Grève et mobilisations les 13 et 15 décembre contre la transformation managériale de l’écoles, les attaques contre nos salaires et la soumission à la dettocratie !

lundi 12 décembre 2011

Transformation managériale de l’école

Les projets de décret et d’arrêté relatifs à l’appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels
enseignants, d’éducation et d’orientation s’inscrivent dans le cadre du « pacte de carrière » annoncé en 2009 par Chatel. Ils
prolongent donc la loi du 3 août 2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels des fonctionnaires d’État. Loi qui
introduit entre autres la possibilité de licenciement sans indemnités des fonctionnaires.

SUD éducation ne regrettera pas la disparition de procédures de notation et d’avancement artificielles et infantilisantes. Mais les
nouveaux projets ministériels ne rompent pas avec la veine passéiste et réactionnaire qui prévaut en matière de pédagogie et de
rapports éducatifs. Ils l’alimentent simplement des nouvelles ambitions d’une gestion entrepreneuriale de l’école : renforcer la
pression sur les personnels afin de réduire la dépense publique.

Nouveau projet d’évaluation : un management sur le modèle de l’entreprise capitaliste

Au nom de nouvelles « missions éducatives », qui ouvrent à
une prescription sans limites des tâches à accomplir, le
ministère veut moduler et individualiser les rémunérations et
avancements à partir d’indicateurs
de performances fumeux et
décontextualisés (« sait faire
progresser ») dont il sera bien
difficile de contester l’application
arbitraire.

Soumis à « une démarche d’autoévaluation » permanente, chacun
sera tenu d’intérioriser une
obligation de résultats avant d’être
sanctionné, selon une procédure de
management désormais standardisée,
par son supérieur hiérarchique direct
lors d’un entretien professionnel tous
les trois ans. Les effets néfastes de
ce mode de gestion des personnels
sont bien connus. Il conduit à une
augmentation des troubles psychosociaux (stress, dépression,
burn-out).

Ce projet n’est à vrai dire qu’une étape, attendue depuis au
moins le rapport Pochard de 2008, du vaste programme de
soumission de l’école au modèle de l’entreprise et aux
impératifs du marché. La déqualification du métier
d’enseignant au profit d’un « référentiel de compétences »
permet ainsi la constitution pour tout enseignant d’un
« portefeuille de compétences dématérialisé » (BOEN nº 13
du 31 mars 2011) indiquant son employabilité dans le cadre
d’une autonomie accrue des établissements et d’un
renforcement des pouvoirs du chef d’établissement en matière
de recrutement (programme
ÉCLAIR).

De même, l’obligation de
performance introduite par la
LOLF (Loi Organique relative aux
Lois de Finances) en 2001, et la
culture du résultat entretenue par
divers palmarès et indicateurs de
rendement (PISA) liées à la
suppression de la carte scolaire,
soumettent l’école à une logique
concurrentielle de marché et
développent un rapport
consumériste au savoir ainsi qu’une
frénésie pathologique d’évaluation.
En construisant une mobilisation
à la hauteur, il est possible de faire reculer le
gouvernement !

Pour SUD Éducation, il est évident qu’il faudra développer un
processus de mobilisation dès la rentrée de janvier. Une
journée ne suffira sans doute pas…Mais une grève et des
manifestations massives le 15/12 sont la condition pour
qu’il y ait des suites sérieuses.

Alors, tou-te-s en grève et en manif le 15,
tou-te-s en AG pour discuter des suites !

Tou-te-s en grève le 15 décembre, manifestation à 14h, Denfert-Rochereau

Nouvelles attaques sur nos salaires

Chatel avouait dans un entretien accordé récemment aux
Échos que les réformes d’organisation et de structures du
système éducatif ont pour seul objectif de « continuer à
baisser la part des dépenses publiques ». Après les 80 000
postes d’enseignants supprimés en cinq ans et une explosion
de 25 % des emplois précaires sur la même
période, c’est donc la grille d’avancement des
personnels qui est désormais attaquée.

L’instauration d’un rythme d’avancement
unique à l’ancienneté permet un
ralentissement généralisé de la progression
des carrières. Les plus méritants ne seront plus
gratifiés d’une accélération, mais d’une
« réduction d’ancienneté » limitée. La
revalorisation du début de carrière, déjà
accordée en contrepartie de la suppression de
la formation, sera donc largement compensée,
alors que l’OCDE vient de confirmer
l’importante baisse du pouvoir d’achat des
enseignants depuis 20 ans.

SUD Éducation revendique "même travail, même salaire" avec une augmentation uniforme pour tous. "

Enfin, après la taxe sur les complémentaires santé, celle sur
l’alcool, le tabac et les boissons sucrées (mais c’est pour
vot’santé m’sieurs-dames), la hausse de la CSG, le
gouvernement annonce l’instauration d’un jour de carence
dans la Fonction Publique. Alors que les inégalités de revenus
et de patrimoines ne cessent de se creuser, ce sont donc de
nouveau les salarié-e-s qui sont mis–e-s à contribution pour
permettre au gouvernement de poursuivre sa politique
d’exonération de cotisations patronales. Plus de 30 milliards
par an de manque à gagner pour la
Sécurité sociale, sans contrepartie,
sans aucun impact sur
l’emploi…sans aucune obligation de
résultat !

Les baisses d’impôts entre 2000 et
2010 ont coûté 100 milliards d’euros
à l’État (rapport Carrez 2010) et la
fraude fiscale est estimée à 45
milliards d’euros par an. Pourtant le
pouvoir décide de prélever une
journée de salaire à chaque arrêt de
maladie à ceux qui peuvent encore se
permettre de se soigner, et de
contraindre ceux-celles qui sont trop
démuni-e-s d’aller travailler même s’ils-elles sont malades.
Ce sont les malades, les salarié-e-s les plus fragiles et qui
travaillent dans les conditions les plus difficiles qui sont ainsi
stigmatisé-e-s et honteusement pénalisé-e-s.

Arrêter le travail lorsqu’on est malade est un droit.

Exonérer d’impôts les plus riches, c’est un vol.

Soumission à la dettocratie

Ce ne sont pas les premières mesures de régression sociale
que SUD Éducation dénonce. Mais nous constatons que le
rythme de cette politique s’accélère sous le prétexte de la
contrainte imposée par la dette. Cette nouvelle chimère
obsessionnelle qu’est la réduction de la dette et ses attributs
(concurrence à outrance, séduction des marchés, agences de
notation, etc.) sont évoqués systématiquement afin de nous
faire avaler toutes les couleuvres possibles. Le raisonnement
est simple : pour continuer à obtenir une forte rentabilité du
capital, il ne suffit plus de s’attaquer au droit du travail et de
casser les protections sociales ou les services publics, il faut
encore imposer aux populations l’austérité. Le pire est que
ce mouvement ne semble avoir aucune limite.

Il va de soi, pour nous, que les prochaines élections
présidentielles n’apporteront aucune solution à la crise quelle
qu’en soit le résultat ; la solution ne peut venir d’une seule
personne, ni même d’une meilleure gestion gouvernementale
des finances, et encore moins lorsque les vainqueurs potentiels
n’affichent aucune intention de rompre avec ce système. Ils ne
s’arrêteront donc que là où nous les arrêterons.

La mobilisation est donc urgente et elle ne pourra se réduire à
une ou deux journées d’action. Le mouvement ne peut pas non
plus se limiter à l’Education Nationale, la Fonction Publique
ou même la France. En Grèce, en Espagne ou dans d’autres
pays européens comme la Grande Bretagne (2 millions de
manifestants le 28 novembre) les mouvements de révolte se
succèdent et nous laissent espérer la généralisation du refus de
cette dettocratie.

Nous invitons donc tou-te-s les salarié-e-s, et au-delà, à se
mobiliser avec nous au plus vite pour arrêter cette infernale
mécanique de l’injustice sociale.

Manif et grèves interprofessionnelles le 13 décembre
Contre les politiques d’austérité !

14h devant l’Assemblée Nationale

SUD Éducation 92

Documents joints

tract 13 et 15 décembre 2011 SUD92
tract 13 et 15 décembre 2011 SUD92

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