Face à l’extrême droite : organiser la riposte

Sud éducation Loiret
jeudi 6 novembre 2014
mis à jour samedi 8 novembre 2014

Les 29 et 30 novembre prochains, le parti fasciste tiendra congrès à Lyon. Parce que l’heure est à reconstruire une riposte antifasciste de masse, une manifestation, des rencontres et des débats seront organisés le même week-end à Lyon pour opposer au parti de la haine les valeurs d’égalité, de solidarité et de justice sociale qui sont les nôtres.

La Coordination nationale contre l’extrême droite (Conex), à laquelle adhèrent de nombreux collectifs antifascistes locaux, a organisé les 28 et 29 juin derniers des assises qui ont rassemblé plus de 200 participant-es venus de tout l’hexagone. De ces assises est sorti l’appel « Unir et agir face à l’extrême droite » se donnant pour but d’organiser une manifestation de masse face au congrès du FN à Lyon.
Signé par plus d’une cinquantaine d’organisations, pour l’essentiel des collectifs antifascistes et des structures syndicales locales et fédérales (dont de nombreux Sud-Solidaires mais aussi CGT), l’appel est également soutenu par Alternative libertaire, Ensemble et le NPA.
Cet appel prend acte de la période périlleuse dans laquelle nous nous trouvons : « Alors qu’une quinzaine de villes sont dirigées par l’extrême droite et que les présidentielles de 2017 sont un objectif majeur pour le FN ;
alors que les idées d’extrême droite gangrènent la société ;
alors que les actes de violence des groupuscules fascistes se multiplient ;
alors que la situation économique et sociale s’aggrave à travers toute l’Europe ;
alors que la jeunesse peine à trouver l’espoir en de jours meilleurs ;
nous appelons toutes les forces antifascistes, quel que soit leur champ d’intervention et à hauteur de leurs moyens, à s’unir et agir face à l’extrême droite ».

Ne se limitant pas à une dénonciation morale du fascisme, il précise clairement que « Faire barrage à l’extrême droite passe aussi par la lutte contre l’austérité, par le dépassement de la crise du capitalisme et par une juste répartition des richesses ».
Il rejoint en cela la préoccupation de la fédération Sud éducation qui est de développer un antifascisme social. Antifascisme, axé sur la lutte contre les inégalités qu’engendre le système capitaliste, et capable d’organiser une riposte concrète et la plus massive possible à la montée des forces d’extrême droite.

L’extrême droite monte... faut la descendre !

Aujourd’hui, les idées d’extrême droite progressent partout : elles ont déjà gangrené les politiques gouvernementales, de droite comme de « gauche », qui depuis des années s’évertuent à lutter contre le prétendu « problème de l’immigration »... ne réussissant qu’une seule chose, augmenter à chaque scrutin le score du parti de Le Pen.
La « lepénisation » des esprits, l’aggravation des inégalités et de la crise économique et sociale comme sa normalisation médiatique sont les facteurs de la fameuse « dédiabolisation » du FN. Il y a un an, le FN lançait un appendice dans l’Éducation nationale : le Collectif Racine [voir notre tract fédéral]. S’il ne s’agit pas de surévaluer la réalité de ce collectif (plutôt exsangue et qui, loin d’être capable d’une réelle intervention dans le milieu, se pense plutôt comme un « think-tank » sur les questions éducatives), force est de constater qu’il s’inscrit parfaitement dans la stratégie de dédiabolisation du FN en permettant à des enseignant-es de faire leur « coming out », en donnant un visage respectable à ses adhérent-es, en prouvant qu’il peut s’implanter même dans les professions qui sont perçues comme lui étant le plus défavorable.

Reconstruire un antifascisme de terrain

À Sud éducation, nous pensons qu’il ne faut pas céder un pouce de terrain à l’extrême droite, qu’il s’agisse du FN, de groupes plus radicaux ou de forces réactionnaires. Il s’agit bien d’un combat quotidien. Nos luttes syndicales, les valeurs que nous défendons, construisent une solidarité de classe qui est le véritable rempart à la progression de l’extrême droite. Mais, face au danger de plus en plus présent, il faut que s’organise une riposte antifasciste ancrée sur le terrain et coordonnée au plan hexagonal comme à l’échelle du continent.
Le week-end antifasciste contre le congrès du FN à Lyon de fin novembre, fait partie de ce processus. Le renforcement des collectifs antifascistes locaux, dont nombre ont été créés suite à l’assassinat de notre camarade Clément Méric, est également nécessaire. Et il est important que les organisations syndicales y prennent toute leur place : c’est clairement le choix de la Fédération Sud éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le site internet de la mobilisation antifasciste de Lyon : www.alyonnousfaceaufn.org