Hauts de Seine : Vers la convergence des luttes

SUD éducation 92
vendredi 21 mars 2014

Le grand plan de communication du ministre Peillon sur l’éducation prioritaire s’est conclu le 16 janvier par l’annonce de 14 mesures. Ces mesures (service à 16,4 heures en collège, un maître de plus par école, 9 journées de concertation et 3 journées de formation continue en primaire) ne toucheront qu’une infime minorité des établissements, ceux que Peillon nomme inlassablement dans son rapport les « établissements les plus difficiles » sans expliquer sur quels critères se fera leur désignation. Le reste n’est que management hiérarchique, mise en concurrence des établissements ; bref des recettes habituelles du ministère de l’Éducation nationale.

Ce manque de moyens n’est pas resté sans conséquence : sur les 31 établissements de l’éducation prioritaire des Hauts-de-Seine, 27 perdent des moyens pour la rentrée 2014. Cette perte se traduit concrètement par la baisse des Dotations Horaires Globales, c’est-à-dire le nombre total d’heures d’enseignement dont chaque établissement dispose. Les collègues de plusieurs établissements ont décidé de se mettre en grève, parfois reconductible. Le jeudi 23 janvier, de nombreux collèges et lycées avaient des taux de grévistes avoisinant les 90%. Ces grévistes se sont retrouvé-es le matin en Assemblées Générales (120 personnes à Colombes, 70 à Nanterre, entre autres), puis se sont rassemblé-es devant l’Inspection Académique, à 400, rejoint-es par des personnels du premier degré et par des parents d’élèves. Répondant à une délégation, le DASEN déclarait n’avoir aucun moyen pour satisfaire les revendications. C’est pourquoi les établissements s’adressent au ministère afin d’exiger plus de postes pour tout le département.

Malgré les annonces de priorité au premier degré, nous ne sommes pas dupes. Si la carte scolaire avait avantagé réellement le primaire, sa publication n’aurait pas été reportée après les élections municipales. Elle aurait servi d’argument de campagne. Cette manœuvre politicienne prouve qu’il n’y a pour Hollande et sa clique, de priorité ni pour l’éducation prioritaire, ni même pour le premier degré, et encore moins pour l’éducation dans son ensemble. Le gouvernement craint une mobilisation générale des personnels de l’éducation : mieux vaut affronter d’abord le second degré, puis ensuite le premier. Cette même stratégie de division est utilisée contre la mobilisation actuelle, en reprenant des moyens à certains établissements pour les redonner à d’autres.

Les camarades en grève dans le 92 ont été lucides face à cette tentative de division, exigeant rapidement d’être reçu-es collectivement en délégation de représentant-es de ville, afin d’éviter le cas par cas. Des demandes de moyens pour l’ensemble du département ont ainsi été formulées, certains établissements reconduisant la grève, alors même qu’ils récupéraient des heures d’enseignement, quand d’autres étaient lésés : bel exemple de solidarité !
La construction de ces mobilisations est exemplaire : partie d’un collège dans le 92, la grève s’est propagée aux établissements voisins, avant de s’étendre à l’ensemble du département. La grève reconductible et les assemblées générales ont servi la construction de la mobilisation. Parallèlement, d’autres mobilisations naissaient dans l’académie de Créteil ou dans le Val d’Oise. Créteil, n’ayant pas baissé les bras dans la lutte contre la réforme des rythmes scolaires, appelait le jeudi 13 février à une grève commune entre premier et second degré, appel auquel s’associait le reste de la région parisienne.

Au moment où ces lignes sont écrites, une AG des grévistes d’Ile de France lance, aux écoles et établissements, un appel à la grève à partir du 4 mars. Une convergence inter catégorielle est à construire, les Auxiliaires de Vie Scolaire appelant à la grève le 20 mars pour la titularisation de tou-tes les précaires, une augmentation de leurs salaires et le droit à une formation adaptée.