Jusqu’à quand, l’empalement de longue durée de l’école publique ?

Un tract de Sud Education Charente Maritime contre les remplacements de courte durée
jeudi 15 septembre 2005
mis à jour mardi 14 février 2006

Vu les lois de destruction de l’école publique n°89-486 du 10 juillet 1989 et n° 2005-380 du 23 avril 2005,
Vu la note de sabotage n°2005-130 du 30 août 2005 prétendant mettre en œuvre les « remplacements de courte durée des personnels enseignants dans les établissements d’enseignement du second degré »,
Vu la lettre en date du 30 août 2005 adressée par le ministre de l’éducation nationale aux personnels enseignants,
Vu la pétition s’opposant aux heures supplémentaires de la fédération des syndicats SUD Education adoptée lors du Conseil Fédéral d’octobre 2004,

le syndicat SUD Education Charente Maritime lance l’invitation suivante aux personnels d’enseignement de l’école encore publique :

art. 1  : le dispositif de remplacement de courte durée prend sa place dans la mise à l’œuvre de la destruction de l’école publique :
- il participe d’une démarche démagogique auprès de l’ « opinion » en semblant s’emparer du pseudo-problème de l’absentéisme des personnels enseignants dénoncé par l’ancien ministre Claude Allègre, qui s’appuyait sur des chiffres volontairement farfelus : d’après une étude de l’INSEE, le taux d’absence (en % moyen sur les années 1991-1998) était de 1,6 % chez les profs contre 3% pour l’ensemble des salariés,
- il prépare le recrutement de tous les personnels enseignants du second degré sur la base de la bivalence en donnant la possibilité aux chefs d’établissement de faire assurer le remplacement par un professeur d’une autre discipline que celui absent, qui plus est 24 heures avant le remplacement : il s’inscrit ainsi dans l’apparition de CAPES bivalents (sic) pour les volontaires de la session 2006 (arrêté du 26 juillet 2005, J.O. n°185 du 10 août),
- il transforme les cours disciplinaires en heures de garderie, et révèle ainsi combien le ministère de l’éducation nationale se contrefiche du travail assuré avant, pendant et après les cours par le personnel enseignant : peu importerait le contenu même du cours, pourvu que les statistiques de remplacement des professeurs absents dans l’établissement, qui seront prises en compte pour l’évaluer dans le cadre de la LOLF, permettent d’affirmer que les cours ont été assurés. Que les cours n’en soient pas ne dérange pas le ministère, au contraire,
- il prépare la remise en cause du temps de service des personnels enseignants du second degré en les flexibilisant et en annualisant une partie,
- il prépare pour les personnels enseignants la course à l’échalote des heures supplémentaires ou des petits avantages acquis par flagornerie auprès des personnels de direction ; ces derniers s’engageront par là un peu plus dans le « pilotage managérial » des établissements qui est attendu d’eux,
- il poursuit la suppression du corps des professeurs titulaires-remplaçants, qui permet d’assurer le remplacement d’un personnel absent auprès de toutes les classes qu’il a en responsabilité, et dans la même discipline.

art. 2 : comme tel, ce dispositif peut être combattu avec simplicité et détermination :
- le volontariat pour ces remplacements doit être refusé : les personnels d’enseignement peuvent se réunir par équipes pédagogiques et décider une motion transmise au chef d’établissement par laquelle ils refusent de se remplacer mutuellement ou d’occuper en enseignement les heures libérées par l’absence d’un collègue d’une autre discipline,
- le protocole de ce dispositif, qui doit être établi par le chef d’établissement en début d’année scolaire 2005-06, et qui sera présenté au premier conseil d’administration, doit être rejeté,
- les personnels d’enseignement peuvent s’inspirer du modèle de la motion proposée au verso de cette invitation pour qu’elle soit annexée au compte-rendu du premier conseil d’administration.

art. 3 : les personnels d’enseignement peuvent faire appel aux représentants des syndicats dans leur établissement pour décider rapidement de la réunion d’une Heure Mensuelle d’Information (heure de droit où les personnels sont dégagés pour une heure de leurs cours pour participer à cette réunion) qui permettra de coordonner leurs efforts pour refuser le dispositif de remplacement de courte durée.

L’invitation présente pourra être exécutée au nom de la défense de l’école publique et des statuts des personnels enseignants.

Fait à Rochefort-sur-Mer, le 6 septembre 2005,
par l’Assemblée Générale du syndicat SUD Education Charente Maritime.


Refus des remplacements de courte durée
des personnels enseignants du collège/lycée ... de ...

Les personnels enseignants du collège/lycée ... de ..., réunis le ..., ont décidé de refuser le dispositif des remplacements de courte durée prévu par la note de service n°2005-130 du 30 août 2005.

Ce dispositif ne vise qu’à poursuivre la destruction de l’école publique et des conditions de travail des personnels enseignants, en ne prenant absolument pas en compte ce que représente la préparation d’un cours dans une discipline.

Par conséquent les personnels enseignants du collège/lycée ... de ... annoncent par cette motion qui sera annexée au compte-rendu du conseil d’administration du ... qu’ils ne seront pas volontaires pour assurer ces remplacement de courte durée : ils refusent de se remplacer mutuellement et/ou d’occuper en enseignement les heures libérées par l’absence d’un collègue d’une autre discipline.

Ils invitent les différents représentants en conseil d’administration à refuser la mise en place du protocole de ces remplacements de courte durée, protocole décidé par le chef d’établissement, et leur demandent de soutenir le maintien et le raffermissement du corps des professeurs titulaires-remplaçants.

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Arrêté du 26 juillet 2005 sur les CAPES bivalents

La lettre de rentrée 2005 envoyée dans l’académie de Poitiers par les IPR
aux professeurs de langues spécifie bien qu’en langues, ainsi que ça se
pratique depuis la rentrée, "il s’agit de regrouper les élèves non plus en
fonction du moment du début d’apprentissage de la langue, mais par groupes
de niveau constitués en fonction des compétences d’expression et de
compréhension orales et écrites, d’encourager le passage progressif d’un
niveau de classe à un niveau de compétence."

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Lettre de rentrée des IPR de langues de l’académie de Poitiers

Donc fin des programmes nationaux.

Les formations qui conviennent sont d’ores et déjà proposées aux
professeurs.

Documents joints

Lettre de rentrée des IPR de langues de (...)
Lettre de rentrée des IPR de langues de (...)