Grève des agents techniques en Île-de-France, L’allongement du temps de travail, c’est non, toujours non !

vendredi 16 mars 2012

La Région Île-de-France allonge le temps de travail

Le conseil régional d’Île-de-France a décidé en juin dernier d’un allongement du temps de travail des 8600 agents des lycées et cités scolaires. En CTP, Sud éducation avait voté contre avec la CGT et le SYNdicat des PERsonnels alors que CFDT et FO s’abstenaient.

Ce nouveau règlement, excluant la pause repas du temps de travail, augmente en conséquence de 30 à 45 mn la journée de travail. Il impose en plus un rattrapage d’une heure par jour d’absence (maladie, accident…) et ne décompte plus les jours fériés en semaine travaillée comme temps de travail effectif. Au total, ce sont près de trois semaines supplémentaires de travail par an !

Sud éducation appelle à la grève

Face à cette régression sociale, Sud éducation décide d’appeler à la grève. Une intersyndicale (sans CFDT, ni FO) s’organise et lance un appel commun à la grève et au rassemblement pour les 20/09, 10/11 et 08/12. À chaque fois, les délégations de l’intersyndicale (CGT, SYNPER, CFTC, UNATOS, Sud éducation) expriment la colère et les revendications des personnels en grève :
- aucune récupération en cas d’absence ;
- temps de repas dans le temps de travail ;
- mêmes volume et amplitude horaire pour les agents d’accueil que pour leurs collègues ;
- jours fériés en semaine travaillée décomptés comme temps de travail effectif ;
- reconnaissance comme temps de travail de la totalité du temps consacré à la vie de l’établissement.

Plus de 700 personnes sont venues manifester devant le siège de la Région. Des dizaines de cantines ont fermé. De très nombreux agents techniques ont fait grève, parfois rejoints par d’autres personnels.

L’exécutif régional ne s’attendait pas à une telle réaction et a admis devoir reconsidérer certains points  : première avancée, mais insuffisante.

Nous ne lâcherons rien !

La Région Île-de-France a commandé à un cabinet privé une enquête à destination des agents afin d’effectuer un soi-disant bilan de la mise en œuvre de ce nouveau règlement. Lamentable tentative d’esquive des revendications portées par les personnels ! Sud éducation a refusé de participer à l’élaboration de ce questionnaire qui ne pouvait que déboucher sur un simulacre de consultation servant les objectifs du donneur d’ordres, la Région.

Pour les personnels et nos syndicats, l’allongement du temps de travail, c’est non, toujours non !

Un nouvel appel intersyndical à la grève pour la semaine du 12 au 16 mars est lancé avec rassemblement massif le 13/03 devant le siège du conseil régional.

Il manque beaucoup de personnels dans les lycées, les remplacements sont très mal assurés. Il y a plus de mille emplois précaires parmi les personnels de la Région, ce n’est donc pas surprenant que le nouveau règlement cherche à imposer l’allongement du temps de travail !

À ces mesures inacceptables s’ajoute une politique d’emploi catastrophique :
- la Région Île-de-France ne crée pas d’emploi ;
- elle embauche 13% de son personnel en CDD ;
- elle condamne tous ceux qui assurent des remplacements de courte durée à retourner à la case chômage à la fin du contrat alors que les remplacements de personnels en arrêt ne sont quasiment jamais assurés, alourdissant le travail des agents en poste ;
- les contractuels sur postes vacants ne sont pas tous titularisés, plusieurs se voient « remerciés » sans ménagement après plusieurs années de travail pour la Région ;
- beaucoup de contrats aidés (CAE/CUI) ne sont pas reconduits et doivent de nouveau pointer au chômage.

À la Région Île-de-France comme à l’État, c’est la même politique !

Tous les collègues, qu’ils soient agents techniques ou administratifs, personnels de vie scolaire ou enseignants, sont concernés : à la Région comme à l’État c’est la même politique de réduction des effectifs, d’aggravation de la précarité, d’allongement du temps de travail et de gestion sur le mode du privé. Les entretiens professionnels se généralisent, comme l’individualisation des carrières, l’obligation de performance et la multiplication des tâches, le poids grandissant des hiérarchies et la souffrance au travail.


Face à ces attaques globales,une riposte globale de tous les personnels s’impose pour gagner !

Sud éducation, moteur dans l’intersyndicale, confirme sa présence influente dans le paysage syndical en Île-de-France. L’exécutif régional, qui pratique la discrimination syndicale à notre égard, doit désormais compter avec notre syndicat.

Sud éducation Paris