à l’offre culturelle pour tous. Ces dernières années, la situation n’a cessé de se dégrader et finit par décourager même les plus engagés ».

« Problème de l’installation concrète du matériel, quand on veut faire de la peinture à 25, et du nettoyage, très long. Problème de place quand il faut laisser sécher les productions (peinture) ».

« La salle spécifique Arts plastiques est au centre aéré de notre ville ; nous l’utilisons. Il n’y a aucune salle libre pour avoir un espace spécifique pour la musique et nous n’avons quasiment pas d’instruments ».

« Manque d’un endroit spécifique, pour l’art plastique ».

« Nous manquons d’espace dans nos classes et cela de manière générale, pas seulement pour l’enseignement des arts plastiques ».

« Je manque de place et je trouve qu’il est épuisant de gérer une classe de 26 élèves pendant cette activité. Et pourtant j’ai des CM1 et j’ai la chance d’avoir un point d’eau dans ma classe. Ce qui fait que je me limite à de petites productions ».

« Nous avons un vidéo projecteur dans l’école. On utilise aussi celui d’une collègue ».

« Manque de matériel pour explorer personnellement des pratiques, des techniques. Avec les élèves : contraintes de place et de temps » !

« Nous n’avons pas d’équipement audiovisuel dans chaque classe, mais nous avons une salle équipée sur l’école, ce qui est déjà très appréciable ».

« Dans mon école, nous n’avons même pas de connexion internet dans les classes, ni dans les salles informatique ! ».



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Matériel


« L’enseignant en arts plastiques gère les déplacements pédagogiques dans sa salle : le faire, le voir, le réfléchir... (Encore faut-il avoir l’espace et l’énergie nécessaires). . Il gère aussi les réalisations. Dans le pire des cas, c’est au format A4 et dans le meilleur, intransportable (encore faut-il avoir une réserve digne de ce nom). Les techniques et les matériaux divers et variés sont deux petits mots qui ne prennent pas de place dans un programme officiel : dans une salle, c’est une armoire et des bacs où 450 élèves peuvent passer chaque semaine, des commandes et des cartons à vider... Où se trouve l’heure de labo » ?

« Nous avons un vidéo projecteur dans l’école. On utilise aussi celui d’une collègue ».

« Manque de matériel pour explorer personnellement des pratiques, des techniques. Avec les élèves : contraintes de place et de temps » !

« Nous n’avons pas d’équipement audiovisuel dans chaque classe, mais nous avons une salle équipée sur l’école, ce qui est déjà très appréciable ».

« Dans mon école nous n’avons même pas de connexion internet dans les classes, ni dans les salles informatique »


« Manque de matériel informatique récent et connecté dans ma salle (seulement un ordinateur récent pour toute la classe !!) Ce qui pose des problèmes en Terminale où les élèves sont censés faire des recherches fréquentes pour leur dossier personnel... ».


« Par ailleurs, nous devons apprendre à nos élèves à se servir des outils informatiques pour réaliser des compositions (par exemple, une affiche, une bannière web, etc.) : le seul outil à notre disposition - installé au passage par mon collègue (sur les dix postes) via une version offerte lors de son achat personnel d’une imprimante - est un Photoshop allégé. Or Photoshop est principalement bénéfique à la retouche photo. Je ne parle pas de la lenteur excessive des machines ou du serveur, ou des deux cumulés... Pas de point d’eau dans la salle : l’on doit se contenter de feutre, découpages ou crayons de couleurs ».


« En bac professionnel, la nouvelle évaluation sous forme de dossier demanderait que toutes les salles que nous occupons soient équipées en informatique, ce qui n’est pas du tout le cas chez nous. Les salles que nous occupons se situent dans le bâtiment le plus vétuste du lycée, qui ne sera réhabilité que dans 3 à 4 ans ».


« La dotation en matériel n’est évidemment pas suffisante. Nous avons un manque d’espace pour enseigner dans de bonnes conditions. L’investissement des élèves mérite plus de considération ».



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Moyens

« L’atelier d’arts visuels est conçu par l’enseignant mais le plus souvent mené par l’ATSEM (l’enseignant étant pris par des objectifs considérés comme prioritaires : langage, graphisme, prélecture, phonologie, math...) ».

« Je me sens plutôt privilégiée, avec un très bon budget qui permet de réaliser les sorties (spectacle, films) sans faire payer les parents. Les fournitures pour l’art visuel sont coûteuses parfois, mais ce n’est jamais un souci sur notre école ; nous sommes en zone rurale, mais faisons partie de LAVAL agglo (grosse ville du département), ce qui nous donne accès à des prix réduits. Les parents d’élèves sont sensibles à l’ouverture culturelle et sont bien présents lors des présentations de projets ».

« L’enseignement artistique me semble relever du plaisir, de la découverte, de la recherche plastique, mais c’est trop compliqué à mettre en œuvre, alors nous allons souvent au plus simple : feutres (pas salissants et ne demandant pas une mise en place particulière, mais c’est beaucoup moins épanouissant !!!) ».

« Le ménage n’est pas fait dans la salle de peinture, qui sert aussi de salle d’étude le soir. Vieilles peintures, vieux pinceaux, nettoyés par l’enseignant après la classe ou par les élèves, mais n’importe comment. Salle trop petite et mal aménagée pour 28 élèves ».

« En maternelle, la présence d’une ATSEM ou non change énormément la donne. Il y a des villes avec une ATSEM par classe et d’autres avec une pour 2 classes. L’art plastique est un des enseignements, une des activités les plus impactées par la présence d’une ATSEM ».

« Pour la question du matériel, on apprend vite à travailler avec des matériaux de récupération, souvent parce qu’on n’a pas les moyens d’acheter, mais je pense que cela nous amène aussi à faire des merveilles avec peu... C’est l’apprentissage de la vie, non ? On peut danser sans Musique, en chantant, en jouant les percussions au sol.....Evidemment, il y a un minimum, mais il ne faut pas que ça devienne une excuse ! Evidemment, il y a des problèmes, par exemple le choix des catalogues pour les achats de matériel : depuis quelques années, la mairie a dû faire le choix par appel d’offre, et nous n’avons plus qu’un petit catalogue, avec très peu de choix dans le matériel d’art plastique, et de jeux éducatifs ; tout ça de qualité très médiocre, c’est affligeant !...On s’adapte, on fabrique nos jeux....ce qui nous prend beaucoup de temps ! ».

« Pour effectuer un réel enseignement qui permettrait aux enfants de s’épanouir dans ce domaine, il faudrait y consacrer beaucoup plus de temps avec des découvertes d’œuvres dans de vrais musées, des vidéos avec des détails des œuvres, des pratiques constructives avec des aides pour épauler les élèves dans leurs réalisations. C’est possible lorsqu’on part en classe artistique A Draveil, dans mon école, nous n’avons même pas de connexion internet dans les classes, ni de salle informatique ! ».

« Je pense que le dispositif des maîtres supplémentaires dans le 1er degré pourrait être une aide, un accompagnement pour ces disciplines qui passent souvent à la trappe pour diverses raisons (manque de temps dû aux programmes surchargés, manque d’outils et de formation...) Alors pourquoi ne pas créer des personnes ressources qui seraient sur le terrain pour ces activités » ?


« De moins en moins de budget, je n’ai plus la possibilité de faire un atelier de pratique artistique. Je ne le désire, d’ailleurs, plus, car ce n’est pas sur mon temps de travail ».


« La baisse des budgets DRAC pour les options facultatives corollairement à la montée des effectifs due aux mutualisations, oblige à travailler moins avec les artistes. Ce désengagement est dommageable ».


« Les réelles difficultés sont budgétaires ; par rapport au lieu de notre établissement, la moindre sortie pédagogique a un coût important et nous sommes donc limités. De plus si elle dépasse le temps scolaire nous sommes également limités car les élèves ne sont pas très mobiles en dehors du bus mais notre chef d’établissement essaye toujours de faire en sorte que nous puissions faire des sorties culturelles ».


Les Drac ne "financent" plus les enseignements d’exploration dont le programme est tout à fait impossible à réaliser en zone rurale et nous ne sommes de toute façon pas formé-e-s à ce nouvel enseignement proche des Arts Plastiques. Les Drac ne financent pas non plus les options facultatives alors que le partenariat est clairement indiqué dans le BO. Enfin, nous devons tous les ans faire des bilans et des avenants et des dossiers .... ».


« J’enseigne depuis 13 ans en option Cinéma. A cause du coût des intervenants et des baisses des subventions DRAC, je fais quasi moitié moins d’interventions de professionnels qu’il y a 10 ans. La subvention pour les facultatifs a été supprimée par le Rectorat parce qu’on avait une option obligatoire ! Ce qui revient à financer ces options fac sur les Crédits DRAC normalement alloués uniquement aux obligatoires (très grande hypocrisie du système !) ».


« Nous avons un manque d’espace pour enseigner dans de bonnes conditions. L’investissement des élèves mérite plus de considération. C’est grâce à leur rigueur que nous arrivons à finaliser l’ensemble des projets. C’est pourquoi l’examen final ne paraît pas être à la hauteur des exigences qui s’articulent sur 3 ans de travail ».



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Territorialisation

« Grâce à la volonté de la mairie, nos élèves de RESS ont accès à la culture, dans le but de réduire les écarts avec d’autres publics. Malheureusement, la mairie, ce n’est pas l’éducation nationale...On préfèrerait que ce soit elle qui assume, et donc qui paie... ».

« Certaines communes sont favorisées (exemple à Villeneuve les Maguelone : le centre Bérenger de Fredol, facilement accessible, présente énormément de prestations artistiques et de rencontres pour les écoles, à condition que les enseignants s’en saisissent)... ».

« Etant dans une zone géographique excentrée de la capitale régionale, il est plus difficile d’emprunter du matériel pédagogique au CRDP, notamment les reproductions d’œuvres sur posters qu’il est impossible d’emprunter en navette. Les études d’œuvres se font donc sur de petites reproductions, ce qui ne permet pas une véritable observation. Mon expérience en dehors du cycle 1 me permet de dire que c’est le seul cycle où l’on peut consacrer un vrai temps pour cet enseignement, les cycles 2 et 3 étant saturés" par un programme trop lourd à mettre en place et ne favorisant pas l’interdisciplinarité ».

« La mairie fait des efforts pour l’ouverture culturelle des enfants (budget pour des intervenants et des sorties culturelles) mais pas de classe de découverte en contrepartie. Ce qui est très bien, car mieux vaut avoir un professionnel toute l’année ou des visites de musées ! ».

« Un budget culturel par enfant est alloué par la commune ; cela offre déjà quelques possibilités et la commune serait prête à financer plus d’intervenants. Mais l’Éducation Nationale limite le nombre d’heures d’intervenants en maternelle à 8 heures par an !!! Nous n’avons pas d’équipement audiovisuel dans chaque classe, mais nous avons une salle équipée sur l’école, ce qui est déjà très appréciable ».


« Travaillant dans deux établissements, dont l’un change tous les ans, je rencontre des situations variables dans ces autres établissements. Les installations et dotations en matériel en particulier, peuvent être très misérables (pas d’instrument pour les élèves, pas de vidéo-proj, des ordis trop vieux, trop lents, personne ne sachant les gérer. En général, ce sont les collèges accueillant des publics plutôt défavorisés qui sont eux même défavorisés ».


« Heureusement que la Région a pris le relais financier de la Drac, qui a baissé sa subvention en spécialité et annulé celle de facultatif ».

Sur le Web