Face à la haine du genre, battons-nous en nombre !

Sud éducation Haute-Normandie
jeudi 6 novembre 2014

Retour sur une année de mensonges et d’inepties

Depuis janvier 2014, les très média- tiques « Journées de Retrait de l’École » pratiquent glissements sémantiques, approximations terminologiques, amalgames, citations déformées, détourne- ment de photographies pour discréditer la politique de l’EN et diffusent massive- ment des rumeurs pour affoler les parents crédules : « enseignement obligatoire du genre », « sextoys utilisés à l’école en France », « sexes en peluche distribués aux jeunes enfants »... Le summum est atteint quand le mouvement orchestre une campagne de calomnies, à l’encontre d’une enseignante de maternelle de Joué- lès-Tours, à l’aide d’une vidéo sordide l’accusant d’avoir provoqué des attouchements sexuels d’enfants, dans sa classe, et la menaçant de mort.

La nouvelle Inquisition et la censure préventive

L’attitude du gouvernement n’est pas qu’acrobatique et ridicule : elle témoigne d’une vraie défaite idéologique. Les conséquences pour nous sont concrètes : des documents scolaires ou culturels sont diabolisés. Avant 2013/2014, nous avons déjà connu des affaires retentissantes : en 2010, Chatel fait abandonner la projection du film Le baiser de la lune, en CM. En 2011, en revanche, il maintient le chapitre « masculin-féminin » dans les pro- grammes de SVT de 1ère.
Mais l’an dernier, le rythme s’accélère : le film Tomboy, les albums Papa porte une robe ; Tous à poil ; Tango a deux papas ; Melle Zazie a-t-elle un zizi ?... provoquent les éructations de Copé, d’évêques, d’associations familiales et religieuses.

Rentrée 2014, l’obscurantisme se déchaîne toujours

Le gouvernement ayant annoncé l’abandon des ABCD de l’égalité, la réaction triomphe et continue ses intimidations :
En mai 2014, F. Belghoul (instigatrice des JRE) crée une association de parents d’élèves : la FAPEC (Fédération Autonome de Parents d’Élèves Courageux !). S’il ne s’agissait que d’une appellation ridicule, nous pourrions nous contenter d’en plaisanter. Mais elle pratique un activisme redoutable à l’extérieur de l’école. Elle se définit comme une « organisation de résistance » visant à « interdire l’idéologie du genre », un organisme de formation des parents (présents, anciens et futurs !) et de remédiation aux difficultés scolaires face aux mauvaises méthodes de l’EN (source : le site egaliteetreconciliation.fr d’A. Soral). L’acte de création de la FAPEC se conclut par le slogan « vaincre ou mourir », preuve de la violente détermination de sa nuisible fondatrice.
Fin août, des établissements reçoivent un courrier d’avertissement de la MPT qui reprend les rumeurs concernant la prétendue « théorie du genre » et exprime une volonté d’ingérence dans les programmes et les choix pédagogiques. Ce n’est pas anecdotique : la consultation des sites de ces associations montre qu’elles recensent frénétiquement les publications jugées inadéquates et les bibliothèques, écoles, sites pédagogiques et associatifs qui les promeuvent, et incitent à la surveillance et à la délation.
La MPT, ses partenaires et soutiens constituent un réseau aux ramifications multiples. Leur bréviaire simpliste, « les enseignants instruisent et les parents éduquent », aboutit à pratiquer la censure à l’École et dans la culture, à limiter la réflexion, la pensée critique en instaurant des tabous conceptuels qui brident le questionnement par l’occultation de mots, de documents, d’œuvres d’art.

Nous aussi, restons vigilant-es et déterminé-es

Nous luttons pour une autre société. Nous devons donc défendre le concept de genre qui permet de remettre en cause un ordre social inégalitaire.
Nous luttons pour une autre école : nous devons donc persister à déconstruire les stéréotypes. Face à l’ « arrêt total du plan égalité - Najat » (sic) réclamé par F. Belghoul, opposons des pratiques scolaires visant à neutraliser les conséquences de l’étiquetage sexuel des élèves, pour que chacun-e choisisse vraiment son avenir et sa façon de vivre. Face au fantasme réactionnaire de l’égalité menant à l’ « indifférenciation », rendons « indifférent » qu’un enfant soit garçon ou fille pour lui pro- poser toute la diversité des activités, des découvertes, des études, des professions.
« Venez changer l’histoire » est l’accroche de la MPT pour inviter à participer au 5 octobre. Même les pires réactionnaires savent que leur ordre millénaire est périssable ! à nous de contribuer à ébranler leur système patriarcal par une éducation anti-sexiste utilisant toutes les ressources et les dispositifs qui peuvent y contribuer.