« Extrême droite, l’envers du décor »

Journée de formation intersyndicale -15 décembre 2016- Monteux 84
jeudi 12 janvier 2017

Les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl, dans le cadre de la campagne commune « Ensemble uni-es contre l’extrême droite », ont décidé d’un nouveau temps fort de réflexion, jeudi 15 décembre 2016, dans le Vaucluse. Dans ce département l’ancrage électoral et politique de l’extrême droite est parmi les plus élevés.
Plusieurs militant-es de Sud éducation Vaucluse ont participé aux différents ateliers.

Sémantique

L’extrême droite et la droite extrême s’approprient le vocabulaire, les discours, voire les figures de la gauche (Jaurès) pour les détourner de leur véritable signification. Elles utilisent des mots consensuels et des constats plus ou moins partagés avec les nôtres. Cela induit un brouillage des repères, une confusion dans l’esprit de nos collègues, de nos concitoyen-nes.
Leurs moyens de communication deviennent très importants, les médias sont de plus en plus complaisants et les slogans utilisés sont simplistes.
Face à cela, les militant-es ne sont pas suffisamment outillé-es, préparé-es à la riposte. Deux stratégies paraissent nécessaires mais insuffisantes : démonter l’imposture sociale point par point ; illustrer de contre-exemples concrets et défendre nos valeurs humaines, nos revendications, notre projet de société.

L’extrême droite aux commandes

Dans le secteur de l’Éducation, le premier degré est directement confronté aux municipalités d’extrême droite. Ces dernières peuvent agir sur les subventions, les baissant pour l’école publique et les augmentant pour l’école privée. Elles agissent aussi sur les personnels des collectivités territoriales (ATSEM, agents d’entretien et de restauration, animateurs/trices des activités périscolaires etc.) grâce à la pression hiérarchique, pour diffuser le discours de la mairie et/ou pour garder un œil et une oreille dans l’école. Dans une même commune, la différence de traitement est nette entre les directeurs/trices qui collaborent et celles et ceux qui résistent.
Le second degré n’est pas en reste ! Au collège du Pontet une convention a été signée avec la mairie pour accentuer la politique sécuritaire (ficher les élèves « déviant-es »).
La presse municipale est de plus en plus utilisée pour diffuser la propagande de la mairie, voire pour attaquer certains agents territoriaux.
Des mesures inspirées des discours d’extrême droite (proposition ou non de plusieurs repas ; interdiction de la cantine aux enfants d’inactifs, baisse des subventions sur les sujets subversifs…) sont aussi mises en place dans des collectivités que l’extrême droite ne dirige pas : communauté de communes, conseil départemental, conseil régional.
L’action économique est loin de son discours anti-système. Elle applique des pratiques austéritaires, diminue les effectifs, privatise les prestations et n’oublie pas la bonne clientèle.
Face à ces attaques, les personnels ont besoin d’un lieu d’expression intersyndical et de coordination des salarié-es de la fonction publique territoriale.

Politique sécuritaire

La rhétorique sécuritaire contamine tous les discours de presque tout-es les politiques. Les origines sont multiples : des faits divers liés à la délinquance surmédiatisés ; des quartiers où la mixité sociale n’a pas été construite, délaissés par la disparition de la police de proximité ou d’acteurs sociaux–culturels... Alors que le taux de délinquance reste stable, le sentiment d’insécurité et les violences discriminatoires augmentent. La prévention est ainsi abandonnée au profit de la répression et de la surveillance, secteur bien plus profitable au capitalisme.
Même si les extrêmes droites, sont à l’origine du discours sécuritaire, elles n’ont jamais mis en place les politiques sécuritaires nationales. Elles n’ont pas, non plus, l’exclusivité des mesures sécuritaires locales (la ville de Nice est connue pour son équipement de surveillance).
Ce combat contre les politiques sécuritaires ne doit pas se restreindre à l’extrême droite. Nous devons lutter contre toutes les discriminations qui nous desservent tout-es et pour l’égalité des droits.
Cette journée est le point de départ d’un travail intersyndical départemental. Il nous faut créer localement un observatoire. Continuer à analyser les discours et les moyens d’expression de l’extrême droite, tout en y opposant nos propositions à partir d’exemples concrets pour que nous devenions visibles par tout-es les salarié-es.

Sud éducation Vaucluse