Exemple de construction de la convergence des luttes dans l’éducation : le collectif éducation Val-de-Marne

jeudi 10 mai 2018

Construire

Dans le département du Val-de-Marne, une forte mobilisation contre les fermetures de classe (168 pour 2018, dont 73 en élémentaire et 95 en maternelle) existe depuis le mois de février, avec une grève massive le 9 février à l’appel de l’intersyndicale 1er degré (Sud éducation 94, Snudi-FO 94, CGT éduc’action 94 et CNT) : 150 écoles fermées, 1000 personnes devant l’inspection académique, plus de 300 à l’assemblée générale de grévistes.
Dans le même temps, la mise en place de la réforme du baccalauréat et du lycée, ainsi que l’application « Parcoursup », mobilisent les lycées, enseignant-es comme élèves.
Face à la mollesse de l’intersyndicale en termes de perspectives, des parents, des enseignant-es des 1er et 2nd degrés, des étudiant-es et des lycéen-nes ont décidé de se réunir et de se constituer en collectif pour faire face aux attaques sans précédent du gouvernement contre le service public d’éducation, de la maternelle à l’université : le collectif éducation 94.
Le collectif dénonce sans appel toutes les réformes visant à détruire le système d’enseignement public et constituant une attaque d’une ampleur inédite contre la qualité de l’enseignement, la démocratie scolaire et l’égalité devant l’éducation.

Amplifier

Au cours des différentes assemblées générales, le collectif s’est peu à peu structuré avec la création de différentes commissions pour coordonner les actions et les revendications : élaboration d’un calendrier d’actions, développement d’une plateforme revendicative commune, mise en place d’une liste de diffusion et d’une présence sur les réseaux sociaux (twitter, facebook), liens avec les différents collectifs locaux (villes, écoles, collèges, lycées, universités...).
Plusieurs actions ont vu le jour au cours du mois de mars -avec un point d’orgue le 22 mars. Elles ont permis une médiatisation des revendications, reprises dans la presse locale :
• nuit des écoles le 15 mars dans une dizaine de communes du Val-de-Marne ;
• enterrement symbolique de l’Éducation nationale au Panthéon le 24 mars ;
• happening aux Assises de la maternelle « Tous en selle pour la maternelle » le 28 mars ;
• tournées dans les établissements, collages, AG de ville, « nuit des écoles » tournante, manifestations locales...

Converger

Parallèlement, face à la réforme de la fonction publique qui aboutit à la précarisation et à la suppression des missions fondamentales du service public dans tous les domaines, le collectif éducation 94 œuvre à la convergence avec les autres secteurs en lutte, notamment avec les cheminot-es, en tenant compte par exemple des dates de mobilisation, mais aussi avec tous les services publics, menacés par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires prévue dans le programme CAP 2022.
L’Union locale Solidaires 94 et quelques Unions locales de ville aident concrètement à la convergence : organisation de collages, de diffusions de tracts en soutien aux cheminot-es...

Unifier

Avec quelques syndiqué-es du Snes-FSU, Sud éducation 94 est moteur dans l’animation et la coordination des actions avec les parents, quelques professeur-es des écoles et des enseignant-es mobilisé-es dans le second degré. Toutefois, le travail unitaire est très compliqué, chaque syndicat étant plutôt corporatiste et se réservant pour une stratégie pré-électorale, verrouillant ainsi toute action générée et proposée par « la base ».
Après deux mois de diffusions par le collectif, les syndicats apportent timidement des soutiens ponctuels, comme l’assemblée des écoles de Créteil, organisée le 10 avril par Sud éducation 94 et le Snuipp-FSU 94, ou le soutien tardif de la CGT éduc’action 94, malgré des invitations à chaque assemblée générale du collectif.
Enfin, la mobilisation avec les parents apparaît comme un élément essentiel dans la lutte pour obtenir des moyens. Depuis le début du mouvement, dans les écoles comme dans les collèges et les lycées, la mobilisation conjointe avec les parents d’élèves est essentielle.
En refusant la logique de la hiérarchie qui individualise les luttes, le collectif éducation 94 s’inscrit dans une lutte collective à l’échelle du département et est en passe de mobiliser plus largement, en coordonnant les actions à l’échelle de la région, avec d’autres collectifs, dans le 93, le 92 ou le 75.

Sud éducation Val-de-Marne