Femmes et politiques d’austérité

samedi 16 février 2013

Parmi les principales mesures concoctées pour les gouvernements d’Europe, placés sous la tutelle ou la forte influence du FMI et des Institutions européennes, figurent en bonne place : une baisse généralisée des salaires et des retraites, la casse de la protection sociale, la destruction des services publics, la remise en cause du droit au travail et l’augmentation de la fiscalité sur la consommation.

Toutes ces politiques sanctionnent à terme l’émancipation des femmes. Les femmes sont affectées par les coupes budgétaires dans les services publics dont l’Éducation :
- parce qu’elles sont majoritaires dans la Fonction publique, elles sont les premières victimes des politiques de licenciement ou de non remplacement des départs en retraite. En France, plus de 18 000 postes supprimés pour la rentrée 2012 (- 80 000 en 5 ans !) et seulement 9 000 créations envisagées dans le cadre de « la refondation de l’école » ;
- parce qu’elles forment la grande majorité des précaires et représentent 70 % des travailleuses et travailleurs pauvres, elles sont davantage touchées par le chômage. Ainsi alors qu’elles constituent 46 % de la population active, elles représentent 50,46 % des chômeuses et chômeurs ;
- parce qu’elles sont les principales usagères des services publics. La réduction de ces services (qui frappe l’aide à la petite enfance, les services sociaux mais aussi la quasi-disparition de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans) pénalise plus durement les femmes. Dans la majorité des cas le choix du mode de garde des enfants est pour les parents un choix subi, dicté par la pénurie d’équipement et de service public. Les femmes interrompent majoritairement leur activité professionnelle pour élever les enfants. En matière de santé, les fermetures de maternité et de centres d’IVG menacent également les droits des femmes ;
- parce qu’elles ont des retraites plus faibles que les hommes et sont les principales bénéficiaires du minimum vieillesse, du fait de salaires plus faibles et de durées de cotisations plus courtes, les femmes ont des retraites inférieures à celles des hommes. En effet, la retraite reflète et amplifie les inégalités de la vie professionnelle et sociale. Dans la fonction publique, l’écart de salaires est de 15 % entre les hommes et les femmes et de 19 % pour les pensions. Le développement des emplois précaires et des temps partiels réduit considérablement ces dernières. En outre, les femmes assurent l’essentiel des responsabilités en matière d’éducation des enfants, des tâches domestiques et des soins aux proches. Ces activités qu’elles cumulent avec leur activité professionnelle les pénalisent de multiples façons dans le développement de leur carrière. Ces inégalités devant la retraite se sont accentuées avec la réforme Fillon en 2010. Le recul à 62 ans de l’âge légal du départ à la retraite et surtout à 67 ans pour partir à la retraite sans décote (quand on n’a pas de carrière complète) pénalise encore davantage les femmes.

Sud éducation, comme Solidaires, ne peuvent que s’alarmer des effets de ces politiques d’austérité. L’austérité met en danger les acquis des combats féministes et renforce les stéréotypes existant entre femme et homme. Pour enrayer ce processus, il nous faut changer d’orientation, redéfinir notre modèle de société et transformer les modes de production et de consommation. Il faut mettre en œuvre une politique qui réponde prioritairement aux besoins sociaux et environnementaux et soumettre l’économie à cela.

Sans un changement profond de la société, les mesures en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes ne pourront qu’être marginales.

Commission Droits des Femmes