Hiérarchie et éducation

lundi 7 janvier 2008
mis à jour vendredi 7 mars 2008

Alors que se met en place, au pas de charge, un régime personnalisé, autoritaire, méritocratique, méprisant pour le dialogue social et la dignité humaine, Sud éducation s’engage, plus que jamais, dans le combat contre la hiérarchie. Refus de l’injustice, de l’arbitraire, du secret, respect de l’individu, collégialité, démocratie restent ses principes.

La lutte contre la hiérarchie est cruciale pour l’instauration d’une éducation démocratique au service de la population et surtout des plus démunis. Le système hiérarchique sacralise les principes d’autorité et de subordination au service de la notion d’ordre. Curieusement le terme « hiérarchie » n’apparaît qu’en 1332 dans le vocabulaire français. Il puise son origine dans le latin médiéval, sur des racines grecque, alors que la Grèce antique l’avait ignoré. Démocratie et hiérarchie seraient-elles incompatibles ?

C’est le système féodal, avec ses rapports de subordination, qui l’impose dans le cadre du développement du pouvoir royal. C’est donc une réalité ancienne, étendue à l’ensemble de la société et, bien sûr, très développée dans notre système scolaire.Mais comment cette « merveilleuse » machine sociale s’organise-t-elle et se justifie-t-elle ?

Ordre, cajoleries et efficacité

Dans l’éducation, la hiérarchie est établie par des statuts pyramidaux : Ministre, Recteurs, Inspecteurs d’Académie, Inspecteurs pédagogiques, Proviseurs, Principaux… D’autres pouvoirs sont consacrés par l’usage, directeurs d’école ou conseillers pédagogiques. Les TOS, les ATSEM, les aides-éducateurs et les salariés à statut précaire occupent, de fait, le bas de cette échelle.

Mais, s’il n’existe pas de hiérarchie sans volonté de s’imposer, elle ne fonctionne pas sans la soumission de ses assujettis. Cette adhésion du dominé passe souvent par « l’achat » de cette indignité. Ne voit-on pas souvent les individus « méritants », les courtisans zélés, voire les mouchards, comblés des récompenses les plus variées. Les meilleures conditions de travail, d’horaires, de carrière, les promotions discrétionnaires, les titularisations, les primes ne leur sont-elles pas attribuées en priorité ? Leur justification n’est-elle pas l’efficacité engendrée par le bon fonctionnement des services ?

« Sans hiérarchie, pas d’efficacité, pas de fonctionnement rationnel ». Interrogeons-nous. Où l’efficacité se rencontre-t-elle ? Qui sacralise ce système ? A qui profite-t-il ? Dans l’Education nationale, cette organisation n’est pas abstraite, elle est constitutive, à l’image de la France, Etat fortement centralisé. Les successeurs des monarques absolus continuent à exiger des fonctionnaires, du plus gradé jusqu’au moindre agent d’exécution, une totale subordination et une obéissance aveugle. Cette situation peut-elle perdurer à une époque où les Droits de l’Homme revendiquent l’émancipation de l’individu et le respect de sa dignité ?

En finir, enfin !

- La hiérarchie soumet et stérilise quand il faudrait libérer l’initiative.
- La hiérarchie isole le fonctionnaire quand l’équipe pédagogique est le niveau pertinent à la résolution des problèmes rencontrés dans la profession. Elle individualise les rapports humains, compliquant ainsi les échanges collectifs et le travail en équipe.
- La hiérarchie invite à la passivité quand il faudrait libérer les énergies pédagogiques, surtout dans les conditions actuelles d’exercice de notre métier.
- La hiérarchie nuit à la à la probité, à l’éthique et ruine la dignité en favorisant l’autoritarisme, voire le despotisme, le harcèlement et le clientélisme. Elle encourage les pathologies qui se nourrissent de ces comportements.
- La hiérarchie impose un mode de pensée et de relation déplorable : l’enseignant ne peut qu’être amené à les reproduire avec ses élèves.
- La hiérarchie, à tous points de vue, est incompatible avec les valeurs et les principes de fonctionnement que nous défendons, le respect de l’individu, la démocratie directe et participative et le développement de l’esprit critique pour participer au développement d’adultes libres de leurs choix.

La lutte anti-hiérarchique est une priorité dans l’action de Sud éducation.

Commission fédérale anti-hiérarchie


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