Et maintenant ?

vendredi 1er juin 2012

La droite qui organise depuis dix ans la régression sociale, la casse des garanties collectives et des services publics a subi le 6 mai une défaite politique majeure.

Les glissements successifs vers l’extrême droite du discours du président sorti et le score du parti xénophobe ont renforcé les tendances les plus réactionnaires de la société. Pour contrer le renforcement cette idéologie, nous devons lutter pour imposer des alternatives à cette société d’inégalité et de précarité.

La croisée des chemins

Soit nous acceptons comme une fatalité les diktats du patronat et des marchés financiers et les mesures d’austérité qu’ils continueront d’exiger, soit nous organisons la lutte pour défendre les acquis sociaux, pour en conquérir de nouveaux et imposer une autre répartition des richesses. Le véritable changement dépend de nos mobilisations, de notre volonté et de notre capacité à faire plier les puissances d’argent qui veulent nous faire payer leur crise.

Si nous ne changeons pas radicalement le rapport de forces, nous subirons les purges qui s’appliquent aujourd’hui dans d’autres pays d’Europe, quelle que soit la couleur politique de leurs gouvernants. La victoire électorale contre la droite peut être un point d’appui pour repartir à l’offensive. Cela suppose de définir des revendications immédiates et de construire sans attendre des luttes pour les faire aboutir.

Pour l’École publique, refuser la rentrée prévue par la droite

Au cours du quinquennat qui s’est achevé le 6 mai, l’Éducation nationale a connu le pire plan social de son histoire, la formation professionnelle initiale et continue des enseignants a été mise à sac, toute l’aide à la difficulté scolaire - les RASED détruits - a été externalisée à tous les niveaux dans ce qui devient un véritable « marché de l’angoisse ».

Nous exigeons l’abrogation de la réforme dite de « mastérisation » et l’institution d’une véritable formation professionnelle des enseignant-es sous statut de fonctionnaires stagiaires. Dès maintenant, nous demandons l’augmentation du temps de formation pendant l’année de stage après le concours

C’est l’égalité du droit à l’éducation pour tous qui a été attaquée. Nous exigeons dès la rentrée la remise en place des RASED, avec des moyens pour fonctionner.

Dans le même temps les logiques de contrôle ont vu se multiplier les systèmes généralisés de fichage informatique des élèves et des enseignants.

Nous exigeons la suppression de tous les systèmes de fichage centralisés, de flicage des élèves et des personnels, à commencer par Base-élèves.

75 000 postes ont été supprimés en 5 ans et pour la prochaine rentrée, le ministère a imposé 14 000 suppressions supplémentaires.

C’est la charge de travail qui ne cesse d’augmenter et avec elle la pression hiérarchique. Ce sont les conditions d’étude qui ne cessent de se dégrader : nombre d’enfants des classes populaires sont les victimes assurées de ces politiques de régression. Nous voulons stopper immédiatement cette logique qui frappe tous les niveaux d’enseignement et tous les services de la maternelle à l’université et cela dans toutes les académies.

La gestion du système par une évaluation généralisée qui met les établissements en concurrence et vide le métier d’enseignant de sa substance pédagogique a pour un temps été suspendue et le décret contesté sur l’évaluation des enseignants annulé.

Nous ne pouvons pas laisser la dégradation se poursuivre

Nous exigeons la restitution de tous les postes supprimés, par des créations de postes de fonctionnaires et non par des transferts d’autres secteurs publics ou de créations d’emplois précaires, l’annulation immédiate des 14 000 suppressions de postes pour la rentrée 2012.


Sud éducation s’est adressé à l’ensemble des organisations syndicales de l’Éducation nationale pour leur proposer de construire dans l’unité, sans attendre la fin de la période électorale, une mobilisation nationale contre les 14 000 nouvelles suppressions de postes. Dans plusieurs départements, des actions intersyndicales ont eu lieu dès les premiers jours de mai. Des manifestations s’organisent pour le mois de juin. Sud éducation appelle à les renforcer et à les multiplier. Sud éducation appelle tous les personnels à agir dès maintenant pour refuser une nouvelle rentrée de régression scolaire.