Formation des maîtres : la galère continue pour les stagiaires, en attendant les ESPE ?

samedi 16 février 2013

Le dispositif transitoire : deux concours en 2012/2013

Le ministère annonce pour cette année deux concours distincts : l’un avec admissibilité à l’automne 2012 et admission en juin 2013, le second avec admissibilité en juin 2013 et admission en juin 2014. Le gouvernement a choisi de ne pas revenir immédiatement sur la masterisation. Les conditions quasi identiques en heures devant élèves pour 2012/2013 en sont la conséquence. Une nouvelle cohorte de collègues sera de nouveau jetée dans les classes quasiment sans aucune formation professionnelle, et presque à plein temps en 2013. Les admissibles au second concours devront pour leur part effectuer un tiers temps payé comme contractuel à mi-temps et subir des conditions de formation toujours inacceptables.

À partir de l’année universitaire 2013-14

Les concours auront lieu entièrement en fin de master 1 (admissibilité et admission), l’année de master 1 étant organisée pour être couplée avec la préparation au concours. Les admis-es seront fonctionnaires stagiaires pendant leur année de master 2 , année de formation professionnelle qui se fera en alternance à mi-temps en responsabilité sur le terrain. Cette nouvelle génération « Peillon » ne sera titulaire qu’à la rentrée de septembre 2015.

Sud éducation revendique l’abrogation de la mastérisation du recrutement, le retour au recrutement à la licence et la délivrance d’un master à l’issue d’une formation en alternance sous statut de fonctionnaire stagiaire. Nous ne pouvons que nous réjouir que le gouvernement ait décidé sur ce point de rompre de fait avec la masterisation de la droite. Comme cela était le cas antérieurement, les étudiant-es passeront désormais le concours l’année qui suit l’obtention de la licence et seront fonctionnaires stagiaires l’année suivante avec une formation professionnelle.

Les ESPE [1], pas de mieux avant la promotion 2014/2015 ?

La Loi crée les ESPE en lieu et place des IUFM (art 41). Il y aura une ESPE (école supérieure du professorat et de l’éducation) par académie (davantage en région parisienne, les antennes départementales pouvant être maintenues). Ces ESPE auront une relative autonomie, un budget intégré, et passeront des conventions avec les universités et les rectorats. (art 42)

Les missions de ces ESPE : assurer la formation initiale des étudiant-es se destinant au professorat et concours CPE du 1er et du 2nd degré, participer à celle des enseignant-es du supérieur (art 42), assurer la formation continue des personnels enseignants et d’éducation. À la rentrée 2013, ces ESPE accueilleront la 1ère génération d’étudiant-es qui seront titulaires en septembre 2015.

Ces ESPE, qui unifient la formation des enseignants et CPE, semblent se rapprocher d’une des revendications de Sud sur la formation des maitres ; mais nous trouvons très dangereux que le conseil de cette école comprenne des personnalités extérieures parmi lesquelles le directeur est nommé ; n’est ce pas là ouvrir la porte à des intérêts extérieurs à ceux de l’Éducation nationale ? Sur le contenu de la formation et les ESPE, le flou est pour le moment le plus grand. Il n’est cependant pas acceptable que les stagiaires soient appelé-es à travailler à mi-temps, ce qui est trop pour une entrée dans la profession dans de bonnes conditions. De même, aucun allègement de service n’est prévu pour les premières années des titulaires, alors qu’une entrée progressive dans le métier est d’évidence ce qui est le mieux.

Sud éducation Créteil


[1Écoles supérieures du professorat et de l’éducation